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Ingérence électorale: le Shin Bet enquête sur des soupçons de financement qatari

Le juge Noam Sohlberg, président de la Commission électorale centrale, a chargé le Shin Bet d'enquêter sur des « soupçons sérieux » de financement étranger destiné à influencer les élections législatives israéliennes. La certification des résultats est attendue la semaine prochaine, tandis que des informations évoquent des fonds venus du Qatar, de Turquie et d'Iran vers des réseaux de mobilisation électorale.

3 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Ingérence électorale: le Shin Bet enquête sur des soupçons de financement qatari
Photo : Illustration générée par IA

L'affaire a été rendue publique par le juge Noam Sohlberg, qui a demandé au Shin Bet de mener une enquête rapide avant de certifier les résultats du scrutin, prévue la semaine prochaine. Selon lui, les soupçons de financement étranger sont suffisamment sérieux pour justifier cette démarche, destinée à garantir la légitimité du vote avant toute certification définitive.

Ce que révèlent les premières informations

Selon des informations rapportées par Walla, l'appareil de sécurité craignait, dès avant le scrutin, que des sommes importantes transitent par des intermédiaires liés à l'Iran, à la Turquie et au Qatar afin de doper la participation dans la société arabe. Une équipe réunissant le renseignement militaire, le Shin Bet et le Mossad aurait été constituée à cette fin, et la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset en aurait débattu. Des associations de la société arabe auraient servi de canaux, et les circuits examinés recouperaient, selon Army Radio cité par le Jerusalem Post, d'anciennes filières de financement et des bureaux de change. Le jour du vote, trois suspects ont été arrêtés avec des enveloppes contenant des dizaines de milliers de shekels et des bulletins du parti Ra'am ; l'un d'eux serait un responsable de ce parti. Des électeurs se seraient vu proposer environ 1 000 shekels ou des avantages en nature pour voter.

Ces éléments restent toutefois à confirmer. Walla précise lui-même qu'il n'est pas établi que l'argent provienne effectivement des pays cités, ni qu'il ait réellement influencé le résultat du vote ; le montant total, évoqué en millions de shekels, demeure une estimation. Par ailleurs, selon le Telegraph, l'Iran aurait tenté d'interférer dans le scrutin, des interlocuteurs iraniens évoquant le recrutement d'agents dans le processus électoral et la volonté de voir « un Israël divisé » ; un réseau en ligne lié à Téhéran aurait été identifié le jour du vote.

Les réactions de la classe politique

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, a demandé qu'Israël « enquête à fond sur chaque plainte » concernant une possible ingérence, tout en mettant en garde contre toute tentative d'exploiter l'affaire pour retarder l'investiture de la 26e Knesset. Yaïr Golan, chef des Démocrates, a pour sa part accusé Benyamin Netanyahou de chercher à « saper les résultats » du scrutin, tout en reconnaissant que « tout soupçon réel » doit être examiné. Il a rappelé que l'affaire dite du « Qatargate », concernant des conseillers du cabinet du Premier ministre, constituait selon lui l'implication qatarie « la plus grave ».

Selon Israel Hayom, le Likoud et les partis de la coalition, restés silencieux durant le Qatargate, dénoncent désormais avec vigueur ces soupçons, dans un contexte où la formation d'un gouvernement pourrait dépendre du soutien de partis arabes. Les partis arabes, eux, qualifient ces accusations de « diffamation sanglante », tandis que le bloc d'opposition observe une prudence relative en attendant la suite de l'enquête.

Les interrogations sur le rôle du Shin Bet

Israel Hayom souligne une contradiction centrale : le Shin Bet, chargé de l'enquête, est aussi le service qui devait garantir l'intégrité du scrutin. Son directeur, David Zini, avait personnellement affirmé le jour du vote devant la Knesset que les élections se déroulaient normalement et que leur intégrité était préservée. Le média s'interroge : s'il ignorait alors les soupçons, c'est un problème ; s'il les connaissait et ne les a pas signalés, c'en est un plus grave encore. Le quotidien rappelle aussi que le Qatar avait déjà été identifié comme une menace après les défaillances ayant précédé l'attaque du 7 octobre 2023, et que son rôle éventuel dans ce dossier mériterait une vigilance accrue de la part des services.

La certification des résultats par la Commission électorale centrale reste prévue la semaine prochaine. Les conclusions de l'enquête du Shin Bet, encore non publiées, devraient déterminer si des poursuites ou des mesures supplémentaires seront engagées avant cette échéance.

Questions fréquentes

Qui a ordonné l'enquête sur l'ingérence électorale ?
Le juge Noam Sohlberg, président de la Commission électorale centrale, a demandé au Shin Bet de mener une enquête rapide avant la certification des résultats.
Quels pays sont soupçonnés d'avoir financé des réseaux électoraux ?
Des soupçons visent des fonds liés au Qatar, à la Turquie et à l'Iran, mais l'origine exacte de l'argent n'est pas confirmée selon Walla.
Le résultat des élections est-il remis en cause ?
Non, aucune source ne confirme que ces fonds ont influencé le résultat du scrutin ; la certification des résultats reste prévue la semaine suivante.

Dossier Élections israéliennes 2026

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