Face à l'Iran, Washington muscle son dispositif militaire et prépare des coupes au Pentagone
Des avions de transport américains chargés de systèmes antimissiles sont arrivés sur des bases aériennes israéliennes, tandis qu'un institut israélien relève des mouvements inhabituels de l'armée américaine en Méditerranée. Au même moment, le Pentagone prépare discrètement une coupe de 400 milliards de dollars dans son budget de défense.

Dix avions de transport de l'US Air Force, en provenance de la base de Fort Bliss, au Texas, se sont posés sur les bases aériennes d'Ovda et de Nevatim, dans le sud d'Israël, selon un reportage de la Kan relayé par le Jerusalem Post. Nevatim abrite plusieurs escadrons de F-35I. Les appareils, probablement des C-5M Super Galaxy ou des C-17 Globemaster, transporteraient des systèmes de défense aérienne destinés à reconstituer les stocks de missiles intercepteurs THAAD et Patriot en Israël. D'autres avions du même convoi se sont posés en Jordanie, au Qatar et en Arabie saoudite.
Un dispositif américain renforcé face à l'Iran
Ces livraisons interviennent après des mises en garde américaines évoquant une possible « guerre courte et ciblée » contre l'Iran, selon la Kan. L'Institut d'études de sécurité nationale (INSS), cité par Maariv, relève de son côté des signes prudents d'un redéploiement : trois destroyers actifs en Méditerranée, qui s'ajoutent à un bâtiment déjà présent, et une reconstitution de la flotte de ravitailleurs américains en Europe, qui pourrait servir de point de départ avant un basculement vers la zone du CENTCOM. L'institut précise toutefois qu'il n'est « pas encore clair » que ces navires se rapprochent de la région d'Israël, et promet des mises à jour dans les prochains jours.
Ce contexte s'inscrit dans la continuité des frappes américano-israéliennes de grande ampleur lancées le 28 février contre l'Iran, qui avait riposté contre des bases américaines, des États du Golfe et Israël, avant de fermer de fait le détroit d'Ormuz. Un blocus américain sur les exportations pétrolières iraniennes a suivi à la mi-avril. En septembre, le commandement américain a annoncé avoir détruit plusieurs pétroliers liés aux Gardiens de la révolution après des tirs iraniens contre des navires de guerre américains, puis de nouvelles frappes ont visé l'Iran le 27 septembre, Donald Trump évoquant une violation du cessez-le-feu. L'Iran avait répliqué contre des bases américaines au Bahreïn et au Koweït. L'INSS note aussi que les Houthis, soutenus par Téhéran, ont tiré des missiles et des drones depuis le Yémen vers Israël et l'Égypte les 18 et 27 octobre, interceptés par les forces américaines et israéliennes.
Une coordination étroite entre Washington et Jérusalem
Une source israélienne citée par la Kan indique que les États-Unis et Israël coordonnent étroitement leur action face à l'Iran, avec des rapports évoquant l'arrivée prochaine d'un porte-avions américain supplémentaire et d'une unité de Marines dans la région. « Bien qu'aucune décision n'ait encore été prise, les Américains et Israël se préparent à toute décision que prendra le président Trump », a précisé cette source. D'autres informations citées par la Kan font état d'un réapprovisionnement des stocks d'armement américains dans l'ensemble du Moyen-Orient, alors que certaines troupes américaines ont reçu l'ordre de quitter la région. Dans un entretien publié début octobre par Time, Donald Trump avait été interrogé sur un éventuel renforcement des frappes aériennes après les élections de mi-mandat du 3 novembre ; il avait aussi affirmé avoir rejeté un plan iranien de réouverture du détroit d'Ormuz en sept jours, jugé insuffisant.
Le Pentagone prépare une coupe de 400 milliards de dollars
Parallèlement à ce renforcement militaire, le Pentagone élabore discrètement un budget de défense de 1 100 milliards de dollars, selon Politico, cité par le Jerusalem Post, soit une réduction de 400 milliards par rapport aux 1 500 milliards réclamés par Donald Trump. Ce montant s'appuierait sur une procédure de réconciliation budgétaire, qui permettrait aux parlementaires républicains d'ajouter 350 milliards de dollars à un budget de base de 1 150 milliards. « Aucun d'entre eux ne s'attend à quelque chose proche de 1 500 milliards », a confié un ancien responsable à Politico, ajoutant que les planificateurs du Pentagone élaborent déjà des scénarios à budget réduit.
Cette réduction pourrait ralentir la reconstitution des stocks d'armement américains, entamés par la guerre contre l'Iran, dont le coût est estimé par le Pentagone à environ 47 milliards de dollars, dont 29 milliards pour le seul remplacement de munitions critiques. Le directeur du budget de la Maison-Blanche, Russell Vought, aurait indiqué ce mois-ci que l'administration Trump ne dispose d'aucune alternative pour financer les programmes prioritaires du Pentagone si le Congrès ne valide pas son plan. Selon un ancien responsable cité par Politico, les élus républicains sont « de plus en plus agacés » par l'administration sur les questions de défense, rendant peu probable l'adoption d'un budget proche de 1 500 milliards de dollars. L'arbitrage final dépendra des négociations budgétaires au Congrès dans les semaines suivant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Questions fréquentes
- Quels mouvements militaires américains ont été observés près d'Israël ?
- Dix avions de transport américains chargés de systèmes antimissiles se sont posés sur les bases d'Ovda et de Nevatim, tandis que trois destroyers sont actifs en Méditerranée et qu'une flotte de ravitailleurs se reconstitue en Europe.
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