Défense aérienne : Israël et ses partenaires régionaux resserrent la coordination face à l'Iran
Un rapport de l'inspecteur général américain au Congrès détaille l'ampleur de la coopération de défense aérienne entre Israël, les États-Unis et plusieurs partenaires du Moyen-Orient durant l'opération Epic Fury, menée d'avril à juin. Plus de 6 000 drones et 1 500 missiles balistiques tirés contre les forces américaines et alliées ont été interceptés. Cette architecture régionale, née dans le sillage des Accords d'Abraham, s'est consolidée malgré la guerre déclenchée après le 7 octobre 2023.

Le rapport du Bureau de l'inspecteur général américain, qui couvre les opérations d'Epic Fury entre avril et juin, décrit des « forces américaines intégrées dans les centres opérationnels aériens partenaires », chargées de coordonner et de synchroniser les défenses antiaériennes dans la région. Il évoque un « réseau de défense du Moyen-Orient », présenté comme une architecture intégrée de défense antimissile ayant intercepté plus de 6 000 drones à usage unique et plus de 1 500 missiles balistiques visant les forces américaines et leurs partenaires.
Une interception massive de drones et missiles iraniens
Le document précise que la coopération avec Israël a été « substantielle » : les systèmes américains Patriot et THAAD ont opéré aux côtés de l'Arrow, de David's Sling et du Dôme de fer israéliens. Des officiers de liaison américains sont installés au sein de l'état-major israélien à Tel-Aviv, connu sous le nom de HaKirya, assurant une veille partagée et un suivi régulier de l'état de préparation et des interceptions, selon le rapport cité par le Jerusalem Post.
De l'isolement diplomatique à la coordination avec le Golfe
Cette intégration s'appuie sur une décennie d'évolutions. Israël est passé du commandement militaire américain pour l'Europe (EUCOM) à celui pour le Moyen-Orient (CENTCOM), un basculement que les Accords d'Abraham ont facilité en ouvrant la voie à une coopération plus ouverte avec des pays du Golfe qui, auparavant, évitaient tout exercice conjoint avec Israël. Dès 2022, l'organisation américaine JINSA plaidait pour un « réseau de défense aérienne à l'échelle régionale » afin de contrer la menace des missiles et drones iraniens, une orientation reprise par le Congrès américain à travers le DEFEND Act. Un rapport ultérieur de JINSA, en 2023, notait toutefois que les rivalités entre partenaires américains avaient longtemps freiné le partage de renseignement nécessaire à une véritable intégration des défenses aériennes, faute notamment de normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite.
Vers un réseau régional élargi
L'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a d'abord ralenti cette dynamique, Israël devant mener une guerre prolongée à Gaza puis au Liban, pendant que les Houthis et l'Iran multipliaient les attaques directes, y compris des tirs massifs de missiles balistiques. Ces agressions ont paradoxalement resserré la coopération entre Washington, Israël et leurs partenaires régionaux contre la menace balistique, posant les bases de ce qui s'est concrétisé avec Epic Fury en 2025 et 2026. Les États-Unis poursuivent par ailleurs la vente de systèmes de défense aux pays du Golfe, ce qui devrait ouvrir la voie à davantage d'exercices conjoints. L'éventuelle acquisition du chasseur furtif F-35 par l'Arabie saoudite, encore incertaine, pourrait accroître l'interopérabilité avec Israël et le CENTCOM. Des discussions sont également en cours sur un redéploiement partiel des bases américaines du Golfe vers la Jordanie ou Israël, alors que l'Iran laisse entendre qu'il développe de nouvelles capacités de menace.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que l'opération Epic Fury ?
- Une opération menée entre avril et juin par les forces américaines et leurs partenaires régionaux, ayant permis d'intercepter plus de 6 000 drones et 1 500 missiles balistiques visant les forces américaines et alliées, selon un rapport de l'inspecteur général américain.
- Quels systèmes de défense israéliens sont impliqués ?
- L'Arrow, David's Sling et le Dôme de fer, opérant aux côtés des systèmes américains Patriot et THAAD, avec des officiers de liaison américains présents à l'état-major israélien de Tel-Aviv.
- Pourquoi les Accords d'Abraham sont-ils cités dans cette coopération ?
- Ils ont permis à Israël de travailler plus ouvertement avec des pays du Golfe et ont accompagné son transfert vers la zone de commandement du CENTCOM américain, facilitant la coordination des défenses aériennes régionales.
Sources : The Jerusalem Post, JForum




