Israël menace de détruire Gaza City si un otage israélien est enlevé

Le ministre de la Défense israélien Israel Katz a averti mardi que Gaza City serait entièrement évacuée et détruite si un soldat ou un civil israélien était enlevé. Cette mise en garde a été formulée lors de la cérémonie commémorative de la guerre du Kippour, au mont Herzl à Jérusalem, 53 ans après le conflit de 1973. Elle intervient alors qu'Israël dit disposer d'informations sur des « intentions » hostiles venant d'Iran et de Turquie.

2 min de lecturePar la rédaction
Israël menace de détruire Gaza City si un otage israélien est enlevé
Photo : ששון תירם. The original uploader was Yarondvash at Hebrew Wikipedia. (Original text: צילום: ששון תירם) · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Israel Katz a choisi la cérémonie du souvenir pour adresser un avertissement sans détour au Hamas et à ses soutiens. « À la lumière de diverses intentions et informations dont nous disposons, j'avertis d'ici l'organisation terroriste et ses soutiens, de l'Iran à Erdoğan », a-t-il déclaré au Mémorial national des soldats tombés au combat, sur le mont Herzl.

Une équation explicite contre tout enlèvement

Le ministre a posé les termes d'une riposte immédiate en cas de rapt. « Si un seul soldat ou civil israélien est enlevé, la ville de Gaza, avec ses maisons et ses tours terroristes, sera évacuée vers le sud avec son million d'habitants », a-t-il affirmé, selon des propos rapportés par Israel Hayom et JNS. Selon lui, la ville subirait alors le même sort que Rafah, Beit Hanoun et la majeure partie de la bande de Gaza, « jusqu'au retour du captif ». Il a résumé sa doctrine en une phrase : « C'est le langage que comprennent les organisations terroristes jihadistes à Gaza et au Liban, et c'est le langage que nous parlons : évacuer la population, détruire les infrastructures, prendre le territoire. »

Gaza sous contrôle militaire, la ligne jaune maintenue

Katz a précisé que Tsahal ne reculerait pas de la « ligne jaune » tant que le Hamas ne serait pas éliminé et la bande de Gaza démilitarisée d'armes et de tunnels. Les sources divergent sur l'étendue exacte du territoire tenu par l'armée israélienne : JNS évoque environ 54 % de la bande de Gaza, tandis que le Jerusalem Post avance un chiffre de 63 %, sans qu'aucune des deux sources ne précise la raison de cet écart. Le ministre a également évoqué les zones de sécurité établies au Liban, en Syrie et à Gaza, vidées de leurs résidents, où l'armée construit des avant-postes et démantèle les infrastructures terroristes, en surface comme sous terre. Il a par ailleurs indiqué qu'Israël pourrait mener une troisième campagne contre l'Iran, après avoir, selon lui, éliminé le guide suprême Khamenei et porté un coup sévère au programme nucléaire iranien.

Une portée juridique et diplomatique déjà commentée

Le Jerusalem Post souligne que cette déclaration, si elle reste populaire en Israël, pourrait compliquer la défense juridique du pays devant la Cour de La Haye, où des accusations de génocide et de crimes de guerre sont examinées, les juges évaluant notamment le respect du principe de proportionnalité. Le quotidien relève aussi que des critiques d'Israël pourraient s'appuyer sur ces propos pour étayer des accusations diffusées récemment dans un documentaire, sans toutefois que ce film ne fournisse, selon le Post, d'éléments concrets précis. Par ailleurs, le « Board of Peace », instance internationale pilotée par les États-Unis, a appelé lundi soir toutes les parties à respecter leurs engagements et à ne pas compromettre le cessez-le-feu, à la veille de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, réclamant démilitarisation, retrait israélien et mise en place d'une administration civile palestinienne technocratique.

La suite dépendra en partie du calendrier américain : l'émissaire Jared Kushner a laissé entendre que l'administration Trump relancerait, après les élections de mi-mandat du 3 novembre, sa pression pour un retrait partiel israélien en échange d'un désarmement partiel du Hamas.

Questions fréquentes

Que signifie la « ligne jaune » évoquée par Israel Katz ?
C'est la ligne de déploiement qui traverse la bande de Gaza du nord au sud, marquant la limite du contrôle militaire actuel de Tsahal, que le ministre refuse de quitter tant que le Hamas n'est pas désarmé.
Quelle part de Gaza est sous contrôle de Tsahal ?
Les sources divergent : JNS évoque environ 54 % de la bande de Gaza, le Jerusalem Post avance 63 %, sans explication de cet écart.
Qu'est-ce que le Board of Peace ?
Une instance internationale pilotée par les États-Unis qui réclame le respect du cessez-le-feu, la démilitarisation de Gaza et un retrait israélien accompagné d'une administration civile palestinienne technocratique.

Sources : Israel Hayom, JNS, The Jerusalem Post

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