Sept jours avant le scrutin, Ronen Bar attaque Netanyahou en justice pour le 7 octobre

L'ancien chef du Shin Bet Ronen Bar a déposé une plainte en diffamation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou, dix jours avant les élections législatives du 27 octobre. Il réclame 3 millions de shekels (968 500 dollars) et accuse le chef du gouvernement de vouloir « réécrire l'histoire » du 7 octobre. Netanyahou, lui, assure qu'il aurait pu empêcher le massacre s'il avait été réveillé à temps.

3 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Sept jours avant le scrutin, Ronen Bar attaque Netanyahou en justice pour le 7 octobre
Photo : Illustration générée par IA

La bataille sur les responsabilités du 7 octobre s'invite au cœur de la campagne électorale israélienne. Ronen Bar, qui dirigeait le Shin Bet au moment de l'attaque du Hamas et qui a depuis quitté ses fonctions, a déposé mercredi une plainte en diffamation contre Benjamin Netanyahou. Il vise un message publié fin septembre sur X dans lequel le Premier ministre affirmait que Bar « savait » et avait choisi de ne pas le réveiller dans les heures précédant l'attaque. Bar qualifie cette accusation de « diffamation sanglante ».

Les accusations détaillées de Ronen Bar

Dans sa plainte, l'ancien chef du Shin Bet dresse la liste d'une douzaine d'alertes qu'il affirme avoir transmises à Netanyahou avant le 7 octobre 2023. Il évoque notamment une évaluation présentée dès janvier 2023 selon laquelle le chef du Hamas Yahya Sinouar souhaitait ouvrir un front multiple contre Israël, une lettre personnelle de février mettant en garde contre une « tempête parfaite », puis des avertissements renouvelés en juillet et en septembre. Bar affirme avoir recommandé à plusieurs reprises des opérations offensives, dont une frappe préventive, que Netanyahou aurait rejetées parce qu'il souhaitait maintenir le Hamas comme une menace secondaire. Il précise ne pas chercher à dégager sa propre responsabilité ni celle du Shin Bet, mais répondre à une tentative de la faire porter uniquement sur lui.

La ligne de défense de Netanyahou

Interrogé par Army Radio, le Premier ministre a répété que le déroulement du 7 octobre aurait été différent « si on l'avait réveillé » : il affirme qu'il aurait alors mobilisé Tsahal, annulé le festival Nova et préparé l'aviation. Il a comparé l'échec israélien aux surprises de Pearl Harbor et du 11-Septembre, rappelant que personne n'avait demandé aux présidents américains de l'époque de démissionner. Sur X, il a répliqué directement à Bar en affirmant que ce dernier disposait de son numéro personnel et aurait pu l'appeler. Netanyahou a par ailleurs reconnu qu'un avion égyptien avait atterri en Israël en septembre 2023, tout en continuant de nier avoir rencontré le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel ou avoir reçu un avertissement direct de sa part. Le député du Likoud Boaz Bismuth a de son côté dénoncé une campagne médiatique visant à affaiblir le Premier ministre, évoquant aussi la publication contestée de messages privés de son conseiller Yonatan Urich.

Réactions politiques à dix jours du vote

Les rivaux de Netanyahou ont immédiatement saisi l'occasion. Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal challenger du Premier ministre, a estimé que « Netanyahou a été averti et n'a pas agi » et qu'il ne le laisserait pas « échapper à la vérité ». Yair Lapid a jugé que Netanyahou « ne peut plus prétendre qu'il ne savait pas », tandis que Yair Golan, du parti Hadémocratim, a parlé d'une responsabilité « directe et claire » dans ce qu'il appelle le pire massacre de l'histoire d'Israël. Plusieurs responsables de l'époque, dont Bar lui-même, le chef d'état-major Herzi Halevi, l'ex-ministre de la Défense Yoav Gallant et l'ex-chef du renseignement militaire Aharon Haliva, ont déjà assumé leur part de responsabilité et quitté leurs fonctions. Netanyahou, lui, continue de s'opposer à la création d'une commission d'enquête d'État, qu'il juge partiale puisque nommée par la présidence de la Cour suprême. La procédure judiciaire lancée par Bar et le scrutin du 27 octobre devraient maintenir ce dossier au centre du débat public dans les prochains jours.

Questions fréquentes

Pourquoi Ronen Bar poursuit-il Netanyahou en justice ?
L'ancien chef du Shin Bet l'accuse de diffamation après un message sur X affirmant qu'il savait, dans les heures précédant le 7 octobre, et avait choisi de ne pas réveiller le Premier ministre.
Pourquoi n'existe-t-il pas de commission d'enquête d'État sur le 7 octobre ?
Netanyahou s'y oppose, estimant qu'une commission nommée par la présidence de la Cour suprême, comme le veut la tradition israélienne, serait partiale et ne jouirait pas de la confiance du public.
Quand ont lieu les élections israéliennes et quel rôle joue ce dossier ?
Le scrutin est prévu le 27 octobre 2026. La question des responsabilités du 7 octobre est devenue un axe d'attaque central des opposants à Netanyahou, dont Eisenkot, Lapid et Golan.

Dossiers Le 7 octobre et les otages · Élections israéliennes 2026

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