À l'ONU, le président iranien Pezeshkian refuse toute concession sur le nucléaire
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que Téhéran ne céderait « ni aux pressions militaires ni aux sanctions » sur son programme nucléaire. Son discours intervient alors qu'Israël et les États-Unis évaluent une reprise de la guerre engagée en février contre la République islamique, après l'échec d'un cessez-le-feu de soixante jours.

Massoud Pezeshkian a martelé mercredi devant l'Assemblée générale de l'ONU que l'Iran « ne baissera jamais la tête ni ne pliera le genou ». Le président iranien s'exprimait un jour après que Donald Trump a évoqué, à la tribune des Nations unies, une hésitation entre la voie diplomatique et l'anéantissement de la République islamique. Le contexte est celui d'une guerre lancée en février par Israël et les États-Unis, suspendue par un cessez-le-feu de soixante jours en avril, rompu en juillet sans reprise des combats de grande ampleur ni accord diplomatique.
Un discours de défi sur le nucléaire
Pezeshkian a répété qu'il n'acceptait « pas le langage de la force » et a jugé que Washington se méprenait sur son pays. Selon un responsable iranien cité par Reuters, Téhéran ne fera « aucune concession » sur ses droits, y compris celui d'enrichir de l'uranium, même si les États-Unis acceptaient sa proposition de rouvrir le détroit d'Ormuz. L'Agence internationale de l'énergie atomique évaluait à 440,9 kilogrammes le stock d'uranium enrichi à 60 % détenu par l'Iran avant les frappes israélo-américaines de juin 2025 sur ses sites nucléaires ; la part ayant survécu reste incertaine. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a présenté une proposition prévoyant la fin des hostilités sous sept jours, la levée du blocus naval américain, le déblocage des fonds iraniens gelés et l'abandon des sanctions pétrolières, en échange d'une réouverture du détroit.
Accusations mutuelles et sortie de la délégation américaine
Le secrétaire d'État Marco Rubio a répondu quasiment au même moment que « l'Iran ne pourra jamais avoir l'arme nucléaire », un message martelé, dit-il, « à chaque interaction ». Il a averti que Téhéran fait face à un choix : lever ses soutiens aux relais régionaux et renoncer à l'arme nucléaire, ou subir sanctions et « options militaires ». Le seul délégué américain présent a quitté la salle dès le début du discours de Pezeshkian, qui accusait les États-Unis de bombarder des civils, citant notamment une frappe américaine sur une école de Minab et un complexe sportif à Lamerd. Pezeshkian a par ailleurs invoqué l'élimination du chef du bureau politique du Hamas Ismaïl Haniyeh à Téhéran en 2024 comme preuve qu'Israël « vise n'importe quel quartier, dans n'importe quelle ville ». Israël n'a jamais confirmé ni infirmé la possession de l'arme atomique, un point que Pezeshkian a qualifié de « double standard » vis-à-vis de son propre programme, qu'il présente comme strictement civil.
Vers une reprise des négociations ou du conflit
En marge de l'Assemblée générale, des discussions de deux heures se sont tenues mardi entre responsables américains et iraniens, sous médiation qatarie, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baqael. Pezeshkian a confié à des journalistes espérer un accord avec Washington avant les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, attendu à New York jeudi pour s'exprimer devant l'Assemblée générale, doit pour sa part évoquer la guerre contre l'Iran et ce qu'Israël qualifie de poursuite iranienne de l'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz, partiellement rouvert depuis février, reste selon Téhéran fermé à toute nation jugée agressive tant que l'ensemble de ses conditions ne sont pas satisfaites.
Questions fréquentes
- Que réclame l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz ?
- Téhéran exige la levée du blocus naval américain, l'arrêt des hostilités, le déblocage de ses fonds gelés et l'abandon des sanctions pétrolières américaines.
- Pourquoi la délégation américaine a-t-elle quitté la salle ?
- Le délégué américain présent est sorti dès le début du discours de Pezeshkian, qui accusait les États-Unis d'avoir bombardé des civils iraniens.
- Quelle est la position d'Israël sur le programme nucléaire iranien ?
- Israël, qui n'est pas partie aux discussions, réclame l'élimination complète des capacités nucléaires iraniennes, déjà affaiblies par les frappes israélo-américaines de juin 2025.
Sources : JTA, The Jerusalem Post, JNS




