Sami Abou Shehadeh se retire de la course à la Knesset avant les élections du 27 octobre
Le président du parti Balad, Sami Abou Shehadeh, a annoncé son retrait de la course à la Knesset le 2 octobre, après qu'une majorité des neuf juges de la Cour suprême s'est dite prête à valider sa disqualification. Sa décision, prise à la demande des juges eux-mêmes, intervient trois semaines avant le scrutin du 27 octobre et met fin à l'une des quatre procédures de disqualification examinées cette semaine à Jérusalem.

Numéro trois de la Liste unifiée, qui rassemble Hadash, Ta'al et Balad, Sami Abou Shehadeh a remis vendredi matin une lettre de démission irrévocable à la Commission centrale des élections. Son retrait fait suite à une audience tenue la veille devant un panel de neuf juges de la Cour suprême, au cours de laquelle le président de la Cour, Yitzhak Amit, lui a suggéré de renoncer à sa candidature plutôt que de voir les juges trancher formellement son cas.
Une majorité de juges prête à la disqualification
La Commission centrale des élections avait voté la semaine précédente, par 31 voix contre 4, en faveur de la disqualification d'Abou Shehadeh, le président de la commission, le juge Noam Sohlberg, s'étant lui-même joint à la majorité. La demande, déposée par le ministre Itamar Ben Gvir et son parti Otzma Yehudit, s'appuyait sur l'article 7A de la Loi fondamentale sur la Knesset, qui permet d'écarter un candidat soutenant la lutte armée contre Israël. Devant la Cour, l'avocate du gouvernement Gali Baharav-Miara et le procureur de l'État Amit Aisman ont demandé la disqualification sur ce seul motif.
Un article d'octobre 2023 au cœur de l'affaire
Le dossier reposait sur un texte publié le 8 octobre 2023, qu'Abou Shehadeh dit avoir rédigé la veille, pendant que l'attaque du Hamas se déroulait encore. Il y qualifiait l'offensive d'« événement d'importance militaire, politique et stratégique » et évoquait ses éventuels « fruits » politiques. Interrogé par les juges, Abou Shehadeh a reconnu que certains passages étaient mal formulés : « L'article contient des choses qui étaient fausses. Je ne les dirais pas aujourd'hui et je n'aurais pas dû les écrire ainsi », a-t-il déclaré, ajoutant : « Je n'ai jamais appelé à la violence et je ne le ferai jamais. » Le président Amit a indiqué que les neuf juges jugeaient unanimement ses propos « douloureux, scandaleux et répugnants », mais restaient divisés sur la portée juridique à leur donner. Une majorité s'orientait néanmoins vers la disqualification, ce qui a conduit l'ensemble du panel à recommander le retrait plutôt qu'un jugement motivé.
Les autres listes arabes maintenues sur les bulletins
La Cour a par ailleurs rejeté, par 7 voix contre 2, la demande de disqualification visant le député Ofer Cassif, et validé à l'unanimité les recours de la Liste unifiée et du parti Ra'am, écartant les décisions de la commission électorale à leur encontre. Abou Shehadeh reste ainsi le seul des quatre candidats ou listes visés à être effectivement retiré du scrutin. L'organisation Adalah, qui défendait les quatre dossiers, a dénoncé des accusations reposant sur des « preuves anciennes, hors sujet ou déformées » et qualifié le retrait d'Abou Shehadeh d'éviction « injuste » et « sans précédent ».
Des réactions politiques contrastées
Le ministre Itamar Ben Gvir, à l'origine de la demande contre Abou Shehadeh, a revendiqué une victoire tout en regrettant l'absence de jugement formel : « Nous l'avions promis, nous l'avons fait », a-t-il écrit, avant d'ajouter que son parti continuerait de combattre les soutiens du terrorisme candidats à la Knesset. Le président du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, a vivement critiqué le président de la Cour, l'accusant de vouloir éviter d'écrire un jugement établissant un précédent. À l'inverse, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar!, a ironisé sur la réaction du Likoud face à ce retrait. La Liste unifiée se présentera donc aux élections du 27 octobre sans son troisième candidat, dans un climat où les procédures de disqualification, même rejetées par la Cour, ont ravivé les craintes d'un effet dissuasif sur l'électorat arabe.
Questions fréquentes
- Pourquoi Sami Abou Shehadeh s'est-il retiré de la course à la Knesset ?
- Une majorité des neuf juges de la Cour suprême s'orientait vers la validation de sa disqualification, fondée sur un article publié en octobre 2023 jugé contraire à l'article 7A de la Loi fondamentale sur la Knesset. Les juges lui ont recommandé de se retirer plutôt que de faire l'objet d'un jugement formel.
- Les autres listes arabes participent-elles toujours aux élections du 27 octobre ?
- Oui. La Cour suprême a validé à l'unanimité les recours de la Liste unifiée et du parti Ra'am, et a rejeté par 7 voix contre 2 la demande de disqualification visant le député Ofer Cassif.
- Qui avait demandé la disqualification de Sami Abou Shehadeh ?
- La demande émanait du parti Otzma Yehudit et de son chef, le ministre Itamar Ben Gvir, et avait été approuvée par la Commission centrale des élections par 31 voix contre 4.
Dossier Élections israéliennes 2026





