Iran, Gaza, Liban : la fenêtre de 28 mois avant la fin du mandat Trump

Réunis à Washington pour la conférence Middle East-America Dialogue (MEAD), des responsables israéliens, américains et régionaux estiment qu'Israël dispose d'une fenêtre de 28 mois, avant la fin du mandat de Donald Trump, pour ancrer durablement les changements engagés en Iran, à Gaza et au Liban. Selon eux, la pression exercée depuis le 7 octobre a ouvert des perspectives inédites qui doivent désormais être consolidées.

3 min de lecturePar la rédaction
Iran, Gaza, Liban : la fenêtre de 28 mois avant la fin du mandat Trump
Photo : Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

La conférence Middle East-America Dialogue (MEAD), qui a réuni la semaine dernière à Washington d'anciens et actuels hauts responsables israéliens, américains et de plusieurs pays du Moyen-Orient, a dégagé un constat commun rapporté par le Jerusalem Post : en Iran, à Gaza et au Liban, le refus du compromis parfait ne doit plus paralyser l'action. L'idéal - un régime iranien débarrassé de ses ambitions nucléaires, un Liban où l'État contrôle réellement le territoire, une Gaza sans Hamas - reste hors de portée immédiate. Mais les bouleversements survenus depuis le 7 octobre 2023 ont, selon les participants, ouvert des trajectoires concrètes vers ces objectifs, à condition de les mener à terme avant que l'administration Trump ne cède la place à une autre. Israël disposerait ainsi d'une fenêtre de 28 mois pour ancrer ces processus.

Iran, une pression inédite sur le régime

Le tableau militaire dressé lors de la conférence est sans appel : les principales installations nucléaires iraniennes, centrifugeuses et centres de recherche compris, ont été détruites ou gravement endommagées, et plusieurs scientifiques de haut niveau tués. Un participant a évalué que la capacité iranienne à produire de nouveaux missiles et drones est tombée à 10 % ou 20 % de son niveau antérieur. Le blocus économique vise désormais à empêcher toute reconstruction et à contraindre le régime à choisir entre financer son armée et faire fonctionner son économie.

Autre élément évoqué lors des débats : Israël aurait mené des opérations d'influence ayant contribué aux manifestations antirégime déclenchées en janvier dans le bazar de Téhéran. Selon un participant israélien, la population serait retournée manifester le lendemain d'une répression meurtrière, signe d'une contestation prête à prendre des risques. Une évaluation israélienne mentionnée lors de la rencontre estime toujours possible une chute du régime dans un délai d'un à trois ans, à condition que la pression ne faiblisse pas.

Gaza, la patience autour du plan Trump

Sur Gaza, les intervenants ont appelé à laisser du temps au plan en 20 points du président Trump et à son Conseil de la paix, plutôt que de les déclarer prématurément en échec. Le Hamas reste armé, la force internationale de stabilisation n'a pas encore vu le jour, et l'administration technocratique palestinienne censée gouverner l'enclave siège toujours au Caire, non à Gaza. Selon un participant, même avec 20 % à 30 % de chances de succès, Israël doit épuiser cette option avant d'envisager un nouvel engagement militaire au sol ; un autre a jugé que toute alternative - retour du Hamas, occupation prolongée, Autorité palestinienne non réformée, nouvelle offensive - serait « mille fois pire ». La vraie mesure du succès, selon les participants, sera la disparition de l'idéologie du Hamas des écoles et institutions de Gaza, un chantier générationnel associé à l'Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à l'Égypte.

Liban, une occasion pour la souveraineté de l'État

Au Liban, le Hezbollah reste armé et l'armée libanaise n'est pas encore en mesure de contrôler seule les zones évacuées par Israël. Mais les participants soulignent un contexte inédit : l'organisation chiite et son parrain iranien sont affaiblis, et une nouvelle direction politique libanaise pourrait saisir une occasion de réaffirmer l'autorité de l'État, résumée par la formule « une armée, un drapeau, un hymne ». Le processus, encore embryonnaire, repose sur des retraits israéliens progressifs conditionnés à un désarmement vérifié du Hezbollah, zone par zone. Restent à trancher, selon les intervenants, plusieurs questions pratiques : qui vérifiera le désarmement, combien de temps une zone doit rester libre de toute présence du Hezbollah avant d'être jugée sécurisée, et comment réagir si l'organisation y revient après un retrait israélien.

Les prochains mois seront jugés à l'aune de jalons concrets : maintien du blocus sur Téhéran, mise en place effective de la force de stabilisation et de l'administration technocratique à Gaza, élargissement des zones pilotes de retrait israélien synchronisées avec le déploiement de l'armée libanaise. Pour les participants du MEAD, c'est la rapidité d'exécution de ces trois chantiers, plus que leur perfection, qui déterminera si la fenêtre ouverte par la présidence Trump aura permis de transformer un rapport de forces militaire en stabilité durable.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la conférence MEAD ?
Le Middle East-America Dialogue est une rencontre bipartisane tenue à Washington, réunissant responsables actuels et anciens d'Israël, des États-Unis et de plusieurs pays du Moyen-Orient pour discuter des dossiers Iran, Gaza et Liban.
Pourquoi parle-t-on d'une fenêtre de 28 mois ?
Cette durée correspond au temps restant du mandat du président Donald Trump, jugé personnellement investi dans le plan de paix à Gaza et le maintien de la pression sur l'Iran.
Le Hezbollah a-t-il été désarmé au Liban ?
Non. Selon les participants à la conférence, l'organisation reste armée et le processus de désarmement vérifié, zone par zone, n'en est encore qu'à ses débuts.

Sources : The Jerusalem Post

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