Iran : Washington prépare une éventuelle reprise des frappes, Israël évalue les risques

Donald Trump a réuni à plusieurs reprises son conseil de sécurité nationale cette semaine pour trancher une question suspendue depuis des mois : relancer ou non les opérations militaires contre l'Iran. Deux porte-avions américains stationnent déjà dans la zone du Commandement central, un troisième doit les rejoindre d'ici la mi-novembre. En Israël, un ancien responsable sécuritaire estime à 60 % la probabilité que Téhéran choisisse la voie de la guerre.

3 min de lecture5 vuesPar la rédaction
Iran : Washington prépare une éventuelle reprise des frappes, Israël évalue les risques
Photo : Illustration générée par IA

Le dossier iranien revient au premier plan à Washington. Mercredi puis jeudi, Donald Trump a convoqué à plusieurs reprises son équipe de sécurité nationale pour décider d'une éventuelle reprise des opérations militaires contre l'Iran. Le Commandement central américain, le CENTCOM, finalise de son côté son état de préparation pour une action de grande ampleur, sans qu'aucune directive officielle n'ait encore été transmise.

Un dispositif naval qui se densifie dans la région

Sur le terrain, les mouvements militaires sont déjà engagés. Les porte-avions USS George H.W. Bush et USS George Washington se trouvent dans la zone de responsabilité du CENTCOM. Un troisième groupe aéronaval, celui de l'USS Roosevelt, doit les rejoindre d'ici la mi-novembre. Des responsables militaires relèvent par ailleurs que le 9 novembre correspond à une nouvelle lune au-dessus du Moyen-Orient, donc à une obscurité propice à des opérations nocturnes, sans qu'aucune frappe n'ait été programmée à cette date. Le Premier ministre irakien, Ali Faleh Al-Zaidi, a pour sa part prévenu Donald Trump que le territoire irakien ne servirait pas de base à des frappes contre un pays voisin. Interrogé par des journalistes sur l'opportunité de pousser plus loin la pression militaire, le président américain a répondu par une question qui résume l'hésitation ambiante : « Voulons-nous aller plus loin ? » Il a ajouté, à propos de l'Iran : « Je préférerais ne pas détruire le reste du pays si possible, mais il faudra peut-être que je le fasse. Vous le saurez bientôt. »

Téhéran face à trois options, selon un ancien responsable israélien

Côté israélien, le général de réserve Yaakov Nagel, ancien chef du Conseil de sécurité nationale, a livré son analyse sur la radio 103FM. Il évoque trois scénarios pour l'Iran, confronté à une pression économique américaine renforcée depuis l'annulation du dernier accord par Donald Trump, il y a environ quatre mois : entamer des négociations, qu'il juge être la pire option pour le régime ; entrer en guerre, par crainte qu'un étouffement économique prolongé ne provoque un soulèvement populaire ; ou gagner du temps jusqu'à l'élection présidentielle américaine de 2028 en espérant un changement politique à Washington. Nagel chiffre à 60 % la probabilité d'un basculement vers la guerre, à 30 % celle d'un statu quo prolongé, et à seulement 10 % celle de négociations. Selon lui, Israël ne figure pas, à ce stade, dans le plan américain, mais pourrait être entraîné dans le conflit si Washington le lui demandait ou si l'Iran commettait l'erreur d'attaquer directement le territoire israélien.

Un climat politique tendu à Washington

La question iranienne pèse aussi sur la politique intérieure américaine. Les républicains ont subi de lourdes pertes lors des élections de mi-mandat, et la guerre contre l'Iran figure parmi les explications avancées à ce revers, notamment par l'ancien vice-président J. D. Vance, qui a quitté ses fonctions et a publiquement estimé que ce conflit avait coûté des sièges à son camp. Donald Trump a reconnu que son ex-numéro deux n'avait pas tort sur la hausse des prix de l'essence liée à la guerre, tout en affirmant qu'il referait le même choix, jugeant qu'un Iran nucléaire représenterait une menace existentielle. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, de son côté, fait l'objet d'informations selon lesquelles plusieurs de ses déplacements auraient été suspendus, alimentant des spéculations sur son avenir au Pentagone, que Donald Trump a toutefois démenties jeudi.

Aucune décision officielle n'a pour l'instant été annoncée à Washington, ni sur une frappe, ni sur un calendrier précis. Le positionnement du troisième groupe aéronaval américain d'ici la mi-novembre et l'évolution des négociations économiques avec Téhéran constitueront les prochains indicateurs à surveiller.

Questions fréquentes

Combien de porte-avions américains sont déployés face à l'Iran ?
Deux porte-avions, l'USS George H.W. Bush et l'USS George Washington, sont déjà présents dans la zone du CENTCOM. Un troisième, l'USS Roosevelt, doit les rejoindre d'ici la mi-novembre.
Israël participera-t-il à une éventuelle offensive américaine contre l'Iran ?
Selon l'ancien chef du Conseil de sécurité nationale israélien Yaakov Nagel, Israël ne fait pas partie du plan américain actuel, sauf si Washington le sollicite ou si l'Iran attaque directement le territoire israélien.
Quelle est la probabilité que l'Iran entre en guerre, selon les analystes israéliens ?
Yaakov Nagel évalue à 60 % le risque que l'Iran choisisse la voie de la guerre, contre 30 % pour un maintien du statu quo et 10 % pour des négociations.

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