Élections du 27 octobre : Netanyahou resserre les rangs, Eisenkot vise le leadership de l'opposition
À trois jours du scrutin du 27 octobre, Israël vote dans un climat de tension inédit, entre confrontation directe avec l'Iran et impasse à Gaza. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou tente de rallier les électeurs de droite tentés par de petites listes, tandis que Gadi Eisenkot cherche à s'imposer comme le chef incontesté de l'opposition. Entre les deux blocs, le parti d'Ofer Winter reste une inconnue sur la question sensible de la conscription des orthodoxes.

Le 27 octobre, les Israéliens se rendent aux urnes dans un climat d'incertitude politique inédit, trois ans après le 7 octobre et après deux confrontations directes avec l'Iran. Selon les sondages cités par le Jerusalem Post, aucun des deux blocs ne dispose à ce stade d'une majorité de 61 sièges à la Knesset. Netanyahou multiplie les apparitions médiatiques pour empêcher la dispersion des voix de droite, tandis qu'Eisenkot tente d'agrandir son parti aux dépens de ses propres alliés pour s'imposer comme chef de file de l'opposition.
Netanyahou resserre les rangs, Eisenkot cherche la primauté
Le Likoud, Shas, le Judaïsme unifié de la Tora, Otzma Yehudit et le Parti sioniste religieux forment le camp pro-Netanyahou. En face, Yashar, le parti de Gadi Eisenkot, devance largement B'Yachad de Naftali Bennett, Yisrael Beytenou d'Avigdor Liberman et les Démocrates. Netanyahou avertit que l'élection est « dangereusement serrée » et accuse Eisenkot de vouloir s'allier aux partis arabes pour créer un État palestinien. De son côté, Eisenkot répète qu'il ne laissera pas Netanyahou « gagner en perdant », c'est-à-dire rester Premier ministre sortant à la tête d'un gouvernement de transition, comme lors des cinq scrutins successifs entre 2019 et 2022. Il envisage, si son bloc n'atteint pas 61 sièges, de présenter à la Knesset un gouvernement minoritaire approuvé par une majorité des votants, les députés arabes s'abstenant plutôt que de voter contre.
Winter, l'inconnue de la conscription
Deux petites formations, situées entre les deux camps, compliquent les calculs : Amekha Yisrael, dirigé par l'ancien général Ofer Winter, et le parti des réservistes de Yoaz Hendel et Yaron Zelekha. Onze des dix-neuf sondages publiés depuis le 1er octobre créditent Winter de franchir le seuil électoral de 3,25 %. Netanyahou le cible personnellement, le comparant à Naftali Bennett en 2021, et affirme qu'il finira par rejoindre un gouvernement avec Liberman. Winter recommande Netanyahou comme Premier ministre mais pose une condition : l'adoption d'une loi de conscription engageant l'ensemble des orthodoxes, faute de quoi il refuse de siéger avec les partis haredim. Cette position reste pourtant floue au sein même du parti. Des candidats comme Lali Derai ou Davidi Ben Zion défendent une conscription universelle immédiate, selon la formule « celui qui ne sert pas ne recevra rien », tandis que Youssef Haddad et Netali Shem Tov, numéros deux et trois de la liste, estiment que les étudiants de yechiva « qui étudient vraiment » doivent conserver leur statut. Winter lui-même a multiplié les déclarations contradictoires ces dernières semaines, promettant tantôt une loi contraignante avant même la formation d'un gouvernement, tantôt un processus de confiance de long terme avec le monde orthodoxe.
Le spectre d'une sixième élection
L'éditorialiste Yaakov Katz rappelle que l'instabilité politique ayant précédé le 7 octobre, cinq élections en trois ans et demi, a fragilisé la société israélienne avant l'attaque du Hamas. Il juge qu'un nouveau blocage forçant un scrutin supplémentaire serait catastrophique et appelle les dirigeants des deux camps à explorer l'hypothèse d'une union nationale plutôt que de revivre un nouveau cycle électoral. Il reconnaît toutefois que la défiance mutuelle entre Netanyahou et ses rivaux de l'opposition rend ce scénario hautement improbable à ce stade.
Le 27 octobre, les électeurs trancheront, ou prolongeront l'incertitude si aucun bloc n'atteint la majorité requise. Les tractations sur la formation du gouvernement, notamment la position définitive de Winter sur la conscription des orthodoxes, détermineront dans les jours suivant le scrutin si Israël évite un nouveau blocage institutionnel.
Questions fréquentes
- Quel est le seuil électoral pour entrer à la Knesset ?
- Il faut obtenir au moins 3,25 % des voix. Plusieurs sondages placent le parti d'Ofer Winter juste autour de ce seuil.
- Pourquoi la question de la conscription des orthodoxes est-elle centrale dans cette campagne ?
- Plusieurs partis, dont Amekha Yisrael, conditionnent leur participation à un futur gouvernement à l'adoption d'une loi obligeant les étudiants de yechiva à effectuer leur service militaire.
- Qu'est-ce que le "gouvernement minoritaire" évoqué par Gadi Eisenkot ?
- Un gouvernement approuvé à la Knesset par une majorité des votants, sans nécessiter 61 sièges, scénario possible si les députés arabes s'abstiennent plutôt que de voter contre.
Dossier Élections israéliennes 2026



