Liban : Tsahal détruit le réseau de tunnels du Hezbollah sous la crête d'Ali al-Taher
Après des mois de combats, l'armée israélienne a fait sauter le vaste réseau souterrain que le Hezbollah avait bâti sous la crête d'Ali al-Taher, au sud du Liban. Tsahal évoque la destruction de l'infrastructure la plus stratégique du mouvement chiite dans la région, financée selon elle par l'Iran depuis plus de vingt ans.

Jeudi, l'armée israélienne a déclenché l'explosion d'un réseau de galeries creusées sous la crête d'Ali al-Taher, dans le sud du Liban, mettant un terme à plusieurs mois d'affrontements autour de ce site devenu l'un des points les plus disputés de la confrontation avec le Hezbollah. Selon Tsahal, l'opération, baptisée « Ciseau de flammes », a mobilisé la 36e division, la brigade Commando et l'unité du génie de combat Yahalom, avec l'appui de Golani et de la brigade 7.
Un complexe construit sur deux décennies
D'après l'armée israélienne, le réseau souterrain s'étendait sur environ 5,4 kilomètres répartis en quatorze axes de circulation. Sa destruction a nécessité l'insertion de 1 100 tonnes d'explosifs par les combattants de l'unité Yahalom, au terme d'un travail long et complexe. Un responsable militaire cité par le Jerusalem Post a résumé l'ampleur du chantier iranien ainsi anéanti : « L'ensemble du travail de plus de vingt ans de construction d'une infrastructure aussi importante s'est effondré en un instant. »
Le site comprenait, selon les informations recueillies sur place, des postes de commandement, des dépôts d'armes, des générateurs, des espaces de vie, des douches et une cuisine, permettant aux combattants de gérer les hostilités et de séjourner sous terre pendant de longues périodes. L'armée israélienne affirme que cette infrastructure, financée par Téhéran et construite avec, selon certaines sources, un appui technique nord-coréen, servait de « centre névralgique » à l'unité régionale Badr du Hezbollah, chargée du secteur situé au nord du fleuve Litani.
Le déroulé des combats sur la crête
L'opération avait débuté par la traversée du Litani, accompagnée de manœuvres de diversion destinées à faire croire au Hezbollah qu'un franchissement se préparait ailleurs, pendant qu'un itinéraire de contournement était ouvert discrètement sur plusieurs jours. Le bataillon de reconnaissance de Golani et l'unité Egoz ont entamé le nettoyage du secteur avant que d'autres forces ne les rejoignent.
Au moment de leur progression vers l'arrière du dispositif défensif du Hezbollah, les soldats ont constaté la surprise des combattants adverses, retrouvant sacs et armes abandonnés le long des routes et dans les vergers. La résistance s'est toutefois durcie à l'approche de l'infrastructure centrale. Une cinquantaine de terroristes retranchés sous terre auraient, selon un responsable militaire, combattu pour cette crête « comme ils ne l'ont fait pour aucun autre endroit », la plupart étant tués sur place ou lors de tentatives de fuite, parfois lors d'accrochages à quelques mètres de distance avec les combattants d'Egoz.
Le Hezbollah aurait tenté d'acheminer du ravitaillement, dont matériel de communication, nourriture, eau, cigarettes et chocolat, ainsi que des renforts vers les combattants encerclés. Au moins dix hommes cherchant à atteindre la crête dans ce but auraient été visés. Une possibilité de reddition avec un drapeau blanc aurait été proposée aux combattants retranchés, sans être suivie d'effet, certains ayant préféré fuir en dépit des consignes de leur organisation. Tsahal a par ailleurs précisé qu'aucun ressortissant iranien n'avait été identifié sur le site, contrairement à certaines informations circulant sur le sujet.
Réactions à Jérusalem, à Beyrouth et à Téhéran
Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont indiqué avoir supervisé l'opération, affirmant que l'armée avait désormais achevé l'organisation de la zone de sécurité dans le sud du Liban. Selon eux, l'infrastructure détruite était destinée à servir de base pour une éventuelle conquête de la Galilée ainsi qu'à la surveillance et aux tirs en direction de Metoula et de Kiryat Shmona.
Côté libanais, la perte de cette position aurait été perçue, dans le débat interne, comme une humiliation pour le Hezbollah. Le secrétaire général du mouvement, Naïm Qassem, aurait lancé un nouvel appel à l'aide à Téhéran la semaine précédente, resté sans réponse concrète, selon les informations rapportées par le Jerusalem Post. Un responsable militaire israélien a indiqué que l'Iran n'avait, à ce stade, engagé aucun geste opérationnel en réponse, tout en précisant que l'armée restait vigilante face à toute évolution.
Ce que cela change pour la sécurité du nord d'Israël
Malgré la destruction de l'infrastructure, Tsahal a précisé ne pas avoir l'intention de quitter la zone au-delà de la ligne dite « jaune ». Les forces doivent se redéployer sur des positions permettant de garder le contrôle du terrain et d'empêcher tout retour de combattants du Hezbollah. « Nous ne l'abandonnons pas », a résumé un responsable militaire cité par le Jerusalem Post.
Cette opération s'inscrit dans une série plus large de destructions de tunnels menées par l'armée israélienne ces dernières années, à Gaza, en Syrie et au Liban, qui lui ont permis d'accumuler une expertise reconnue dans la guerre souterraine, avec des unités spécialisées et des équipements robotisés. Reste à savoir si cette expérience acquise face au Hezbollah influencera la posture israélienne face aux capacités souterraines iraniennes elles-mêmes, sujet qui alimente déjà les commentaires dans la presse israélienne.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la crête d'Ali al-Taher ?
- Il s'agit d'une hauteur du sud-est du Liban, près de Nabatiyé, surplombant le château de Beaufort et la région de Marjeyoun. Elle abritait un vaste réseau souterrain que l'armée israélienne a détruit.
- Combien de temps a duré la construction de ces tunnels ?
- Selon Tsahal, l'infrastructure a été bâtie sur plus de vingt ans, avec un financement attribué à l'Iran et, selon certaines sources, une aide technique nord-coréenne.
- L'Iran a-t-il réagi à la destruction du site ?
- Selon un responsable militaire israélien, aucun geste opérationnel iranien n'avait été identifié à ce stade, malgré des appels à l'aide lancés par le secrétaire général du Hezbollah, restés sans réponse concrète.
Sources : The Jerusalem Post, Infos Israël News




