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Cryptomonnaies contre sanctions : la Banque d'Israël désavoue Netanyahou

Benjamin Netanyahou a annoncé avoir demandé la préparation d'un plan reposant sur la blockchain pour parer à d'éventuelles sanctions bancaires contre Israël. La Banque d'Israël a aussitôt pris ses distances, samedi, jugeant que les cryptomonnaies ne peuvent pas servir à contourner de telles mesures.

3 min de lecture3 vuesPar la rédaction
Cryptomonnaies contre sanctions : la Banque d'Israël désavoue Netanyahou
Photo : Illustration générée par IA

Dans une interview accordée vendredi à la chaîne économique israélienne, le Premier ministre a affirmé avoir instruit ses services de préparer des solutions face à un risque de sanctions bancaires, évoquant notamment la technologie blockchain. « Il faut comprendre qu'il pourrait y avoir des sanctions bancaires, a-t-il déclaré. Il faut préparer une économie capable de les contourner. » Interrogé sur le rôle que pourrait jouer la blockchain, il a répondu : « L'une des solutions, certainement. Et j'ai déjà demandé qu'un plan soit préparé en ce sens. » Ces propos interviennent après l'annonce de sanctions par plusieurs pays européens et par le Canada.

Un projet contesté dès son annonce

La déclaration a surpris jusque dans l'appareil économique israélien. Selon JForum, ce prétendu plan semble inconnu des ministères concernés et de certains responsables du cabinet du Premier ministre lui-même. Plusieurs experts ont exprimé leur scepticisme. Yair Avidan, ancien directeur de la surveillance bancaire à la Banque d'Israël, rappelle que la blockchain ne supprime pas les restrictions légales liées aux sanctions : les bénéficiaires des fonds et les institutions financières internationales restent tenus de les respecter, quelle que soit la technologie utilisée. L'investisseur en cryptomonnaies Avishay Ovadia souligne pour sa part que les transactions blockchain laissent une trace dans des registres publics et que les conversions vers des monnaies classiques passent le plus souvent par des institutions régulées.

D'autres mettent en garde contre un effet plus large. Yarom Ariav, ancien directeur général du ministère des Finances, estime que le simple débat sur un contournement des sanctions pourrait éroder la confiance des investisseurs étrangers, peser sur la notation de crédit d'Israël et provoquer une fuite de capitaux. Le professeur Yair Zimron, de l'université de Tel-Aviv, ajoute que l'économie israélienne dépend du commerce extérieur et des investissements internationaux, des relations que les cryptomonnaies ne peuvent remplacer compte tenu de leur volatilité et de leur protection juridique limitée.

La Banque d'Israël hausse le ton

Samedi 24 octobre, la Banque d'Israël a réagi dans des termes inhabituels pour l'institution. « Les cryptomonnaies ne peuvent pas servir de moyen de contournement des sanctions », a-t-elle affirmé, selon IsraelValley, insistant sur la nécessité de préserver l'intégration d'Israël au système financier mondial. La banque centrale juge que la priorité doit être d'empêcher l'adoption de sanctions plutôt que de chercher à en atténuer les effets après coup, une responsabilité qu'elle renvoie aux autorités politiques. Cette prise de position publique met en évidence une divergence ouverte entre le gouvernement et les gardiens de la stabilité financière du pays.

Les marchés sous tension

Des responsables du secteur bancaire ont indiqué à Israel Hayom ne disposer d'aucune indication concrète sur une menace de sanctions du type évoqué par le Premier ministre, espérant qu'il s'agissait de rhétorique électorale. Des gestionnaires de portefeuille redoutaient toutefois des dégagements à la réouverture de la Bourse de Tel-Aviv lundi, lorsque les marchés des changes rouvrent également. Un responsable des marchés de capitaux a évoqué, à titre de scénario extrême et non de prévision consensuelle, une baisse de 20 % des actions. L'analyste Roi Bergman rappelle le précédent d'une déconnexion du réseau international SWIFT, comme cela a été imposé à certaines banques russes, un scénario qui compliquerait fortement les échanges commerciaux et le crédit. Selon les sources bancaires, la Banque d'Israël est attendue à l'ouverture des marchés lundi pour tenter de rassurer les investisseurs.

Questions fréquentes

Pourquoi Netanyahou a-t-il évoqué les cryptomonnaies ?
Il a dit craindre d'éventuelles sanctions bancaires contre Israël, après l'annonce de mesures par plusieurs pays européens et le Canada, et avoir demandé un plan reposant sur la blockchain.
La blockchain permet-elle réellement de contourner des sanctions ?
Selon plusieurs experts cités, non : les transactions restent traçables et les bénéficiaires comme les institutions financières internationales demeurent soumis aux restrictions légales.
Quel est le risque pour la Bourse de Tel-Aviv ?
Des investisseurs redoutaient des dégagements à la réouverture des marchés lundi, un responsable évoquant un scénario extrême de baisse pouvant atteindre 20 %.

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