Midterms américaines : les démocrates reprennent le Congrès, inquiétude pour le soutien à Israël
Les démocrates ont remporté la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat lors des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, infligeant à Donald Trump une défaite d'une ampleur inhabituelle. Ce basculement, effectif le 3 janvier 2027, place Hakeem Jeffries et Chuck Schumer à la tête d'un Congrès où l'aile progressiste, plus critique envers Israël, gagne du terrain. À Jérusalem, la question centrale devient la capacité de Donald Trump à continuer de soutenir Israël face à un Congrès hostile.

Le raz-de-marée démocrate dépasse les pronostics. Les démocrates ont décroché au moins 235 sièges à la Chambre des représentants, largement au-dessus des 218 nécessaires, et ont retourné au moins six sièges au Sénat, y compris dans des bastions républicains comme le Texas, le Kansas et la Caroline du Sud. Au Kansas, un démocrate n'avait pas remporté de siège sénatorial depuis 94 ans ; au Texas, depuis 38 ans. Le nouveau Congrès entrera en fonction le 3 janvier 2027, inaugurant une période de gouvernement divisé entre une Maison-Blanche républicaine et un Congrès démocrate.
Donald Trump a dit accepter le résultat, assurant qu'il « travaillerait » avec les démocrates. Mais la perte du Sénat prive son administration du contrôle sur la confirmation des nominations, des secrétaires d'État aux juges fédéraux, en passant par les hauts responsables militaires. Le représentant démocrate Robert Garcia, pressenti pour présider la commission de contrôle de la Chambre, a d'ores et déjà lancé un avertissement à l'administration : « Lawyer up » (prenez un avocat).
Jeffries et Schumer, alliés traditionnels d'Israël sous pression
Hakeem Jeffries, en passe de devenir le premier président noir de la Chambre, et Chuck Schumer, qui devrait retrouver la direction de la majorité sénatoriale, comptent parmi les soutiens les plus constants d'Israël au sein du Parti démocrate. Tous deux ont voté contre les tentatives législatives de restreindre les ventes d'armes à Israël, notamment une résolution d'avril visant à bloquer la livraison de bulldozers D-9 et de bombes de 1 000 livres, à laquelle seuls sept sénateurs démocrates s'étaient opposés, dont Schumer.
Mais leur marge de manœuvre se réduit. La nouvelle Chambre comptera au moins cinq élus se revendiquant des Democratic Socialists of America, dont la représentante new-yorkaise Darializa Avila Chevalier, qui a déclaré que « mettre fin à l'aide militaire ne suffit pas » et exige du futur speaker qu'il s'engage à bloquer les armements offensifs vers Israël. Jeffries devra composer avec cette aile sans perdre le soutien de ses collègues modérés, alors que les groupes pro-israéliens figurent parmi ses principaux donateurs de campagne.
La guerre contre l'Iran, nouveau terrain d'affrontement avec le Congrès
La poursuite des opérations militaires américaines contre l'Iran pourrait devenir le principal point de friction. En vertu de la loi sur les pouvoirs de guerre de 1973, l'engagement militaire américain doit en principe cesser après 60 jours sans autorisation du Congrès, avec une prolongation possible de 30 jours. Les démocrates, qui ont inscrit la fin de ce conflit dans leur plan pour les cent premiers jours, pourront voter des restrictions, que Donald Trump pourra néanmoins mettre son veto.
Parallèlement, l'annonce par Donald Trump de la fin de l'aide militaire américaine à Israël à partir de la fin de l'année, confirmée avant même le scrutin, s'accompagne d'un constat plus large : le soutien bipartisan à Israël s'érode des deux côtés de l'échiquier. Le lobby AIPAC, qui a investi des centaines de millions de dollars dans les campagnes ces dernières années, voit malgré tout croître le nombre d'élus critiques d'Israël au Congrès. Le sénateur John Fetterman, farouche défenseur d'Israël au sein du camp démocrate, perd par ailleurs le poids qu'il aurait eu dans une majorité plus étroite, les démocrates n'ayant plus besoin de sa voix pour gouverner.
Pour Israël, la priorité sera désormais de consolider ses soutiens dans les deux partis, à l'heure où plusieurs figures démocrates en vue, réélues mardi avec de larges majorités, se montrent critiques envers le gouvernement de Benyamin Netanyahou. La prise de fonction du nouveau Congrès, le 3 janvier 2027, et l'élection du nouveau speaker dans la foulée, donneront une première indication de l'équilibre réel des forces à Washington.
Questions fréquentes
- Quand le nouveau Congrès démocrate entre-t-il en fonction ?
- Le changement de majorité prend effet le 3 janvier 2027, date d'installation de la nouvelle Chambre et du nouveau Sénat.
- L'aide militaire américaine à Israël est-elle menacée par ce résultat ?
- Donald Trump a annoncé avant le scrutin la fin de l'aide militaire américaine à Israël à partir de la fin de l'année. Les ventes d'armes restent en revanche soumises au contrôle du Congrès, désormais démocrate.
- Qui dirigera la Chambre des représentants ?
- Hakeem Jeffries, élu de New York et soutien traditionnel d'Israël, est pressenti pour devenir speaker, sous réserve du vote de son groupe parlementaire.



