Le président syrien affirme que les négociations avec Israël ont atteint 90 % d'accord
Le président syrien Ahmed al-Sharaa a affirmé mardi soir à New York que des pourparlers directs avec Israël, menés depuis environ un an avec l'appui américain, avaient atteint « presque 90 % » d'accord avant de buter sur de nouvelles conditions posées par Jérusalem. Il s'exprimait lors d'un forum de l'Atlantic Council en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, où il a aussi défendu son passé au sein d'Al-Qaïda et exclu toute cession du Golan.

Ahmed al-Sharaa a livré l'une de ses évaluations les plus détaillées des relations israélo-syriennes lors d'un panel organisé par l'Atlantic Council à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Selon lui, des sessions de négociation directes avec Israël se tiennent depuis près d'un an, avec l'implication des États-Unis. « Il y a eu plusieurs sessions de négociations avec Israël, et nous avons presque atteint 90 % des accords », a-t-il déclaré, avant d'ajouter qu'à chaque approche d'un accord final, Israël aurait reculé ou introduit de nouvelles conditions.
Un processus par étapes revendiqué par Damas
Le président syrien a présenté ce qu'il décrit comme une feuille de route en plusieurs temps. Israël devrait d'abord se retirer des positions occupées après la chute du régime de Bachar el-Assad, le 8 décembre 2024, pour revenir aux lignes de l'accord de désengagement de 1974. Ce n'est qu'ensuite, selon lui, que pourraient s'ouvrir des discussions sur des arrangements de sécurité, préalable qu'il juge nécessaire avant toute perspective de paix durable. Il a même évoqué l'idée d'un comité international chargé de distinguer les préoccupations sécuritaires réelles d'Israël de ce qu'il qualifie de simples « perceptions ».
Sur le Golan, en revanche, Ahmed al-Sharaa a tenu une ligne intransigeante, affirmant que ce territoire appartient au peuple syrien et que sa souveraineté n'est pas négociable. Interrogé sur la reconnaissance par Donald Trump de la souveraineté israélienne sur ce plateau, il a raconté avoir plaisanté avec le président américain à la Maison Blanche, lui suggérant de céder le New Jersey aux Israéliens plutôt qu'un territoire qui n'est pas le sien. Il a ensuite précisé, sur un ton plus grave, que ni lui ni aucun dirigeant étranger ne pouvait renoncer au Golan au nom des Syriens.
Des accusations contre Tsahal et une comparaison avec Gaza
Ahmed al-Sharaa a par ailleurs mis en cause l'activité militaire israélienne en Syrie, affirmant que des frappes viseraient quotidiennement le pays depuis deux ans, que les palais présidentiels auraient été bombardés à deux reprises et que des aéroports militaires auraient été touchés. Ces accusations, formulées par le seul président syrien lors de cette intervention, n'ont pas été confirmées de manière indépendante. Il a également estimé que le massacre du 7 octobre ne pouvait dicter la politique régionale d'Israël, mettant en parallèle le bilan qu'il attribue à la guerre à Gaza, évoquant plus de 70 000 morts, un chiffre qu'il n'a pas sourcé et qui reste sujet à controverse.
Interrogé sur son passé au sein du Front al-Nosra, lorsqu'il se faisait appeler Abou Mohammed al-Jolani et avait prêté allégeance au chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri en 2013, Ahmed al-Sharaa n'a pas formellement renié cet engagement, estimant qu'il n'était « pas approprié de discuter de choses survenues il y a 25 ans ». Il a en revanche nié toute implication dans les attentats du 11-Septembre, précisant qu'il avait alors 13 ans.
La suite du dossier diplomatique
Ahmed al-Sharaa a mis en avant le rapprochement de Damas avec Washington, Londres, les monarchies du Golfe, l'Irak et le Liban, contrastant avec l'impasse persistante face à Israël, dont il impute la responsabilité à Jérusalem. Il assure que le canal de discussion reste ouvert, sans toutefois annoncer de calendrier précis pour une reprise formelle des pourparlers ni pour un éventuel accord de sécurité. Aucune réaction officielle israélienne à ces déclarations n'a été rapportée à ce stade.
Questions fréquentes
- Que signifie la ligne de désengagement de 1974 évoquée par al-Sharaa ?
- Il s'agit de l'accord conclu après la guerre de Kippour, fixant les positions militaires israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan et créant une zone tampon supervisée par l'ONU.
- Israël reconnaît-il la souveraineté syrienne sur le Golan ?
- Non. Les États-Unis ont reconnu en 2019 la souveraineté israélienne sur le Golan, une position que Donald Trump a réaffirmée, tandis que Damas continue de revendiquer ce territoire.
- Qui est Ahmed al-Sharaa ?
- Ancien chef du Front al-Nosra sous le nom d'Abou Mohammed al-Jolani, il dirige la Syrie depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024.
Sources : The Jerusalem Post





