New York : le documentaire « NAZA » sur Gaza provoque des manifestations à sa première américaine
Le documentaire israélien « NAZA », produit par The Guardian et primé à Venise, a connu sa première nord-américaine samedi au festival du film de New York. Les séances à guichets fermés se sont tenues sous haute tension, entre manifestants brandissant des images du 7 octobre et un petit groupe de soutien aux réalisateurs. En Israël, le film vaut à ses auteurs des menaces de déchéance de nationalité.

Malgré une violente tempête, les files d'attente se sont formées dès le matin devant le Lincoln Center pour les deux projections de « NAZA » programmées dans le cadre du New York Film Festival. Les places s'étaient vendues en quelques minutes. Le documentaire, produit par The Guardian, affirme que des soldats de Tsahal ont sciemment causé la mort de nombreux civils à Gaza, à partir de témoignages anonymes de militaires israéliens. Il a reçu le prix spécial du jury à la Mostra de Venise et sera diffusé gratuitement sur le site du Guardian cet automne.
Un documentaire qui met en cause Tsahal
Réalisé par les Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, déjà auteurs d'un précédent film sur les tensions en Judée et Samarie, « NAZA » — acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux » — a provoqué une réaction ferme de l'état-major israélien. Le chef d'état-major de Tsahal a qualifié le film de « déformation délibérée de la réalité ». La ministre israélienne de la Culture a menacé de priver les deux réalisateurs de leur citoyenneté, et Benjamin Netanyahou a soutenu une proposition de loi allant dans ce sens. Des manifestants se sont rassemblés à plusieurs reprises devant le domicile des parents de Rachel Szor pour réclamer leur expulsion ; certains intervenants, dont des militants et membres de l'équipe du parti du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir selon Haaretz, ont appelé à leur exécution.
Une manifestation organisée autour des survivants du 7 octobre
À New York, l'Israeli-American Council (IAC) a organisé un rassemblement devant le Lincoln Center, avec des camions équipés d'écrans LED diffusant des images du massacre du 7 octobre 2023, tirées du film « October 7: Bearing Witness to the Massacre », dont des séquences filmées par les caméras corporelles des terroristes du Hamas. Le slogan affiché résumait leur message : « Les films ont des monteurs. L'histoire n'en a pas. » Des survivants du festival Nova, Rom El-Hai et Shalev Biton, ainsi que le sauveteur bédouin israélien Yunis Alkarnawi, ont pris la parole. Selon la responsable de l'IAC Noa Peri-Jensch, l'organisation ne demande pas l'annulation des projections mais leur accompagnement par des témoignages de survivants et des éléments de contexte, estimant que « la compassion pour les civils palestiniens n'oblige pas à effacer le 7 octobre ». Rom El-Hai a pour sa part qualifié les réalisateurs de « traîtres » devant à « payer un prix ». En face, une douzaine de membres du collectif Israelis for Peace ont manifesté leur soutien à Abraham et Szor, l'une des organisatrices jugeant la réaction israélienne « disproportionnée » et dénonçant l'exposition publique d'images de victimes du 7 octobre.
Prochaines étapes
Après New York, « NAZA » doit être projeté dans les Hamptons, dans la baie de San Francisco puis à Los Angeles, autour du troisième anniversaire du 7 octobre. Sa diffusion gratuite sur le site du Guardian, annoncée pour cet automne, devrait démultiplier son audience. En Israël, l'examen de la proposition de loi visant à retirer leur citoyenneté aux réalisateurs, ainsi qu'une éventuelle action en justice de l'armée contre eux, restent en suspens.
Questions fréquentes
- Que reproche-t-on au documentaire « NAZA » ?
- Le film, produit par The Guardian, affirme que des soldats de Tsahal ont sciemment tué des civils à Gaza. Ses détracteurs jugent qu'il occulte le massacre du 7 octobre commis par le Hamas.
- Qui sont les réalisateurs de « NAZA » ?
- Il s'agit des Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, auteurs d'un précédent film sur les tensions en Judée et Samarie, aujourd'hui visés par une menace de déchéance de nationalité en Israël.
- Où le film sera-t-il projeté après New York ?
- Des projections sont prévues dans les Hamptons, la baie de San Francisco et Los Angeles, autour du troisième anniversaire du 7 octobre, avant une diffusion gratuite sur le site du Guardian cet automne.
Sources : JTA, Israel Hayom, IsraelValley




