Mike Huckabee : l'Iran « au plus faible » depuis 47 ans, le Hezbollah toujours financé par Téhéran
Dans un entretien accordé à The Media Line et publié par le Jerusalem Post, l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee dresse un état des lieux de la région : un Iran affaibli mais toujours dangereux, un Hezbollah en reconstruction, une FINUL jugée inutile et un possible rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite. L'ancien gouverneur de l'Arkansas, pasteur baptiste devenu diplomate, aborde aussi la violence contre des Palestiniens en Judée et Samarie et sa rupture avec Tucker Carlson.

Mike Huckabee ne ressemble à aucun diplomate classique. Pasteur baptiste, ancien gouverneur de l'Arkansas, ex-candidat à la présidentielle américaine, il occupe depuis plusieurs mois le poste d'ambassadeur des États-Unis en Israël. Dans un long entretien accordé à The Media Line et repris par le Jerusalem Post, il détaille la lecture américaine des dossiers iranien, libanais et saoudien.
L'Iran « au plus faible » depuis 47 ans
Selon Huckabee, l'Iran traverse « leur point le plus faible en quarante-sept ans et demi », affaibli militairement et économiquement, « grâce au président Trump, en coordination avec Israël ». Il n'exclut pas un changement de régime à terme, sans le garantir : « Est-ce que cela mènera à un changement de régime ? On ne peut qu'espérer. » L'ambassadeur juge par ailleurs qu'un nouveau soulèvement populaire iranien est possible, mais que la population reste largement désarmée face à son gouvernement.
Huckabee récuse l'idée selon laquelle la confrontation avec Téhéran ne concernerait qu'Israël : « La cible ultime a toujours été les États-Unis », affirme-t-il, en rappelant la détermination du président Trump à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire ou de contrôler le détroit d'Ormuz.
Liban : la fin annoncée de la FINUL, le Hezbollah toujours actif
Sur le dossier libanais, l'ambassadeur estime que l'armée libanaise pourra progressivement étendre son autorité au sud du pays, à mesure que la FINUL se retire, mais « pas du jour au lendemain ». Il ne cache pas son impatience à l'égard de la force onusienne : « La FINUL va cesser ses activités, c'est très en retard. » Il dit ne pouvoir citer « aucun exemple précis » où elle aurait rendu le Liban plus libre ou plus sûr.
Le Hezbollah, affaibli par Israël, cherche selon lui à se reconstruire et restera une menace tant que l'Iran continuera de le financer et de l'armer. Huckabee insiste sur un point qu'il juge acquis côté libanais : Israël « ne veut annexer aucun mètre de territoire libanais » et souhaite le retour à la normale de ses communautés du nord, exposées aux tirs de roquettes.
Arabie saoudite, Judée et Samarie : les dossiers en suspens
Interrogé sur le nouvel accord de défense collective liant l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, Huckabee adopte une position d'attente : « On verra. » Il n'a constaté aucune inquiétude à Washington face à cet accord entre pays souverains. Sur une éventuelle aide israélienne à Riyad en cas d'attaque, il reconnaît ne pas avoir de réponse : « Honnêtement, je ne sais pas. » Il espère néanmoins voir l'Arabie saoudite rejoindre les accords d'Abraham, citant les Émirats arabes unis comme « le modèle » à suivre en matière de tourisme et de coopération technologique.
Sur la Judée et Samarie, où vivent selon lui 500 000 Israéliens, Huckabee défend la population résidente tout en qualifiant de « terroristes » les auteurs d'attaques contre des Palestiniens. Il appelle à des sanctions plus lourdes contre les responsables d'incendies de mosquées, de vols de bétail ou d'intrusions dans des habitations : « Ils doivent être arrêtés. Ils doivent passer quelques nuits, quelques semaines, peut-être quelques mois en prison. » Il précise que ces auteurs ne représentent qu'« une infime fraction » de la population israélienne du territoire.
L'ambassadeur revient enfin sur son différend public avec Tucker Carlson, dont les accusations contre Israël lui paraissent « fondamentalement fausses », et rejette les accusations de génocide ou d'apartheid qu'il juge « totalement sans fondement ». À l'approche de l'anniversaire du 7 octobre, il attend la venue en Israël de plus d'un millier de pasteurs américains, dans un contexte qu'il décrit comme marqué par une antisémitisme croissant aux États-Unis.
Questions fréquentes
- Que dit Mike Huckabee sur l'état actuel de l'Iran ?
- Il affirme que l'Iran traverse son point le plus faible depuis 47 ans et demi, sur les plans militaire et économique, en raison de l'action conjointe des États-Unis et d'Israël.
- Quelle est la position de Huckabee sur la FINUL ?
- Il juge la force onusienne totalement inefficace et estime que son retrait, prévu, est très en retard, sans qu'il puisse citer un progrès concret attribuable à son action.
- Que reproche Huckabee aux auteurs de violences en Judée et Samarie ?
- Il les qualifie de terroristes et demande des peines de prison réelles pour les responsables d'incendies de mosquées, de vols de bétail ou d'intrusions dans des habitations palestiniennes.
Sources : The Jerusalem Post





