Netanyahou compare les failles du 7 octobre à celles du 11-Septembre
Benjamin Netanyahou a défendu mercredi sa gestion des alertes précédant le massacre du 7 octobre, comparant les défaillances du renseignement israélien à celles qui ont précédé Pearl Harbor et les attentats du 11 septembre 2001. Le Premier ministre a aussi répondu à la plainte en diffamation de l'ancien chef du Shin Bet Ronen Bar et averti l'Iran à l'approche des élections du 27 octobre.

Dans un entretien accordé à la radio de l'armée (Galei Tsahal), Benjamin Netanyahou a rejeté l'idée qu'une défaillance du renseignement doive automatiquement entraîner le départ d'un chef de gouvernement. Il a rappelé que « personne n'a dit à George W. Bush de rentrer chez lui après le 11-Septembre », établissant un parallèle avec les attentats de 2001 et avec l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, deux catastrophes qui n'ont pas provoqué la chute immédiate des dirigeants américains de l'époque.
Le Premier ministre a maintenu que, s'il avait été réveillé et informé dans la nuit du 6 au 7 octobre d'une activité inhabituelle du Hamas, il aurait ordonné des préparatifs militaires et annulé le festival Nova. Interrogé directement sur sa capacité à reconnaître les signaux d'alerte avant l'attaque, il a répondu sans détour : « La réponse est non. » Il a insisté sur le fait que l'ensemble de l'appareil sécuritaire évaluait alors le Hamas comme dissuadé, sans anticiper d'offensive majeure imminente depuis Gaza.
Une commission d'enquête calquée sur le modèle américain
Netanyahou a défendu sa proposition de créer une commission d'enquête nationale à représentation paritaire entre coalition et opposition, plutôt qu'une commission d'État nommée selon le cadre judiciaire existant. Selon lui, une commission désignée par le gouvernement manquerait de crédibilité auprès des électeurs de l'opposition, tandis qu'une commission d'État serait rejetée par une partie de ses propres soutiens. Il a suggéré de s'inspirer de la commission bipartisane américaine créée après le 11-Septembre.
Dans ce même entretien, cité par JForum, le Premier ministre a résumé sa lecture de la transformation du pays depuis l'attaque : « avant le 7 octobre, nous avions une armée avec un État, maintenant nous avons un État avec une armée ». Il a par ailleurs exprimé des réserves sur l'idée d'un gouvernement d'union, craignant qu'il ne se transforme en « gouvernement de paralysie » incapable de décisions rapides en temps de crise.
Interrogé sur la plainte en diffamation déposée par Ronen Bar, ancien chef du Shin Bet, qui l'accuse d'avoir été injoignable le matin du 7 octobre, Netanyahou a répondu que Bar disposait de son numéro personnel, y compris sa ligne d'urgence, et que les services de sécurité pouvaient le joindre à tout moment. Il a estimé que l'absence d'appel de Bar ce matin-là avait pu coûter des vies. Il a enfin affirmé ignorer avec qui le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel s'était entretenu dans les jours précédant l'attaque, refusant de spéculer sur d'éventuelles informations manquées.
Avertissement à l'Iran et campagne électorale
À l'approche de l'élection du 27 octobre et des élections de mi-mandat américaines, Netanyahou a averti Téhéran qu'une tentative d'attaque contre Israël « se heurterait à une réponse qu'il ne peut même pas imaginer ». Il a affirmé qu'Israël avait atteint environ 60 % de ses objectifs sécuritaires face à l'axe iranien et répété qu'il n'autoriserait jamais l'Iran à se doter de l'arme nucléaire tant qu'il serait Premier ministre.
Le chef du gouvernement a par ailleurs qualifié l'élection d'« extrêmement serrée », disant craindre une égalité des forces, et a appelé les électeurs de droite à ne pas disperser leurs voix vers de petits partis risquant de ne pas franchir le seuil électoral. Il a réaffirmé sa priorité à une coalition de droite avec ses partenaires actuels, sans exclure totalement une coopération avec des formations de l'opposition, à condition qu'elles acceptent son refus d'un État palestinien et ses orientations sécuritaires. Il a également défendu la poursuite du développement des implantations en Judée et Samarie, évoquant la création ou la légalisation de 104 localités et plus d'une centaine de fermes sous son gouvernement.
La commission d'enquête sur le 7 octobre et l'issue du scrutin du 27 octobre détermineront la suite du débat politique sur les responsabilités de l'attaque.
Questions fréquentes
- Pourquoi Netanyahou compare-t-il le 7 octobre au 11-Septembre ?
- Il veut montrer que des défaillances majeures du renseignement, comme celles précédant les attentats du 11 septembre 2001 ou Pearl Harbor, n'ont pas automatiquement entraîné la démission des dirigeants en poste.
- Quelle commission d'enquête Netanyahou propose-t-il ?
- Une commission nationale à représentation égale entre coalition et opposition, inspirée du modèle bipartisan créé aux États-Unis après le 11-Septembre, plutôt qu'une commission d'État nommée par le système judiciaire.
- Que reproche Ronen Bar à Netanyahou ?
- L'ancien chef du Shin Bet, qui a déposé une plainte en diffamation, accuse le Premier ministre d'avoir été injoignable le matin du 7 octobre ; Netanyahou affirme que Bar disposait de son numéro personnel et de sa ligne d'urgence.
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