Avant les législatives du 27 octobre, Netanyahou rattrapé par les accusations sur le 7-Octobre
À deux semaines des élections législatives du 27 octobre, Benjamin Netanyahou doit répondre à une série d'accusations venues de son propre entourage passé sur sa gestion du 7 octobre 2023. D'anciens collaborateurs l'accusent d'avoir ignoré des avertissements et tenté de réécrire l'histoire de cette journée. Le premier ministre dément fermement et dénonce une opération politique.

La campagne électorale israélienne est dominée par une confrontation inédite entre Benjamin Netanyahou et plusieurs de ses anciens proches collaborateurs, au sujet de ce qu'il savait avant le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts et 251 otages.
L'élément déclencheur est une interview télévisée du général de réserve Avi Gil, ancien secrétaire militaire de Netanyahou, resté silencieux pendant trois ans dans l'attente d'une commission d'enquête d'État. Faute d'une telle commission, il a choisi de témoigner publiquement. Selon lui, le bureau du premier ministre aurait tenté de falsifier un document officiel établi le matin de l'attaque. Il affirme également que Netanyahou a rejeté des recommandations d'opérations militaires préventives contre le Hamas, et que des considérations politiques ont influencé les négociations sur la libération des otages.
Un document contesté par d'anciens proches
Ce témoignage s'oppose directement à un document de 55 pages publié par Netanyahou en février, remis au contrôleur de l'État, présentant sa version des événements précédant le 7 octobre. Gil, qui a assisté aux réunions concernées et consigné ses observations dans seize carnets, qualifie ce document de "profondément incomplet et trompeur". Une enquête distincte publiée par Yedioth Ahronoth, comparant le récit de Netanyahou aux archives des délibérations sécuritaires, évoque elle aussi des omissions et des distorsions.
L'épisode le plus controversé concerne une conversation téléphonique du 7 octobre, dont l'heure officielle aurait été modifiée, selon Gil, de 6h40 à 6h29, par le chef de cabinet de l'époque, Tzachi Braverman, afin de laisser penser que Netanyahou donnait des instructions dès les premières minutes de l'attaque. Gil affirme avoir alerté le procureur général après qu'une sténographe lui a indiqué avoir reçu l'instruction de modifier le compte rendu.
D'autres anciens collaborateurs rompent le silence
Nitzan Alon, général de réserve qui a dirigé les négociations pour la libération des otages, a déclaré qu'il "aurait été possible de mettre fin à la guerre un an plus tôt" et de sauver des otages morts en captivité. Ronen Bar, ex-chef du Shin Bet régulièrement accusé par Netanyahou d'être responsable des manquements du 7 octobre, a annoncé fin septembre son intention de le poursuivre en diffamation, affirmant l'avoir pourtant averti d'un désastre sécuritaire imminent.
Yoav Horowitz, ancien chef de cabinet et directeur général du bureau du premier ministre, aujourd'hui conseiller du chef de l'opposition Gadi Eisenkot, a pour sa part estimé que les décisions de Netanyahou étaient guidées par sa survie politique plutôt que par l'intérêt national.
Netanyahou rejette l'ensemble de ces accusations. Le Likoud les qualifie de "propagande politiquement motivée" et maintient que ce sont les services de sécurité qui n'ont pas su identifier le danger. Le premier ministre dément également avoir reçu des avertissements de responsables égyptiens et émiratis évoqués par la presse, et menace d'engager des poursuites sur ce dossier.
Une campagne sous tension, une enquête toujours réclamée
Selon une enquête de l'Institut israélien de la démocratie de septembre 2025, 74 % des Israéliens, dont 68 % des sondés de droite, soutenaient la création d'une commission d'enquête d'État. Un sondage de février 2026 situait ce chiffre à 92 %. Cette commission n'a toujours pas vu le jour.
En parallèle, Netanyahou a diffusé une vidéo de campagne le montrant en séance de musculation pour son 77e anniversaire, après des spéculations sur son état de santé. Il y appelle ses électeurs à la mobilisation, évoquant le risque d'un gouvernement mené par Gadi Eisenkot et Yair Golan. Les Israéliens se rendront aux urnes le 27 octobre, sans qu'une version commune des événements du 7 octobre n'ait pu être établie.
Questions fréquentes
- Quand ont lieu les élections législatives en Israël ?
- Le scrutin est prévu le 27 octobre, dans un climat marqué par les révélations sur le 7-Octobre.
- Pourquoi n'y a-t-il pas de commission d'enquête d'État ?
- Netanyahou s'oppose à sa création, ce qui pousse d'anciens responsables à témoigner publiquement faute de cadre officiel.
- Que répond Netanyahou aux accusations d'Avi Gil ?
- Il les rejette entièrement, son parti Likoud les qualifiant de propagande politique à l'approche du vote.
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