Macron à l'ONU : Israël dénonce l'effacement du terrorisme en Judée-Samarie
Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Emmanuel Macron a affirmé que le Hamas n'avait jamais sévi dans les territoires de Judée et Samarie. Le bureau de Benyamin Netanyahou, une élue française et des victimes du terrorisme ont dénoncé une contre-vérité, deux jours après l'assassinat d'un père de famille franco-israélien par un terroriste du Hamas dans la région.

Devant la tribune des Nations unies, mardi soir, Emmanuel Macron a évoqué les territoires de Judée et Samarie, « où chaque jour des violations sont commises », avant de lancer : « Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie ! » Le président français y voyait la preuve que la sécurité d'Israël ne pouvait reposer, selon lui, sur la mainmise sur ces territoires. Il a également dénoncé la « violence des colons », selon ses mots, et critiqué ceux qui, à ses yeux, se satisfont d'une paix de façade à Gaza.
Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a immédiatement répliqué, qualifiant la déclaration de « grotesque » et son absurdité de « stupéfiante ». Il a rappelé que, deux jours avant le discours, veille de Yom Kippour, un ressortissant franco-israélien père de six enfants avait été abattu dans sa voiture par un terroriste du Hamas dans la région, disant à son fils de fuir avant de mourir. « Les terroristes du Hamas mènent des attaques contre des Juifs presque chaque jour. L'ignorance n'est pas une excuse pour effacer leur sang », a affirmé le bureau du Premier ministre.
Les faits contestés sur le terrain
Plusieurs éléments viennent contredire la formule présidentielle. Les Brigades Al-Qassam, branche armée du Hamas, ont elles-mêmes revendiqué à plusieurs reprises des opérations menées depuis les territoires de Judée et Samarie, notamment via leur « bataillon de Tulkarem » ou l'enlèvement, en 2014, de trois adolescents à Hévron. L'Autorité palestinienne, dominée par le Fatah, a par ailleurs mené sa propre répression contre le mouvement : en 2015, elle a arrêté plus de 250 de ses membres, affirmant avoir déjoué des projets d'enlèvements et d'assassinats pilotés par un « bureau Cisjordanie » du Hamas, selon la formule de son porte-parole sécuritaire.
Le Conseil de l'Union européenne a de son côté sanctionné, en juin 2024, Maher Rebhi Obeid, un responsable du bureau politique du Hamas, présenté comme chargé de diriger les opérateurs terroristes du mouvement dans ces territoires. Le département du Trésor américain avait détaillé, quelques mois plus tôt, les circuits financiers utilisés par l'organisation pour y transférer des fonds destinés au recrutement et à l'achat d'armes. Après la polémique, un diplomate français a précisé au Times of Israel que le président voulait dire que le Hamas ne gouverne pas ces territoires, sans nier toute activité.
Une riposte israélienne unanime
Shai Maimon, blessé lors d'un attentat en 2015 qui avait coûté la vie à son ami Malachi Rosenfeld, a confié à JNS que nier la présence du Hamas dans la région revenait à « nier que le soleil se lèvera demain ». Il a rappelé que le commandant à l'origine de l'attaque qui l'a visé avait été libéré lors de l'échange Shalit en 2011, avant d'organiser à distance, depuis son exil en Jordanie, l'opération de 2015. Il a également relevé que Mahmoud Abbas refuse depuis vingt ans d'organiser des élections, précisément parce qu'il connaît la force du Hamas sur ce territoire.
En France, la députée des Français établis en Israël Caroline Yadan a dénoncé une « contre-vérité factuelle et historique », rappelant que le père de famille franco-israélien tué deux jours avant le discours se trouvait aux côtés de son fils de 16 ans au moment des faits. Une éditorialiste israélienne citée par Ynet a de son côté estimé que le président français cherchait avant tout à soigner son bilan diplomatique en fin de mandat, quitte à minimiser la menace terroriste au profit d'une lecture favorable à une solution à deux États.
La suite pour la diplomatie française
La clarification apportée par un diplomate français au Times of Israel n'a pas éteint la controverse, ni à Jérusalem ni à Paris. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a lui aussi haussé le ton lors de cette session, condamnant fermement les massacres du 7 octobre tout en annonçant des restrictions sur les transactions liées aux implantations, notamment autour de la zone E1. Aucune rectification officielle n'a pour l'instant été apportée par l'Élysée sur la formule employée à la tribune de l'ONU, tandis que les tensions entre Paris et Jérusalem, déjà vives depuis l'annonce d'une reconnaissance de la Palestine, restent sans résolution annoncée.
Questions fréquentes
- Que signifie la phrase de Macron contestée par Israël ?
- Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Emmanuel Macron a déclaré que le Hamas n'avait « jamais sévi » dans les territoires de Judée et Samarie, une affirmation que Jérusalem et plusieurs sources qualifient de factuellement inexacte.
- Le Hamas est-il actif en Judée et Samarie ?
- Oui selon plusieurs sources : revendications d'attentats par les Brigades Al-Qassam, sanctions européennes contre un responsable du Hamas chargé de la région, et arrestations menées par l'Autorité palestinienne elle-même contre ses réseaux.
- Comment le bureau de Netanyahou a-t-il réagi ?
- Il a qualifié la déclaration de « grotesque » et rappelé l'assassinat, deux jours avant le discours, d'un père de famille franco-israélien par un terroriste du Hamas dans la région.
Sources : Tribune Juive, Infos Israël News, JNS, Kountrass



