Élections du 27 octobre : les blocs de Netanyahou et d'Eisenkot loin de la majorité
À deux semaines du scrutin du 27 octobre, ni le bloc de Benjamin Netanyahou ni celui de Gadi Eisenkot ne franchit la barre des 61 sièges dans les sondages. L'absence de fusion entre partis de droite fragilise le camp du Premier ministre, tandis que Donald Trump refuse pour l'instant de trancher en sa faveur.

Trente-huit listes sont enregistrées pour les élections du 27 octobre, mais une quinzaine seulement devraient franchir le seuil électoral de 3,25 %, équivalent à quatre sièges à la Knesset. Selon les derniers sondages relayés par le Jerusalem Post et la JTA, le bloc favorable à Benjamin Netanyahou plafonne autour de 52 à 53 sièges, tout comme le camp mené par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, dont le parti Yashar arrive en tête du centre-gauche. Aucun des deux camps ne s'approche des 61 sièges nécessaires pour gouverner.
Le bloc de droite fragilisé par l'absence de fusion
Contrairement à 2022, le Premier ministre n'est pas parvenu à imposer une liste commune à l'ensemble de la droite. Le parti Sionisme religieux du ministre des Finances Bezalel Smotrich n'a rejoint ni Otzma Yehudit du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, ni Amcha Yisrael, la nouvelle formation du général de réserve Ofer Winter. Résultat : ces deux listes évoluent autour du seuil électoral, avec un risque réel de voir leurs voix perdues pour le bloc Netanyahou. Selon la politologue Gayil Talshir, de l'université hébraïque de Jérusalem, le Premier ministre aborde ce scrutin « dans la position la plus faible depuis une décennie » en matière d'alliances. Le sondeur Shmuel Rosner souligne que le camp anti-Netanyahou ne compte, lui, aucun parti menacé de rester sous le seuil.
Le paysage électoral s'est aussi recomposé côté arabe : trois listes se sont regroupées au sein d'une Liste unie renforcée, après le retrait du chef du Balad, dont la candidature avait été jugée susceptible d'être invalidée par la Cour suprême. Liste unie et Raam sont créditées ensemble d'environ quatorze sièges, une position qui pourrait s'avérer décisive si aucun bloc ne réunit de majorité claire. Les deux grands camps ont pourtant exclu, chacun de son côté, toute coalition avec les partis arabes, Gadi Eisenkot, Yair Lapid et Avigdor Lieberman ayant écarté publiquement cette option après le 7-Octobre.
Des petites listes qui pourraient faire basculer le résultat
Plusieurs formations situées sous le seuil électoral maintiennent néanmoins leur candidature et pourraient redistribuer les sièges. Le parti des réservistes mené par Yoaz Hendel et Yaron Zelekha, hostile à l'exemption de service militaire accordée aux hommes ultra-orthodoxes, se tient à la limite du seuil. Le Likoud Bleu et Blanc de Benny Gantz, crédité d'environ 1 %, et le nouveau parti harédi HaTzibbur HaHaredi, qui pourrait grignoter des sièges aux listes ultra-orthodoxes établies, restent également dans la course. Selon Rosner, l'enjeu principal n'est plus de faire basculer des électeurs d'un camp à l'autre, mais de mobiliser les abstentionnistes, un défi qu'il juge plus difficile pour le bloc de droite.
Trump reste évasif, la campagne s'intensifie
Interrogé le 13 octobre sur un éventuel soutien à un candidat israélien, Donald Trump a laissé la question ouverte sans citer Benjamin Netanyahou. « Nous n'y avons même pas pensé », a-t-il d'abord répondu, avant d'ajouter : « Je pourrais faire quelque chose. » Cette réserve du président américain, à deux semaines du vote, prive pour l'instant le Premier ministre d'un appui qui pourrait peser dans la dernière ligne droite. Signe que la campagne s'installe dans le quotidien des Israéliens, l'émission satirique Eretz Nehederet a fait son retour sur N12 en multipliant les sketches sur Benjamin Netanyahou et Gadi Eisenkot, ce dernier ayant publiquement défié le Premier ministre à un débat que celui-ci refuse pour l'instant.
Si aucun des deux blocs ne parvient à réunir 61 sièges le 27 octobre, Israël pourrait s'enfoncer dans un nouveau blocage institutionnel, rappelant la crise politique de 2019-2022 qui avait produit cinq scrutins successifs. Dans ce scénario, certains analystes évoquent la possibilité d'un gouvernement minoritaire d'Eisenkot soutenu de l'extérieur par Raam, sans participation directe à la coalition.
Questions fréquentes
- Pourquoi le bloc de Netanyahou est-il affaibli cette année ?
- Contrairement à 2022, plusieurs partis de droite comme Sionisme religieux, Otzma Yehudit et Amcha Yisrael ne se sont pas regroupés, risquant de perdre des voix sous le seuil électoral.
- Les partis arabes pourraient-ils entrer au gouvernement ?
- Les deux grands blocs l'excluent publiquement, mais des analystes évoquent un scénario de gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur par Raam si aucune majorité ne se dégage.
- Donald Trump a-t-il soutenu Netanyahou ?
- Non. Le 13 octobre, il a laissé la question ouverte sans se prononcer en faveur d'un candidat précis.
Dossier Élections israéliennes 2026




