Un ex-agent du Mossad impliqué dans la fuite du fils de Bolsonaro, selon une enquête

Le sénateur brésilien Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, a quitté le Brésil pour les États-Unis malgré une interdiction judiciaire de sortie du territoire. Selon une enquête des autorités brésiliennes révélée par CNN Brasil, un ancien agent du Mossad naturalisé américain a accompagné l'opération, menée avec des soutiens en Argentine et aux États-Unis.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Un ex-agent du Mossad impliqué dans la fuite du fils de Bolsonaro, selon une enquête
Photo : Agência Senado · Attribution · Wikimedia Commons

L'affaire a éclaté deux jours après la défaite de Flávio Bolsonaro face au président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, le 25 octobre. Selon l'enquête brésilienne, le sénateur a quitté Brasilia par la route pour rejoindre la frontière argentine, où deux fourgonnettes ont franchi le pont Tancredo Neves, entre Foz do Iguaçu et Puerto Iguazú. Les conducteurs, identifiés par les enquêteurs grâce aux caméras de surveillance, sont un ancien conseiller municipal de Foz do Iguaçu et son fils. Après la frontière, la famille a embarqué à bord d'un jet Gulfstream G400 affrété par la compagnie argentine Baires Fly, avec une escale de ravitaillement en Équateur avant d'atterrir près de Miami.

Un ancien du Mossad au cœur du dispositif

D'après les informations rapportées par CNN Brasil et reprises par le Jerusalem Post, un ancien agent du Mossad, devenu citoyen américain naturalisé, est arrivé au Brésil le 19 octobre, six jours avant le second tour. Il a voyagé dans le même véhicule que Flávio Bolsonaro jusqu'à la frontière et serait resté à ses côtés lors du passage. Son identité n'a pas été révélée et aucune source ne fait état d'un lien officiel avec l'État d'Israël ou avec le Mossad en activité : il s'agit, selon les éléments publiés, d'un ancien agent agissant comme intermédiaire privé, au même titre que d'autres soutiens américains et argentins cités dans l'enquête, comme le stratège Jason Miller, proche de Donald Trump, ou Santiago Caputo, conseiller du président argentin Javier Milei.

Une crise diplomatique entre trois pays

Après sa défaite électorale, le sénateur avait vu ses passeports saisis sur décision du juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qui lui interdisait de quitter le Brésil. Il fait l'objet d'enquêtes pour blanchiment d'argent, notamment liées à des plateformes de paris et au financement d'un film consacré à son père, des accusations non tranchées par la justice. Le gouvernement brésilien a qualifié l'opération de « sauvetage » international planifié avant même le second tour, baptisé en interne « opération Alba », et a convoqué la représentante argentine pour obtenir des explications sur une éventuelle implication de l'administration Milei. Aux États-Unis, vingt-cinq élus démocrates ont demandé à l'administration Trump de préciser si des moyens diplomatiques américains avaient servi à cette fuite.

Plusieurs versions se sont contredites dans les premières heures. Le porte-parole de Javier Milei avait d'abord nié toute entrée de Bolsonaro sur le sol argentin, avant que des proches du sénateur ne confirment son départ avec son épouse et leurs deux filles. Le sénateur lui-même avait affirmé, dans une vidéo diffusée avant son départ, qu'il n'envisageait pas de quitter le pays. La police fédérale brésilienne dit n'avoir trouvé aucune trace officielle de sa sortie par les postes-frontières et a précisé qu'un simple voyage aux États-Unis ne constitue pas, en soi, une fuite justifiant une arrestation.

La police fédérale brésilienne envisage désormais de demander à la Cour suprême le gel des avoirs et comptes bancaires de Flávio Bolsonaro, tandis que le ministère de la Justice attend un rapport complet avant de statuer sur la suite de la procédure.

Questions fréquentes

Qui est l'ancien agent du Mossad cité dans l'affaire ?
Son identité n'a pas été révélée. Il s'agit, selon l'enquête brésilienne, d'un ancien agent du renseignement israélien naturalisé citoyen américain, qui aurait accompagné Flávio Bolsonaro jusqu'à la frontière argentine.
Israël est-il officiellement impliqué dans cette opération ?
Aucune source ne fait état d'un lien entre l'État d'Israël ou le Mossad en activité et cette opération. Il s'agirait d'une démarche privée d'un ancien agent, aux côtés de soutiens argentins et américains.
Que risque Flávio Bolsonaro désormais ?
La police fédérale brésilienne envisage de demander à la Cour suprême le gel de ses avoirs et comptes bancaires, dans l'attente d'un rapport complet sur les circonstances de son départ.

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