Qatargate : le Qatar dément tout financement du Hamas et accuse Israël
Le Qatar a rejeté avec force les accusations d'une enquête du New Yorker selon lesquelles Doha aurait transféré des fonds au Hamas. L'émirat affirme que toute l'aide destinée à Gaza transitait par Israël, sous le contrôle du Mossad et du Shin Bet. En parallèle, une enquête israélienne relance la question de ce que savait Benjamin Netanyahou sur d'éventuels détournements avant le 7 octobre.

Le bureau international des médias du Qatar a publié un communiqué cinglant après la publication, le 19 septembre, d'une enquête du New Yorker consacrée au « Qatargate », l'affaire visant des conseillers proches de Benjamin Netanyahou soupçonnés d'avoir travaillé à améliorer l'image du Qatar depuis l'entourage du Premier ministre. Un passage de l'article affirme, documents à l'appui, que des subventions qataries auraient constitué une source majeure de financement pour la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, notamment pour équiper son réseau de tunnels.
Les accusations de l'enquête du New Yorker
Selon le New Yorker, le renseignement militaire israélien et le Shin Bet auraient averti Netanyahou dès 2019 qu'une partie des fonds qataris parvenait à la branche militaire du Hamas. Des évaluations ultérieures du renseignement estimeraient que cet argent aurait représenté entre 40 % et 50 % du budget de cette branche armée. L'enquête évoque également un canal parallèle et occulte découvert plus tard par Israël, ainsi qu'une mise en garde distincte formulée par l'Égypte. Un responsable du renseignement israélien, cité par Yedioth Ahronoth et Ynet, affirme que des preuves de transferts vers le Hamas avaient été « documentées et transmises » au Premier ministre, sans qu'il n'y mette fin.
La défense de Doha, l'aide transitait par Israël
Le Qatar rejette catégoriquement cette partie de l'enquête, sans remettre en cause le reste de l'article sur l'influence de son lobby. Doha affirme que l'ensemble de son aide à Gaza, argent, nourriture, médicaments et carburant, transitait par Israël avant d'entrer dans l'enclave, sous des gouvernements successifs dirigés par Netanyahou, Naftali Bennett et Yaïr Lapid, avec l'implication directe du Mossad et du Shin Bet. « Si des fonds ont atteint le Hamas, cela n'a rien à voir avec le Qatar », affirme le communiqué, qui qualifie les documents du New Yorker de falsifiés et évoque une campagne de désinformation à laquelle auraient participé, selon Doha, des éléments de la droite israélienne. L'émirat, qui accueille une base militaire américaine et sert de médiateur régional, dit envisager une action en justice.
La réponse du bureau de Netanyahou
Le bureau du Premier ministre a rejeté l'enquête, la qualifiant de recyclage d'accusations déjà démenties et l'attribuant à ses adversaires politiques à l'approche d'échéances électorales. Selon lui, l'appareil sécuritaire avait lui-même validé l'aide qatarie, jugée destinée à des besoins civils et humanitaires et propre à préserver le calme à Gaza. Le bureau rappelle également que Netanyahou avait ordonné l'arrêt du mécanisme de versements en espèces pendant l'opération Gardien des murs en mai 2021, mécanisme rétabli ensuite par le gouvernement Bennett-Lapid. La nature de l'aide a d'ailleurs évolué avec le temps, passant de versements en liquide à des achats de carburant et à une assistance aux familles nécessiteuses gérée par des organisations internationales.
L'affaire du « Qatargate » reste sous investigation en Israël, tandis que le Qatar maintient son rejet des accusations et évalue une riposte judiciaire.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le « Qatargate » ?
- C'est le nom donné en Israël à l'affaire visant des conseillers proches de Benjamin Netanyahou, soupçonnés d'avoir travaillé à améliorer l'image du Qatar depuis l'entourage du Premier ministre.
- Que reproche le New Yorker au Qatar ?
- L'enquête affirme, documents à l'appui, que des fonds qataris destinés à Gaza auraient en partie servi à financer la branche armée du Hamas, une accusation que Doha qualifie de fabriquée.
- Netanyahou savait-il pour un possible détournement des fonds ?
- Selon l'enquête, le renseignement l'aurait averti dès 2019, mais son bureau dément et parle d'accusations recyclées à des fins politiques.
Sources : Ynet News, JForum, Infos Israël News



