Gadi Eisenkot promet la fin du pouvoir du Hamas à Gaza en 18 mois s'il devient Premier ministre
Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, s'est engagé à mettre fin au pouvoir du Hamas sur la bande de Gaza dans les 18 mois suivant son entrée en fonction au poste de Premier ministre. L'ancien chef d'état-major a tenu cette promesse depuis la frontière de Gaza, à trois semaines du scrutin, en visant directement Benjamin Netanyahou.

Face caméra, près de la frontière de Gaza, Gadi Eisenkot a fixé un cap chiffré : la destruction de la branche militaire du Hamas et la fin de sa souveraineté sur la bande de Gaza, 18 mois après son arrivée au pouvoir. Selon lui, cet objectif pourra être atteint « soit par une action fondée sur le plan du président Trump, accepté par le gouvernement de Netanyahou, soit par le recours à des capacités militaires et opérationnelles ».
Le chef de Yashar a visé directement le Premier ministre sortant, l'accusant de céder systématiquement : aux réfractaires au service militaire, à ses partenaires de coalition, et finalement au Hamas lui-même. Il a rappelé que trois ans après le massacre du 7 octobre, l'organisation terroriste reste, selon les services de renseignement, maîtresse de la bande de Gaza, armée et en pleine reconstitution de ses capacités.
Un bilan personnel marqué par le deuil
Eisenkot a évoqué son fils Gal, tombé en décembre 2023 près de Jabaliya, ainsi que ses deux neveux Yogev et Maor, morts pendant la guerre. Il a situé son allocution à quelques pas de Sdérot et d'Ofakim, d'où 251 civils et soldats avaient été enlevés le 7 octobre. Pour lui, l'objectif de la guerre devait rester la destruction des capacités du Hamas et du Jihad islamique, le retour des otages n'ayant été intégré aux objectifs officiels que neuf jours après le début du conflit, à sa demande.
L'ancien chef d'état-major a également promis, une fois au pouvoir, l'ouverture d'une commission d'enquête d'État sur les circonstances du 7 octobre. Il a rappelé avoir, en tant que chef de Tsahal, alerté sur les intentions offensives du Hamas et proposé un plan visant huit bataillons ennemis, affirmant qu'un projet de destruction des tunnels avait été abandonné avant l'opération Gardien des murs en 2021. Il a aussi mentionné une lettre d'avertissement envoyée à Netanyahou en août, suivie d'une autre du chef du Shin Bet Ronen Bar en septembre, restées selon lui sans réponse adaptée.
Le Likoud et l'opposition nationaliste répliquent
Le Likoud a immédiatement réagi, interrogeant la capacité d'Eisenkot à agir contre le Hamas « sans l'autorisation » des députés arabes Mansour Abbas et Ahmed Tibi, pressentis comme partenaires potentiels. Le parti d'Eisenkot a rétorqué que le Likoud « trompe les citoyens depuis 17 ans » et renforce le Hamas plutôt que de le combattre.
Le Jerusalem Post relève toutefois que cette attaque du Likoud occulte un précédent : le parti Raam de Mansour Abbas a participé à la coalition lors de plusieurs opérations contre le Hamas et le Jihad islamique, dont une frappe sur des tunnels quelques jours après la formation du gouvernement en 2021, et pendant l'opération Bouclier et Flèche en 2022.
Le parti Amekh Israël, dirigé par Ofer Winter, a de son côté contesté toute légitimité à Eisenkot pour donner des leçons de stratégie. Selon lui, l'état-major qu'il avait constitué, avec notamment Yaïr Golan, Aharon Haliva et Herzi Halevi, portait une part de responsabilité dans les approches ayant mené au 7 octobre.
Ce que dit le calendrier électoral
Cette sortie intervient à trois semaines des élections, dans une campagne où la gestion de la guerre et le sort du Hamas à Gaza restent les lignes de fracture principales entre le Likoud et l'opposition. Eisenkot a affirmé qu'un gouvernement sous sa direction agirait dans les 150 jours suivant sa formation pour élaborer une stratégie de sécurité nationale fondée sur les leçons du conflit. Le scrutin déterminera si cet engagement, calqué dans sa formulation sur une promesse similaire faite par Netanyahou en 2009, trouvera une traduction concrète au pouvoir.
Questions fréquentes
- Qui est Gadi Eisenkot ?
- Ancien chef d'état-major de Tsahal, il dirige aujourd'hui le parti Yashar et se présente comme une alternative à Benjamin Netanyahou.
- Quand Eisenkot a-t-il fait cette promesse ?
- Il s'est exprimé depuis la frontière de Gaza à trois semaines des élections, promettant la chute du pouvoir du Hamas dans les 18 mois suivant son éventuelle entrée en fonction.
- Comment le Likoud a-t-il réagi ?
- Le parti de Netanyahou a mis en doute la capacité d'Eisenkot à agir contre le Hamas en coalition avec des partis arabes, une insinuation que le Jerusalem Post relativise en rappelant des précédents de coopération.
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