Financement étranger : le Shin Bet examine le cas du député arabe Ayman Odeh

Le chef du Shin Bet, David Zini, a demandé l'ouverture d'une enquête visant le député Ayman Odeh (Hadash), soupçonné d'avoir reçu plusieurs centaines de milliers de shekels de l'Autorité palestinienne avant les élections du 27 octobre. L'élu, qui achève son mandat mardi 10 novembre lors de l'installation de la nouvelle Knesset, a écourté ses vacances à l'étranger pour rentrer en Israël et dénonce une « persécution politique ».

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Financement étranger : le Shin Bet examine le cas du député arabe Ayman Odeh
Photo : אמיר דיב - Amir Deeb · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le chef du Shin Bet, David Zini, a demandé l'ouverture d'une enquête visant le député Ayman Odeh, chef du parti Hadash et figure de la Liste arabe unie sortante. Il est soupçonné d'avoir reçu plusieurs centaines de milliers de shekels en provenance de l'Autorité palestinienne avant les élections du 27 octobre. L'intéressé, qui doit achever son mandat mardi 10 novembre lors de l'installation de la nouvelle Knesset, a écourté ses vacances à l'étranger pour rentrer en Israël dès jeudi, selon ses proches cités par Ynet.

Des soupçons de financement étranger avant le scrutin

L'enquête du Shin Bet porte sur trois circuits possibles de transfert de fonds, dont l'un a été révélé quelques jours seulement avant le vote. Le service de sécurité évoque des « intérêts cachés et même hostiles, destinés à promouvoir une influence étrangère », avec des sommes suspectes en provenance du Qatar, de la Turquie et de l'Autorité palestinienne, dans le but affiché de peser sur le résultat du scrutin.

Trois autres dirigeants arabes sont également visés par une demande d'enquête de David Zini : Ahmad Tibi (Ta'al), Mansour Abbas (Ra'am) et Sami Abou Chehadé (Balad), ce dernier ayant été disqualifié de la course électorale. Aucune preuve n'a pour l'instant été présentée contre eux. La police affirme de son côté qu'aucune information de renseignement ni aucun résultat d'enquête ne lui avait été transmis à ce stade, et qu'il n'existe « aucune intention ni évaluation » de convoquer des députés pour interrogatoire. Le président de la commission électorale centrale, le juge Noam Sohlberg, la procureure générale et le chef du Shin Bet s'accordent toutefois sur un point : les faits examinés n'ont pas influé sur les résultats du scrutin, qui ont attribué 53 sièges à la coalition de Benjamin Netanyahou, 48 à l'opposition et 19 aux partis arabes, sans majorité absolue de 61 sièges.

Ayman Odeh dénonce une persécution politique

Dans une déclaration publique, Ayman Odeh qualifie l'enquête de « persécution politique ». Selon lui, la hausse historique de la participation électorale des citoyens arabes a provoqué une réaction de panique chez Benjamin Netanyahou et ses alliés, qu'il qualifie de « fascistes ». Il affirme que cette crainte de perdre le pouvoir pousse ses adversaires à multiplier des accusations infondées, et prédit que l'affaire se retournera contre ses instigateurs.

Son entourage va plus loin, estimant que le Premier ministre « mène » lui-même le Shin Bet dans ce dossier. La procureure générale Gali Baharav-Miara n'a cependant pas confirmé l'existence formelle d'une enquête à l'encontre d'Ayman Odeh, et la police précise n'avoir reçu aucun matériel de renseignement le reliant directement à l'affaire.

Un bras de fer entre le Shin Bet et la procureure générale

David Zini avait réclamé la possibilité de mener de larges actions d'enquête, incluant arrestations, interrogatoires et écoutes, au nom de la sécurité nationale. Gali Baharav-Miara a refusé ce cadre, exigeant un soupçon raisonnable avant tout interrogatoire sous mise en garde, et a conditionné la poursuite des vérifications à la création d'une équipe conjointe Shin Bet-police. Le président Isaac Herzog s'est entretenu séparément avec les deux responsables pour apaiser les tensions.

Un forum de familles endeuillées par le terrorisme a par ailleurs saisi David Zini d'une plainte distincte, réclamant une enquête sur une application qui aurait permis à des militants du Ra'am de suivre en temps réel la participation électorale le jour du scrutin.

L'équipe conjointe Shin Bet-police, réunie pour la première fois jeudi, doit examiner dans les prochains jours les renseignements déjà rassemblés et classer les priorités d'investigation. Vendredi, toutefois, le chef de la division des enquêtes de la police, le commissaire Boaz Blat, a ordonné à ses services de ne plus transmettre aucune information au Shin Bet sans son autorisation explicite, relançant la querelle de compétences entre les deux institutions au moment même où elles devaient commencer à coopérer.

Questions fréquentes

Quelles sont les accusations visant Ayman Odeh ?
Le Shin Bet le soupçonne d'avoir reçu plusieurs centaines de milliers de shekels de l'Autorité palestinienne pour influencer les élections du 27 octobre.
Ayman Odeh a-t-il été convoqué pour interrogatoire ?
Non, la police affirme qu'aucune convocation n'est envisagée à ce stade, faute de matériel de renseignement le reliant directement à l'affaire.
D'autres dirigeants arabes sont-ils visés par le Shin Bet ?
Oui, Ahmad Tibi, Mansour Abbas et Sami Abou Chehadé font aussi l'objet d'une demande d'enquête, sans preuve présentée à ce stade.

Commentaires

    À lire aussi

    Shin Bet : l'enquête sur un financement étranger des partis arabes secoue la validation du scrutin
    Les PRO

    Shin Bet : l'enquête sur un financement étranger des partis arabes secoue la validation du scrutin

    Élections en Israël : ce qu'affirme Global News, ce que son propre article révèle
    Le CANADA · décryptage

    Élections en Israël : ce qu'affirme Global News, ce que son propre article révèle

    Élections en Israël : un Parlement sans majorité claire, vote arabe record
    Les PRO

    Israël : enquête sur une fraude électorale au Ra'am, le Shin Bet dénonce des entraves