Trois ans après le 7 octobre : recueillement et appel à une commission d’enquête
Trois ans après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, Israël a commémoré ses morts, ses blessés et ses otages. Des familles de victimes, comme celle du colonel Asaf Hamami, réclament une commission d’enquête indépendante sur les défaillances qui ont précédé l’attaque. Aux États-Unis, l’ancien conseiller de Joe Biden Brett McGurk confirme dans un livre que Washington n’avait reçu aucun avertissement.

Trois ans jour pour jour après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, Israël a commémoré ses morts, ses blessés et ses otages. Dans tout le pays, des cérémonies de recueillement se sont tenues, des cimetières militaires aux localités frontalières de Gaza ravagées ce jour-là. Au-delà du deuil partagé, la société israélienne reste divisée sur les responsabilités de l’échec sécuritaire qui a précédé l’attaque.
Les familles réclament une commission d’enquête indépendante
Dans une tribune publiée par le Jerusalem Post, Clara Hamami, mère du colonel Asaf Hamami, commandant de la brigade sud tombé au combat puis retenu 758 jours à Gaza avant que sa dépouille ne soit restituée, appelle à la création d’une commission d’enquête. Elle réclame un organe « indépendant, professionnel et accepté par tous », capable d’examiner « qui savait, qui n’a pas écouté, qui porte la responsabilité », sans devenir un instrument partisan au service de la coalition ou de l’opposition. « Sans vérité, il n’y a pas de guérison », écrit-elle, trois ans après avoir vu son fils partir au combat « sans demander qui était de droite ou de gauche ».
Le Shin Bet accusé d’avoir su avant l’attaque
La question des responsabilités a été relancée par l’entretien accordé à la chaîne 12 par Mira Shoshani, l’une des plus hautes responsables du Shin Bet le 7 octobre 2023. Décryptant cet entretien pour le podcast « Zavit Yeshara » du site Mida, l’ancien cadre supérieur du service Micha Kobi affirme qu’« il n’y a eu aucune erreur de calcul » mais une absence de transmission de l’information. Selon lui, le Shin Bet savait que des cartes SIM israéliennes avaient été distribuées à des membres du Hamas, que des exercices d’invasion étaient répétés près de la barrière, et que les guetteuses postées à la frontière ont imploré du secours pendant des heures avant d’être tuées. Il met en cause l’ancien chef du service, Ronen Bar, accusé de ne pas avoir alerté le Premier ministre ni les festivaliers de Nova malgré une évaluation de situation tenue à quatre heures du matin. Ces affirmations, qui n’ont pas été vérifiées de manière indépendante, devront être confrontées aux conclusions d’une éventuelle commission d’enquête.
Washington confirme n’avoir reçu aucune alerte
Côté américain, l’ancien coordinateur de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orient Brett McGurk, auteur du livre Brink consacré à la crise des otages, affirme que le renseignement américain n’avait « aucun avertissement » avant l’attaque, pas plus que les Israéliens ne leur en avaient transmis un. Il appelle Israël à mener la même introspection institutionnelle que les États-Unis après les attentats du 11-Septembre, via « une commission d’enquête qui détermine ce qui a été manqué ». L’éditorialiste Jonathan Tobin, dans JNS, estime pour sa part que trois ans après, Israël et ses soutiens doivent cesser de chercher la compréhension d’une opinion internationale selon lui acquise d’avance aux accusations portées contre l’État juif, et miser plutôt sur la force et la fermeté.
La suite : l’attente d’une commission d’enquête
Trois ans après l’attaque, aucune commission d’enquête nationale n’a encore été constituée en Israël. Le débat porte désormais sur sa composition, son mandat et l’identité de ceux qui la dirigeront, entre exigences des familles endeuillées, pressions de l’opposition et réticences du gouvernement. Les familles de victimes, comme Clara Hamami, réclament que ses travaux débutent « sans plus attendre ».
Questions fréquentes
- Pourquoi aucune commission d’enquête n’a-t-elle encore été créée en Israël ?
- Trois ans après l’attaque, le débat porte sur qui doit la diriger et selon quelles modalités, entre gouvernement, opposition et familles de victimes, sans consensus trouvé à ce jour.
- Que révèle le livre de Brett McGurk sur le renseignement américain ?
- L’ancien conseiller de Joe Biden affirme que les services américains n’avaient reçu aucun avertissement avant le 7 octobre 2023, et que les Israéliens leur avaient indiqué n’en avoir reçu aucun non plus.
- Qui était le colonel Asaf Hamami ?
- Commandant de la brigade sud de Tsahal, il a été tué au combat le 7 octobre 2023 puis retenu à Gaza ; sa dépouille a été restituée 758 jours plus tard.
Dossier Le 7 octobre et les otages




