Yom Kippour 2026 : le premier Grand Pardon avec tous les otages de retour

À l'approche de Yom Kippour 5787, les derniers otages libérés de Gaza vivent pour la première fois le Grand Pardon entourés de leurs proches. Keith et Aviva Siegel racontent au Jerusalem Post comment leur captivité a transformé leur rapport au jeûne et à la foi, tandis qu'une nouvelle enquête de l'Israel Democracy Institute précise l'ampleur de la pratique religieuse en Israël.

3 min de lecture327 vuesPar la rédaction
Yom Kippour 2026 : comment le 7 octobre a transformé la foi des Israéliens
Photo : Zioness on the Border · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le jour du Grand Pardon prend un relief particulier en 2026 : c'est la première fois depuis l'attaque du 7 octobre 2023 que tous les otages libérés de Gaza célèbrent Yom Kippour entourés de leurs familles. Parmi eux, Keith et Aviva Siegel, retenus respectivement 484 et 51 jours dans la bande de Gaza après leur enlèvement au kibboutz Kfar Aza, racontent au Jerusalem Post un rapport à la fête profondément remodelé par leur captivité.

Le premier Grand Pardon depuis le retour de tous les otages

Aviva Siegel explique qu'elle ne jeûnera pas cette année, comme elle l'avait décidé dès sa libération. « J'ai été punie, cela suffit, je ne mérite pas d'avoir faim à nouveau », confie-t-elle au quotidien. L'an dernier, alors que vingt otages restaient détenus, elle se demandait encore si elle devait jeûner par solidarité ; cette année, dit-elle, ces questions se sont apaisées depuis que tout le monde est rentré. Son mari Keith distingue désormais nettement le jeûne volontaire de la privation subie en captivité : « Jeûner et être affamé sont deux choses totalement différentes », affirme-t-il, ajoutant que sa foi s'est affermie face aux tentatives de ses ravisseurs de le convertir à l'islam. Le couple, installé près de ses enfants et petits-enfants à Gazit, consacre désormais une partie de son temps à l'association 255, qui accompagne les anciens otages et leurs familles.

Une religiosité renforcée depuis l'attaque du 7 octobre

D'autres survivants avaient déjà témoigné d'un rapport transformé à la tradition. Adele Raemer, habitante laïque du kibboutz Nirim où cinq membres de sa communauté ont été tués et cinq enlevés le 7 octobre 2023, raconte avoir récité spontanément la Birkat Hagomel, la prière de délivrance, dès son évacuation vers Eilat. Eliya Cohen, détenu plus de 500 jours dans les tunnels du Hamas, a tenu la promesse faite en captivité de proclamer le Shema Yisrael devant les invités de son mariage. Agam Berger a évoqué le maintien du Chabbat durant sa détention, et Daniella Gilboa a raconté avoir chanté en arabe le « Shalom Aleichem ». Plusieurs rabbins, dont Haviva Ner David au kibboutz Hanaton, signalent depuis l'attaque une hausse des démarches de conversion parmi des conjoints non juifs installés de longue date en Israël.

Ce que confirme la nouvelle enquête de l'Israel Democracy Institute

Une enquête menée en juillet et août 2026 par l'Israel Democracy Institute auprès de plus de mille répondants juifs précise l'ampleur du phénomène : 74 % des Israéliens juifs jeûnent à Yom Kippour, dont 63 % intégralement et 11 % partiellement, et 57 % participent aux prières de la journée. La pratique varie fortement selon les groupes : 47 % seulement des Israéliens laïcs jeûnent, contre 90 % des traditionalistes non pratiquants et près de 98 % des religieux et des ultra-orthodoxes. Les juifs mizrahis jeûnent davantage, à 81 % pleinement, que les ashkénazes, à peine plus de la moitié. Pour 18 % des Israéliens juifs, la synagogue de Yom Kippour reste la seule visite de l'année.

Horaires du jeûne et recommandations pratiques

Le jeûne débute à Jérusalem vers 17h59 pour s'achever le lendemain vers 19h14 ; à Tel-Aviv, il commence près de 18h18 et se termine autour de 19h16, selon Israel Hayom. Cinq interdits traditionnels rythment la journée : manger et boire, se laver, s'oindre, porter du cuir et avoir des relations conjugales, dans des synagogues où le blanc reste la couleur de rigueur. La diététicienne Veronika Meisler, citée par Israel Hayom, conseille un repas équilibré plutôt qu'abondant avant le jeûne, et une reprise progressive après la rupture, en commençant par de l'eau puis un aliment léger associant glucides et protéines, plutôt que par une accumulation de sucreries.

À l'approche du 10 Tishri, synagogues et communautés, notamment celles proches de Gaza qui multiplient les offices alternatifs depuis l'attaque, s'attendent à un afflux de fidèles plus large que les années précédentes.

Questions fréquentes

Pourquoi Aviva Siegel a-t-elle décidé de ne plus jeûner à Yom Kippour ?
Elle estime avoir déjà été suffisamment punie par ses 51 jours de captivité à Gaza et ne veut plus s'imposer de privation supplémentaire.
Quelle proportion des Israéliens juifs jeûne à Yom Kippour selon la nouvelle enquête ?
Selon l'Israel Democracy Institute, 74 % jeûnent, dont 63 % intégralement et 11 % partiellement, et 57 % participent aux prières.
À quelle heure débute et se termine le jeûne à Jérusalem et Tel-Aviv ?
À Jérusalem, il débute vers 17h59 et se termine vers 19h14 le lendemain ; à Tel-Aviv, de 18h18 à environ 19h16, selon Israel Hayom.

Dossier Le 7 octobre et les otages

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