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Jérusalem rétrograde le consulat britannique en représailles aux sanctions de Londres

Le consulat britannique de Jérusalem, actif depuis près de deux siècles, a cessé ses fonctions jeudi 8 octobre sur décision du ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar. Vingt diplomates britanniques, dont la consule générale, quittent Israël, tandis qu'une équipe réduite de sept personnes reste sur place sous un statut diplomatique restreint. Cette mesure fait suite aux sanctions commerciales et militaires annoncées par Londres contre Israël le 8 septembre.

3 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Jérusalem rétrograde le consulat britannique en représailles aux sanctions de Londres
Photo : Illustration générée par IA

Le gouvernement israélien a mis à exécution jeudi la décision annoncée un mois plus tôt par Gideon Sa'ar : le consulat britannique de Jérusalem, installé dans le quartier de Cheikh Jarrah depuis près de 200 ans, a cessé d'exister en tant que tel. La plaque a été retirée. Vingt diplomates, dont la consule générale, quittent leurs fonctions et quittent Israël.

Les faits : d'une fermeture annoncée à une mission réduite

La crise remonte au 8 septembre, lorsque le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband avait annoncé une interdiction d'importer des produits issus des implantations juives de Judée et Samarie, ainsi qu'un élargissement de la suspension des licences d'exportation de défense vers Israël. Sa'ar avait aussitôt répliqué en annonçant la fermeture du consulat, le retrait des représentants britanniques du centre d'aide internationale pour Gaza à Kiryat Gat, l'arrêt de la formation britannique des forces de l'Autorité palestinienne en Judée et Samarie, et l'interdiction d'entrée en Israël pour douze responsables et citoyens britanniques, dont l'ancien chef travailliste Jeremy Corbyn.

Des discussions menées toute la semaine entre Jérusalem et Londres ont abouti mercredi soir à un compromis. Le bâtiment, propriété du gouvernement britannique, continuera d'accueillir une équipe réduite de sept diplomates sous une nouvelle appellation, « UK Mission, Jerusalem », avec un champ d'activité très limité. Les deux gouvernements ont convenu de poursuivre un dialogue sur les sujets sensibles, sans mesures de rétorsion britanniques tant que ces discussions resteront crédibles.

Réactions croisées entre Jérusalem et Londres

Les deux capitales ne présentent pas la même lecture de l'événement. Sa'ar a insisté sur le fait que le consulat « a mis fin à ses activités » et que les quatre mesures de rétorsion annoncées en septembre ont été intégralement appliquées. « Nous avons établi un principe clair : il n'est pas possible d'agir contre Israël sans qu'Israël ne prenne des mesures de rétorsion appropriées », a-t-il déclaré, ajoutant qu'Israël « ne tournera plus l'autre joue » face aux attaques diplomatiques.

Miliband, de son côté, affirme que Londres « n'accepte pas » le droit légal d'Israël à fermer le consulat et répète la position britannique selon laquelle Jérusalem-Est constitue un « territoire occupé ». Le ministre britannique maintient les sanctions du 8 septembre, les présentant comme coordonnées avec la communauté internationale au service d'une solution à deux États, et promet de reconstruire la présence britannique dans les prochains mois.

Dans un entretien accordé au Jerusalem Post, Sa'ar a haussé le ton, prévenant que « tout État qui agit contre l'État d'Israël doit comprendre que nous prendrons notre revanche » et que le gouvernement travailliste risque de perdre son influence dans la région. Il a dressé la liste des mesures britanniques prises depuis l'arrivée au pouvoir des travaillistes en juillet 2024 : reconnaissance d'un État palestinien en septembre 2025, rétablissement du financement de l'UNRWA, sanctions contre des ministres israéliens, gel des négociations de libre-échange et suspension de la coopération militaire.

La suite : dialogue sous tension et nouvelles ambassades

Sa'ar a précisé qu'un dialogue diplomatique subsiste malgré la crise, tout en se disant peu optimiste sur une inflexion de la politique travailliste. Il a par ailleurs annoncé que la Colombie inaugurera le 14 octobre sa propre ambassade à Jérusalem, la dixième dans la capitale israélienne, et qu'un accord a été conclu avec la République démocratique du Congo pour une onzième. Le ministre a dit espérer que d'autres pays, dont le Brésil, suivent ce mouvement. Pour l'heure, Sa'ar n'exclut pas de nouvelles crises avec Londres, assurant qu'Israël y fera face « sur la base de ses principes ».

Questions fréquentes

Le consulat britannique de Jérusalem est-il totalement fermé ?
Non. Le bâtiment reste propriété britannique et une équipe réduite de sept diplomates continue d'y opérer sous le nom « UK Mission, Jerusalem », mais il a perdu son statut de consulat général.
Pourquoi Israël a-t-il pris cette décision ?
En réponse aux sanctions annoncées le 8 septembre par Londres : interdiction d'importer des produits des implantations de Judée et Samarie et élargissement de la suspension des licences d'exportation de défense vers Israël.
Quelles autres mesures Israël a-t-il appliquées ?
L'expulsion des représentants britanniques du centre d'aide à Gaza de Kiryat Gat, la fin de la formation britannique des forces de l'Autorité palestinienne et l'interdiction d'entrée pour douze responsables et citoyens britanniques, dont Jeremy Corbyn.

Dossier Judée et Samarie

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