Troisième anniversaire du 7 octobre : Israël se recueille, la classe politique s'affronte sur les leçons à tirer
Trois ans après le massacre du 7 octobre 2023, Israël a vécu quatre jours de cérémonies nationales, de Simhat Torah au jour commémoratif officiel. À vingt jours des élections législatives, le bilan sécuritaire et l'absence de commission d'enquête d'État dominent désormais le débat politique.

Le pays vient de traverser quatre journées de recueillement, débutées à la date hébraïque de l'attaque, Simhat Torah, poursuivies le 24 Tichri, jour commémoratif officiel de l'État, et achevées le 7 octobre par une cérémonie citoyenne rassemblant une foule nombreuse à Ganei Yehoshua, à Tel-Aviv. Radios et télévisions ont diffusé pendant plusieurs jours des récits de survivants et des chants de deuil habituellement réservés au jour du Souvenir. Pour la première fois depuis trois ans, les familles des victimes et des otages ont pu regarder en arrière : tous les otages vivants sont rentrés, et si Tsahal reste déployée dans la majeure partie de la bande de Gaza, la phase de haute intensité de la guerre appartient, pour l'instant, au passé.
Une commission d'enquête d'État toujours réclamée
Cette accalmie relative ouvre, selon l'éditorialiste Yaakov Katz, une fenêtre pour un véritable bilan national, comparable à celui qui avait suivi la guerre du Kippour en 1973. Il rappelle que cette guerre avait débouché sur une commission d'enquête d'État, des démissions et une refonte du renseignement israélien. Trois ans après le 7 octobre, aucune commission de ce type n'a été instituée. Seules des enquêtes internes de l'armée, centrées sur des défaillances tactiques, ont été menées, sans examen global du gouvernement, du cabinet de sécurité ou du Conseil de sécurité nationale. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou continue de s'opposer à sa création, ce qui alimente des interrogations persistantes sur ce qu'il savait avant l'attaque et sur la gestion de la crise.
Le 7 octobre, enjeu central de la campagne électorale
Netanyahou a choisi de mener son mandat jusqu'à son terme légal, fixant les élections au 27 octobre, vingt jours seulement après les commémorations. Les sondages publiés entre le 1er et le 7 octobre, agrégés par neuf instituts, donnent au bloc Netanyahou (Likoud, Shas, Judaïsme unifié de la Torah, Parti sioniste religieux-Zehout, Otzma Yehoudit et le parti d'Ofer Winter) une moyenne de 55,5 sièges, contre 50 pour le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Avigdor Liberman et Yaïr Golan. En excluant les sondages de la Chaîne 14 et d'i24, considérés comme atypiques, l'écart se resserre à une quasi-égalité : 52,17 sièges contre 51,83. Aucun des deux blocs n'atteint la majorité de 61 sièges nécessaire pour gouverner. Les chiffres montrent surtout que l'avance de l'opposition, encore nette au printemps, s'est largement effritée sans que le bloc Netanyahou n'ait véritablement progressé.
L'incident du vol FlyDubai, le 30 septembre, où un copilote radicalisé a tenté de précipiter l'appareil sur l'aéroport Ben Gourion avant d'être maîtrisé par des passagers israéliens, est venu nourrir les deux camps. L'opposition y voit la preuve que les failles sécuritaires persistent malgré les succès militaires revendiqués depuis le 7 octobre. Netanyahou met en avant, à l'inverse, l'aide apportée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour ramener les passagers en sécurité, qu'il présente comme la démonstration concrète du « nouveau Moyen-Orient » issu des accords d'Abraham.
Une mobilisation internationale hostile en toile de fond
Au même moment, des centaines d'événements anti-israéliens ont été recensés dans le monde à l'approche de l'anniversaire, certains accompagnés de slogans faisant l'apologie des auteurs du massacre. Des autorités allemandes et britanniques ont par ailleurs annoncé des inculpations de suspects liés au Hamas, preuve selon les observateurs que la menace visant des cibles juives reste élevée trois ans après l'attaque. Ce climat renforce, côté israélien, l'argument selon lequel la vigilance sécuritaire ne peut être relâchée, quel que soit le vainqueur du scrutin du 27 octobre.
Questions fréquentes
- Quand auront lieu les élections législatives en Israël ?
- Le 27 octobre 2026, au terme du mandat du gouvernement de Benyamin Netanyahou.
- Pourquoi n'existe-t-il pas de commission d'enquête d'État sur le 7 octobre ?
- Le gouvernement Netanyahou s'y oppose depuis trois ans, malgré les demandes de l'opposition et de commentateurs qui réclament un examen complet des décisions politiques et du renseignement.
- Quel rapport entre l'incident FlyDubai et le débat sur le 7 octobre ?
- La tentative de détournement du 30 septembre a relancé le débat sur les failles sécuritaires persistantes, tandis que Netanyahou y voit la preuve de l'utilité des accords d'Abraham.
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