Soudan : l'armée arrête Ahmed Haroun, ex-dirigeant islamiste recherché par la CPI
L'armée soudanaise a arrêté dimanche Ahmed Haroun, ancien président du Parti du Congrès national et figure du régime islamiste déchu, recherché depuis des années par la Cour pénale internationale. L'information, révélée par des responsables du parti à Reuters, marque un développement politique majeur dans un pays toujours en proie à la guerre civile.

L'armée soudanaise a procédé à l'arrestation d'Ahmed Haroun, dirigeant islamiste et président du Parti du Congrès national (NCP), l'ancienne formation au pouvoir sous Omar el-Béchir. L'information a été confirmée dimanche par deux responsables du parti à l'agence Reuters. Haroun est recherché par la Cour pénale internationale (CPI), qui a émis un mandat d'arrêt à son encontre.
Un ancien pilier du régime déchu
Ahmed Haroun a occupé des fonctions importantes sous le régime d'Omar el-Béchir, renversé en 2019. Il a notamment été gouverneur de l'État du Kordofan-Sud, une région régulièrement secouée par des violences. Son parcours politique l'a conduit à la présidence du NCP, le parti unique qui a dominé la vie politique soudanaise pendant des décennies.
Son arrestation intervient dans un contexte soudanais toujours marqué par l'instabilité, deux ans après le déclenchement d'une guerre civile opposant l'armée soudanaise aux forces paramilitaires rivales. Les détails précis des circonstances de son interpellation n'ont pas été communiqués, l'information restant, au moment de sa publication, encore en développement.
Pourquoi cette arrestation intéresse Israël
Le Soudan figure parmi les pays arabes ayant amorcé, en 2020, un processus de normalisation de leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham, avant que la guerre civile ne vienne compliquer ce rapprochement. L'évolution politique interne du pays, y compris le sort réservé aux figures de l'ancien régime islamiste, est suivie avec attention par les chancelleries régionales, Israël inclus, dans la mesure où elle conditionne la stabilité d'un partenaire potentiel sur le flanc sud de la mer Rouge.
La chute ou la mise à l'écart de cadres historiques du NCP, parti aux accents islamistes assumés, est également scrutée comme un indicateur de l'orientation future du pouvoir à Khartoum, entre tentation de restauration autoritaire et ouverture vers de nouveaux équilibres régionaux.
Ce que l'on ignore encore
À ce stade, ni l'armée soudanaise ni les autorités judiciaires n'ont publié de communiqué officiel détaillant les motifs précis de cette arrestation ni le sort judiciaire réservé à Ahmed Haroun. La question d'un éventuel transfert vers la CPI, qui réclame sa comparution depuis plusieurs années, reste posée. Les prochaines heures devraient apporter des précisions sur la procédure engagée par les autorités soudanaises et sur une possible réaction de la Cour de La Haye.
Questions fréquentes
- Qui est Ahmed Haroun ?
- Il est l'ancien président du Parti du Congrès national (NCP), l'ex-parti unique au pouvoir sous Omar el-Béchir, et a notamment été gouverneur du Kordofan-Sud.
- Pourquoi est-il recherché par la CPI ?
- Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, sans que les sources disponibles ne précisent les charges exactes retenues contre lui.
- Ce développement concerne-t-il Israël ?
- Le Soudan avait amorcé en 2020 un rapprochement avec Israël via les accords d'Abraham ; l'évolution politique interne du pays est suivie à ce titre par les observateurs régionaux.



