Sept octobre : quatre commandants tirent les leçons pour que Tsahal ne soit plus jamais pris au dépourvu
Trois ans après les massacres du 7 octobre 2023, quatre officiers qui ont combattu ce jour-là commandent désormais des compagnies dans les écoles de Tsahal. Ils racontent comment ils transmettent aux jeunes recrues les enseignements tirés de cette journée, pour qu'une telle surprise ne se reproduise jamais.

Le 7 octobre 2023, quatre jeunes officiers occupaient encore des fonctions subalternes dans l'armée israélienne. Appelés en urgence depuis l'école des officiers, des trajets personnels ou une permission de Chabbat, ils se sont retrouvés projetés dans les combats autour de Gaza, à Beeri, Kissoufim, Nir Oz et au carrefour de Reïm. Trois ans et plusieurs campagnes plus tard, à Gaza, au Liban et dans les territoires de Judée et Samarie, ils encadrent aujourd'hui des compagnies à Givati, à Nahal, dans la filière des parachutistes et dans le cours de chefs d'escouade, où ils forment une génération de soldats qui n'a pas connu cette journée.
Ce que ces officiers ont vécu le jour des attaques
L'un d'eux, alors cadet à l'école des officiers, rejoint le sud dès le matin avec son père avant de basculer vers le combat, d'abord à Reïm puis à Nir Oz, où il retrouve son unité pour, selon ses mots, ne pas laisser ses soldats affronter seuls le danger. Un autre, intégré à une force engagée dans Beeri, décrit deux nuits entières passées à fouiller les habitations pour évacuer des familles et neutraliser des assaillants, avant d'être grièvement blessé par un tir ami une semaine plus tard, lors de l'entrée dans Gaza, puis de revenir au front après deux mois de convalescence. Un troisième se souvient d'être arrivé à Kissoufim en pleine fusillade, pendant qu'un camarade guidait par téléphone des proches de Beeri pour improviser un garrot et sauver un enfant blessé.
Les leçons que ces commandants veulent transmettre
Tous insistent sur un même constat : la mission de protection des civils n'a pas été remplie ce jour-là, et cet échec doit rester gravé dans la mémoire collective des unités. L'un des officiers, désormais instructeur de futurs chefs d'escouade, explique vouloir inculquer à ses élèves l'idée qu'une surprise équivalente pourrait survenir à tout moment, et que la vigilance quotidienne, les exercices, les munitions prêtes et l'alerte à l'aube ne sont pas de simples formules mais une discipline de chaque instant. Selon lui, la culture opérationnelle des unités constitue la leçon la plus déterminante tirée de cette période, davantage encore que les aspects purement tactiques.
La nouvelle génération de combattants face à cet héritage
Les jeunes recrues formées aujourd'hui par ces officiers étaient, pour la plupart, encore sur les bancs de l'école au moment des attaques. Elles n'ont pas vécu le choc initial, mais héritent d'une responsabilité que leurs instructeurs veulent leur faire pleinement mesurer, en les présentant comme la dernière ligne de défense de l'État. L'un des commandants décrit sa propre compagnie comme appartenant à une génération qui a combattu trois années durant sur plusieurs fronts et qui a démontré une capacité opérationnelle inédite pour une armée de conscription. Pour ces officiers, l'expérience accumulée dans la douleur doit désormais se traduire, sur les terrains d'entraînement, par une préparation plus rigoureuse des futurs combattants, afin qu'une telle surprise ne se reproduise pas.
Questions fréquentes
- Qui sont ces officiers interviewés ?
- Ce sont quatre capitaines qui combattaient le 7 octobre 2023 autour de Gaza et commandent aujourd'hui des compagnies dans des écoles de Tsahal, à Givati, Nahal, chez les parachutistes et dans le cours de chefs d'escouade.
- Quelle est la principale leçon qu'ils transmettent ?
- Ils insistent sur le fait que la mission de protection des civils n'a pas été remplie le 7 octobre et que la vigilance opérationnelle quotidienne doit devenir une discipline permanente pour éviter une nouvelle surprise.
- Les nouvelles recrues ont-elles connu le 7 octobre ?
- Non, la majorité des soldats actuellement formés étaient encore écoliers lors des attaques ; leurs instructeurs cherchent à leur transmettre la mémoire et les enseignements de cette journée.
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