Israël et la Jordanie marquent 32 ans de traité de paix malgré des relations tendues
Le ministère israélien des Affaires étrangères a salué, le 26 octobre, les 32 ans du traité de paix signé avec la Jordanie à Wadi Araba. Cet hommage intervient alors que les relations entre Jérusalem et Amman traversent une période de vives tensions diplomatiques.

Le 26 octobre 1994, Yitzhak Rabin et le roi Hussein de Jordanie scellaient à la frontière de Wadi Araba la fin officielle de l'état de guerre entre les deux pays. Trois décennies et deux ans plus tard, la diplomatie israélienne a choisi de commémorer cette date par un message publié sur les réseaux sociaux plutôt que par un communiqué traditionnel, une forme jugée inhabituelle par plusieurs observateurs de la presse israélienne.
Un message qui insiste sur la stabilité régionale
Dans sa publication, le ministère israélien des Affaires étrangères qualifie l'accord de « jalon historique » ayant permis d'instaurer le dialogue et la coopération entre les deux nations. Il ajoute que ce traité demeure, selon ses propres termes, « une pierre angulaire de la stabilité régionale », particulièrement précieuse en période de turbulences. La Jordanie était devenue, grâce à cet accord, le deuxième pays arabe à nouer des relations diplomatiques formelles avec l'État hébreu, quinze ans après l'Égypte en 1979.
Des relations politiques dégradées depuis le discours du roi Abdallah II
Cet anniversaire se déroule pourtant dans un climat diplomatique dégradé. Le mois précédent, le roi Abdallah II avait accusé, devant l'Assemblée générale des Nations unies, Israël de mener une politique qu'il a qualifiée d'expansionniste, appelant la communauté internationale à envisager sanctions, embargos et isolement diplomatique de l'État hébreu. Le ministère israélien avait vivement répliqué, dénonçant une forme d'hypocrisie et rappelant la décision prise par Amman en 1988 de priver de leur citoyenneté jordanienne les Palestiniens résidant en Judée et Samarie. La Jordanie avait, en signe de protestation, rappelé son ambassadeur en poste en Israël.
Amman s'est également distinguée, ces derniers mois, par des prises de position parmi les plus critiques du monde arabe envers la conduite de la guerre à Gaza, la politique israélienne dans les territoires de Judée et Samarie, ainsi que les développements autour du mont du Temple. Ces diatribes publiques tranchent cependant avec la réalité du terrain : la coopération sécuritaire entre les deux royaumes ne s'est jamais interrompue, y compris lors des attaques par drones et missiles iraniens visant le territoire israélien depuis le 7 octobre 2023.
Une coopération sécuritaire jugée vitale par les deux parties
Cette coexistence entre hostilité rhétorique et coopération discrète illustre la nature particulière du lien entre Jérusalem et Amman depuis trente-deux ans : une relation froide sur le plan politique, mais considérée comme indispensable par les deux gouvernements. Le royaume hachémite partage avec Israël plusieurs centaines de kilomètres de frontière commune, une proximité géographique qui structure depuis 1994 une collaboration étroite sur les enjeux sécuritaires. Cette interdépendance explique pourquoi, malgré les tensions affichées à la tribune de l'ONU et le rappel d'un ambassadeur, aucune des deux capitales n'a jamais remis en question l'existence même de l'accord de paix.
Le message diffusé à l'occasion de ce 32e anniversaire semble ainsi destiné à rappeler que l'architecture de paix bâtie il y a plus de trente ans continue de tenir, même lorsque le dialogue politique entre les deux pays traverse une zone de turbulences. Aucune annonce de rencontre officielle entre responsables israéliens et jordaniens n'a pour l'instant été évoquée pour les prochaines semaines.
Questions fréquentes
- Quand le traité de paix entre Israël et la Jordanie a-t-il été signé ?
- Le 26 octobre 1994, à la frontière de Wadi Araba, par le Premier ministre Yitzhak Rabin et le roi Hussein de Jordanie.
- Pourquoi les relations sont-elles tendues malgré le traité ?
- Le roi Abdallah II a critiqué la politique israélienne devant l'ONU en appelant à des sanctions, ce qui a provoqué une réponse ferme du ministère israélien des Affaires étrangères.
- La coopération sécuritaire entre les deux pays a-t-elle cessé ?
- Non, elle s'est maintenue, y compris lors des tirs de drones et de missiles iraniens contre Israël depuis octobre 2023.



