Iran nucléaire : Israël durcit ses avertissements face à un programme en expansion

Le ministre de la Défense Israël Katz a averti Téhéran que toute attaque contre Israël entraînerait des représailles « inédites », visant notamment les infrastructures énergétiques iraniennes. Ces déclarations interviennent alors qu'un rapport du CNN, repris par Israel Hayom, révèle l'expansion d'un site souterrain iranien surnommé « Pickaxe Mountain », près de Natanz.

3 min de lecture8 vuesPar la rédaction
Iran nucléaire : Israël durcit ses avertissements face à un programme en expansion
Photo : AMOL NAKVE / Pexels

Le climat régional reste tendu autour du programme nucléaire iranien. À l'approche de Rosh Hashana, le ministre de la Défense Israël Katz a averti que toute attaque iranienne contre Israël serait suivie de « coups que Téhéran n'a pas encore subis à ce jour », visant notamment les infrastructures énergétiques du pays. Ces propos font écho à des images satellites analysées sur six ans qui montreraient une accélération des travaux dans une installation souterraine iranienne protégée par de la roche granitique.

Un site nucléaire fortifié sous surveillance

Selon une enquête de CNN citée par Israel Hayom, le site baptisé « Pickaxe Mountain », situé à environ 140 miles au sud de Téhéran et proche du complexe atomique de Natanz, ferait l'objet d'une « nette accélération de la construction » au cours de l'année écoulée, d'après une évaluation du Center for Strategic and International Studies (CSIS). Les analystes estiment que cette structure souterraine serait conçue comme un refuge pour le programme nucléaire iranien. Le renseignement israélien évoque la possibilité d'un transfert de centrifugeuses vers ce site à des fins d'enrichissement, sans que cela soit confirmé. Le président américain Donald Trump a de son côté averti à plusieurs reprises qu'il pourrait cibler l'installation, déclarant récemment : « Nous pourrions frapper Pickaxe très bientôt. » Selon le CSIS, la géologie granitique du site représenterait toutefois un obstacle sérieux, même pour les munitions non nucléaires les plus lourdes du Pentagone.

Des avertissements israéliens répétés

Lors d'un discours prononcé le 3 septembre au ministère de la Défense à Tel-Aviv, Israël Katz a affirmé qu'une attaque iranienne contre l'État hébreu ferait tomber « toute contrainte existante » sur la riposte israélienne, y compris des frappes sur les infrastructures civiles et énergétiques iraniennes. Le ministre a évoqué deux précédentes campagnes de frappes, en juin 2025 et en février 2026, qu'il présente comme ayant endommagé le programme nucléaire iranien et affaibli les capacités stratégiques du régime. Il a également mentionné l'élimination du guide suprême Ali Khamenei parmi les gains obtenus par Israël, sans détailler les circonstances de cet événement. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, présent au même événement, a estimé qu'Israël était capable de faire tomber le régime iranien, qualifiant cet objectif de « à portée de main ». L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a comparé la situation iranienne à celle de l'Union soviétique dans les années 1980, jugeant l'effondrement du régime proche, sans donner d'échéance précise.

Un conflit qui se prolonge malgré les annonces de victoire

Donald Trump a de nouveau promis, lors d'une convention du Parti républicain, que « la guerre sera terminée très peu après l'élection », affirmant que l'Iran serait sur le point d'« abandonner » le conflit. Il a également proposé de rebaptiser le détroit d'Ormuz en son honneur. Ces déclarations interviennent alors que, six mois après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran en février 2026, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste fortement perturbé. Selon la même source, l'Iran affirme avoir attaqué dix navires près du détroit après que les États-Unis eurent coulé cinq pétroliers iraniens, dans l'échange d'attaques maritimes le plus intense depuis le début du conflit.

Des enjeux régionaux plus larges

Au-delà de la question nucléaire, la pression exercée sur l'Iran s'inscrit dans un contexte régional plus vaste. Lors du sommet MEAD tenu cette semaine à Washington, réunissant des représentants de 24 pays dont douze du Moyen-Orient, les discussions ont porté sur l'avenir de l'Iran après une éventuelle chute du régime, mais aussi sur les négociations en cours entre Israël et le Liban, portées notamment par l'ambassadeur israélien Yechiel Leiter et son homologue libanaise Nada Hamadeh Moawad. Les participants ont également appelé les pays occidentaux à renforcer les sanctions contre les circuits de financement du Hezbollah. Le gouvernement libanais estime toutefois que les opérations de Tsahal, si elles affaiblissent militairement le Hezbollah, poussent aussi une partie de la population vers l'organisation, un point de désaccord persistant entre Beyrouth et Jérusalem.

La combinaison d'un programme nucléaire iranien qui continue de se développer, d'un pouvoir américain misant sur des solutions militaires de type bunker-buster, et de menaces israéliennes de plus en plus explicites laisse présager une phase critique dans les prochains mois. Les développements attendus après les élections américaines et israéliennes, ainsi que l'évolution des négociations sur le Liban et Gaza, détermineront si la région se dirige vers une escalade supplémentaire ou vers de nouveaux accords diplomatiques.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le site « Pickaxe Mountain » ?
Il s'agit d'une installation souterraine iranienne protégée par de la roche granitique, située près du complexe nucléaire de Natanz, dont la construction se serait accélérée selon une analyse d'images satellites citée par CNN.
Israël a-t-il déjà frappé le programme nucléaire iranien ?
Selon le ministre de la Défense Israël Katz, deux campagnes de frappes ont eu lieu en juin 2025 et en février 2026, ayant endommagé le programme nucléaire et les capacités stratégiques iraniennes.
La guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran est-elle terminée ?
Non. Malgré les annonces répétées de Donald Trump sur une fin imminente du conflit, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz restait, selon Forward, fortement perturbé six mois après le début de la guerre en février 2026.

Sources : Israel Hayom, JNS, Israel Hayom, The Forward

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