Herzi Halevi affirme qu'aucune trahison interne n'explique le 7 octobre
S'exprimant pour la première fois en public depuis sa démission, l'ancien chef d'état-major de Tsahal Herzi Halevi a qualifié le 7 octobre d'« échec qu'il était possible d'éviter », tout en écartant catégoriquement toute complicité interne avec le Hamas. Il a réclamé une enquête approfondie sur les défaillances sécuritaires qui ont permis l'attaque.

Herzi Halevi, qui dirigeait l'armée israélienne au moment de l'attaque du 7 octobre 2023, a pris la parole dimanche lors de la conférence Rage Against the Hate organisée par l'association juridique Shurat HaDin, au Museum of Jewish Heritage de New York. C'était sa première intervention publique depuis sa démission en mars 2025. « Le 7 octobre a été un échec qui aurait pu être évité, mais il n'y a eu absolument aucune trahison interne », a-t-il déclaré, appelant les dirigeants politiques du pays à « l'affirmer clairement et sans ambiguïté ».
Un échec évitable, pas une trahison
L'ancien chef d'état-major a affirmé pouvoir décrire « dans le moindre détail » le déroulement de l'attaque, mais a jugé inconcevable que des collègues cumulant des décennies de service militaire aient pu aider le Hamas. Selon lui, une telle collaboration aurait nécessité « non pas un seul complice, mais tout un réseau », et aucune personne de ce type n'a été identifiée après trois ans. Herzi Halevi a également reconnu que l'establishment sécuritaire israélien, armée comme Shin Bet, avait classé la menace du Hamas derrière celles posées par l'Iran et le Hezbollah, convaincu que le mouvement terroriste ne cherchait pas une guerre d'ampleur mais voulait démontrer sa capacité à gouverner Gaza. « Le Hamas a investi des efforts considérables pour nous conduire à cette évaluation », a-t-il affirmé, ajoutant que Yahya Sinwar, tué par Tsahal le 16 octobre 2024, avait « tout fait » pour surprendre Israël et déclencher un conflit régional plus large.
Une commission d'enquête d'État réclamée
Herzi Halevi a demandé la création d'une commission d'enquête d'État sur les failles ayant permis l'attaque, estimant qu'Israël doit « regarder l'échec en face pour pouvoir corriger les choses ». Il a évoqué la photographie de Shiri Bibas, dont le regard effrayé illustre, selon lui, l'incapacité à intervenir à temps. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou s'oppose depuis plusieurs mois à une commission dont les membres seraient désignés par le président de la Cour suprême, qu'il juge défavorable à son gouvernement. Son exécutif a tenté de faire adopter une loi instaurant une commission nommée par un processus politique, sans succès avant les élections du 27 octobre. Des dirigeants de l'opposition, parmi lesquels Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Yair Golan et Avigdor Liberman, avaient fait de cette commission une promesse centrale de campagne.
La suite : un délai fixé par la justice
La Haute Cour de justice a donné au gouvernement jusqu'au 15 janvier 2027 pour préciser la méthode retenue afin d'enquêter sur les défaillances du 7 octobre. Herzi Halevi, qui avait écrit dans sa lettre de démission que « l'armée sous mon commandement a échoué dans sa mission de protéger les citoyens d'Israël », a par ailleurs défendu la décision d'avoir lancé une offensive terrestre à Gaza, estimant qu'elle a permis d'exercer une pression militaire indispensable au retour des otages. Il a toutefois reconnu des erreurs, dont des frappes ayant involontairement causé la mort d'otages, assurant que Tsahal avait depuis amélioré sa capacité à localiser précisément les captifs.
Questions fréquentes
- Qui est Herzi Halevi ?
- Il était chef d'état-major de Tsahal au moment de l'attaque du 7 octobre 2023 et a démissionné de ses fonctions en mars 2025.
- Pourquoi Netanyahou refuse-t-il une commission d'enquête d'État ?
- Il estime qu'une commission dont les membres seraient nommés par le président de la Cour suprême serait biaisée contre son gouvernement.
- Quelle est la prochaine échéance sur ce dossier ?
- La Haute Cour de justice a fixé au 15 janvier 2027 la date limite pour que le gouvernement précise sa méthode d'enquête sur les défaillances du 7 octobre.
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