Einat Wilf dévoile un plan pour l'après-guerre à Gaza axé sur la déradicalisation

À quelques semaines des élections, la diplomate et candidate Einat Wilf présente un plan pour l'après-guerre à Gaza qu'elle juge absent du débat politique israélien. Interrogée par le Jerusalem Post, elle propose de scinder la bande de Gaza entre une zone de guerre et une zone de paix, conditionnée à l'abandon du statut de réfugié. Elle affirme que ni la coalition ni l'opposition ne mesurent l'ampleur du combat idéologique qui, selon elle, a commencé le 7 octobre.

2 min de lecturePar la rédaction
Einat Wilf dévoile un plan pour l'après-guerre à Gaza axé sur la déradicalisation
Photo : Illustration générée par IA

Einat Wilf, ancienne députée devenue écrivaine et diplomate, se présente sur la liste Réservistes–Nouveau Parti économique, une formation non alignée créditée d'environ quatre sièges dans les sondages. Dans un entretien accordé au Jerusalem Post, elle affirme que la véritable bataille israélienne ne se joue ni sur le territoire ni sur les alliances de coalition, mais sur ce qu'elle appelle la « conscience ». Pour elle, le 7 octobre marque le jour où des adversaires d'Israël sont « sortis de tunnels physiques et métaphoriques pour lancer une offensive mondiale contre la vie juive ».

Un plan pour l'après-guerre à Gaza jugé absent du débat

Wilf estime que la question de l'après-guerre à Gaza, pourtant décisive, reste largement écartée des discussions politiques israéliennes. Elle propose de réinterpréter le plan en vingt points du Board of Peace : selon elle, l'exigence que « Gaza ne représente plus une menace » doit signifier un désarmement idéologique, et non la simple récupération de quelques armes entreposées dans un hangar.

Sa proposition consiste à diviser la bande de Gaza en deux espaces distincts, une « Gaza de guerre » et une « Gaza de paix ». Dans cette seconde zone, les habitants devraient formellement renoncer au statut de réfugié et au droit au retour avant que des fonds de reconstruction ne soient débloqués. Le plan prévoit également la suppression des cartes de l'UNRWA, la délivrance de nouveaux documents d'identité et l'adoption d'un nouveau drapeau, dans une logique de refondation identitaire plus que strictement matérielle.

Une grille de lecture idéologique assumée

Autour de ce plan, Wilf déploie des concepts qu'elle développe depuis deux décennies, comme le « racket des faibles attentes », le « Westsplaining » ou encore le projet « Zionism Is », qu'elle relie à ce qu'elle décrit comme une « psychose de masse » alimentant le militantisme anti-israélien, de la tribune de l'Oxford Union jusqu'à la rue. Selon elle, ni le gouvernement ni l'opposition ne saisissent l'ampleur de cette guerre des idées, ni la manière de la mener.

Les questions laissées en suspens

Face à elle, le journaliste Jacob Laznik a interrogé la faisabilité concrète du plan : la logistique d'une telle partition, le rôle d'acteurs régionaux comme le Qatar et la Turquie, et le risque que rouvrir un accord déjà signé soit perçu comme un reniement israélien. Il a également rappelé que le Hamas continue d'affirmer publiquement qu'il recommencerait une attaque similaire, ce qui interroge la solidité même du postulat d'un désarmement idéologique négocié.

Cet entretien constitue la première partie d'un échange en deux volets entre Einat Wilf et le Jerusalem Post. La suite de la discussion, annoncée pour une prochaine publication, devrait approfondir la manière dont la candidate répond à ces objections, alors que la campagne électorale israélienne entre dans sa dernière ligne droite.

Questions fréquentes

Qui est Einat Wilf ?
Ancienne députée à la Knesset, diplomate et écrivaine, elle est candidate sur la liste Réservistes–Nouveau Parti économique lors des élections israéliennes.
Que propose son plan pour Gaza ?
Diviser la bande de Gaza entre une zone de guerre et une zone de paix, où les habitants devraient renoncer au statut de réfugié et au droit au retour avant toute reconstruction financée.
Le plan fait-il consensus ?
Non. Le journaliste qui l'a interrogée a soulevé des doutes sur sa faisabilité logistique, le rôle du Qatar et de la Turquie, et le fait que le Hamas continue d'affirmer qu'il répéterait une attaque similaire.

Sources : The Jerusalem Post

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