Lieberman veut confier à la Jordanie la gestion civile des Palestiniens en Judée et Samarie
Avigdor Lieberman a présenté dimanche une plateforme politique confiant à la Jordanie l'ordre public et l'administration quotidienne des Palestiniens dans les zones A et B de Judée et Samarie. Israël conserverait la sécurité globale et la continuité territoriale entre les implantations juives. Le chef d'Israël Beiteinou propose aussi de dissoudre l'Autorité palestinienne et d'annuler les accords d'Oslo.

Une quatrième voie face à l'impasse
Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beiteinou, a dévoilé dimanche une plateforme politique formelle consacrée à l'avenir de la Judée et Samarie. Le texte, publié par sa formation, dresse un constat sévère sur les accords d'Oslo, signés il y a trente-trois ans, qu'il qualifie d'échec complet, soulignant le coût très lourd payé selon lui par Israël pour cette entreprise diplomatique.
Le cœur du projet confie au Royaume hachémite la responsabilité de l'ordre public dans les zones A et B, par le biais d'une force policière propre, ainsi que la gestion administrative quotidienne de la population palestinienne qui y réside. Israël garderait, selon ce schéma, la maîtrise de la continuité territoriale entre les implantations juives et resterait seul garant de la sécurité sur l'ensemble du territoire. Lieberman a averti que faute de fixer un objectif final, « notre avenir sera décidé par d'autres ».
Trois scénarios écartés, un quatrième proposé
Avant de présenter sa solution, le dirigeant d'Israël Beiteinou a passé en revue les options qui, selon lui, structurent aujourd'hui le débat politique israélien. Il cite d'abord l'application de la souveraineté sur l'ensemble des territoires de Judée et Samarie ainsi que sur Gaza, portée par Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, qu'il juge porteuse d'un risque de transformation d'Israël en État binational. Il évoque ensuite la proposition de Yair Golan, favorable à un retour aux lignes de 1967 et à la création d'un État palestinien, puis la stratégie prêtée à Benjamin Netanyahou, qui consisterait à temporiser environ deux ans et demi avant qu'une pression américaine n'impose, selon lui, une solution à deux États.
Face à ces trois pistes qu'il juge toutes dangereuses ou irréalistes, Lieberman avance une quatrième option : dissoudre l'Autorité palestinienne et mettre fin aux accords d'Oslo. Il affirme vouloir ainsi écarter le risque d'un vide de pouvoir que le Hamas ou le Jihad islamique pourraient exploiter, tout en bloquant toute reconnaissance internationale d'un État palestinien. Sur la relation avec Amman, tendue ces derniers mois, il assure que la coordination sécuritaire bilatérale demeure stable, rappelant la proximité géographique entre Aqaba et Eilat ainsi qu'une frontière commune de plus de 300 kilomètres.
Gaza, un dossier traité séparément
Le responsable politique insiste sur le fait que la bande de Gaza doit être traitée indépendamment du dossier de Judée et Samarie. Pour le territoire côtier, il juge incontournable l'élimination complète du Hamas, branche militaire et branche civile comprises, par Tsahal, avant tout transfert de responsabilité à un acteur tiers reconnu à la fois par le monde arabe et par la communauté internationale. Il présente cette feuille de route comme le fruit d'une longue connaissance du terrain, acquise au fil d'échanges directs avec les acteurs concernés, et se dit convaincu de sa faisabilité si la détermination politique suit.
Le plan reste à ce stade une initiative portée par Israël Beiteinou, sans calendrier gouvernemental annoncé ni validation de la coalition. Les réactions d'Amman, dont les relations avec Jérusalem se sont tendues ces derniers mois, ainsi que celles des partenaires de coalition de Netanyahou, seront déterminantes pour savoir si cette proposition dépasse le stade du texte programmatique.
Questions fréquentes
- Quel rôle la Jordanie jouerait-elle selon le plan Lieberman ?
- Elle assurerait l'ordre public dans les zones A et B via une force policière propre et gérerait l'administration quotidienne des Palestiniens, tandis qu'Israël conserverait la sécurité globale et la continuité territoriale.
- Pourquoi Lieberman veut-il dissoudre l'Autorité palestinienne ?
- Il souhaite éviter un vide de pouvoir que le Hamas ou le Jihad islamique pourraient exploiter, et empêcher toute reconnaissance internationale d'un État palestinien.
- Que prévoit le plan pour la bande de Gaza ?
- Gaza serait traité séparément : Lieberman juge nécessaire l'élimination totale du Hamas par Tsahal avant de transférer la gestion du territoire à un acteur tiers accepté par le monde arabe.
Dossier Judée et Samarie





