Défaite républicaine aux midterms : la guerre en Iran rouvre le débat sur Israël

Au lendemain d'une défaite électorale qui a coûté aux Républicains le contrôle des deux chambres du Congrès, le vice-président JD Vance a publiquement désigné la guerre contre l'Iran comme cause principale du revers. Donald Trump a reconnu le prix politique payé tout en refusant de renier sa décision. À Jérusalem, l'ambassadeur Danny Danon a tenu à dissocier Israël de ce choix américain.

3 min de lecturePar la rédaction
Défaite républicaine aux midterms : la guerre en Iran rouvre le débat sur Israël
Photo : Illustration générée par IA

Les élections de mi-mandat se sont soldées par une déroute pour le Parti républicain, qui perd la majorité au Sénat comme à la Chambre des représentants. Dès le lendemain, JD Vance a publié sur X une analyse longue de plusieurs centaines de mots, attribuant cette défaite à la guerre menée contre l'Iran, à la hausse du coût de la vie et à une lassitude d'une partie de l'électorat qui avait porté Donald Trump au pouvoir en 2024.

Vance cite un sondeur sur Israël

Selon le vice-président, un sondeur ayant correctement anticipé les résultats a interrogé des électeurs ayant basculé vers les démocrates sur ce qui pourrait les faire revenir dans le camp républicain. Quatre réponses sont arrivées en tête : mettre fin à la guerre, se concentrer sur le coût de la vie, donner la priorité à l'intérêt national américain, et modifier la nature des relations entre Washington et Israël. Un sondage de l'Associated Press, cité par Israel Hayom, indique par ailleurs qu'environ six Américains sur dix jugeaient erronée la décision de frapper l'Iran militairement, même si le coût de la vie et la corruption restaient des préoccupations plus pressantes encore pour les électeurs.

Trump assume sa décision, Vance prend ses distances

Donald Trump a confirmé une partie de l'analyse de son vice-président. « Les propos de Vance sont dans une large mesure exacts, car à court terme, la guerre a entraîné une certaine hausse des prix du carburant », a-t-il reconnu, avant d'ajouter : « Mais si je devais reprendre cette décision, je ferais exactement la même chose. » Le président a justifié son choix par la nécessité d'empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire et a écarté toute idée de calendrier pour mettre fin à la campagne militaire. Il a également démenti vouloir remplacer le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.

Vance, de son côté, a soigné sa posture. Selon Politico, il a personnellement rédigé son message et prévenu la Maison Blanche avant publication ; un responsable y a répondu que Trump était « totalement à l'aise » avec ces propos. Le vice-président avait déjà, en amont du conflit, affiché des réserves, allant jusqu'à se rendre à Islamabad en avril pour des pourparlers visant à accélérer la fin des combats.

Israël dément toute responsabilité dans la décision

Face aux interrogations soulevées à Washington sur l'avenir du soutien à Israël, l'ambassadeur Danny Danon a tenu à clarifier la position de Jérusalem. « La décision d'attaquer l'Iran était une décision des États-Unis. Ce n'était pas notre décision », a-t-il affirmé, tout en assumant qu'Israël avait soutenu l'effort américain et considérait la frappe comme justifiée. Il a jugé excessif de faire porter à Israël la responsabilité de la volatilité des prix du pétrole, qui a chuté après les déclarations de Vance après avoir grimpé sous l'effet des tensions régionales.

Danny Danon reconnaît que le climat se durcit au Congrès, y compris dans les rangs républicains, tout en assurant qu'un socle de soutien bipartisan subsiste. Interrogé sur l'annonce par Donald Trump de la fin de l'aide militaire annuelle, il évoque un nouveau modèle fondé sur l'investissement conjoint dans des systèmes de défense, à l'image du Dôme de fer, plutôt qu'une rupture. La bataille de succession pour 2028, qui oppose désormais Vance à des figures comme Marco Rubio, Ted Cruz ou Ron DeSantis, pourrait peser sur les arbitrages à venir au Congrès concernant le soutien à Israël.

Questions fréquentes

Pourquoi JD Vance lie-t-il la défaite républicaine à Israël ?
Il cite un sondeur selon lequel certains électeurs ayant voté Trump en 2024 réclament, parmi d'autres priorités, un changement dans la relation américano-israélienne avant de revenir vers le camp républicain.
Israël a-t-il participé à la décision de frapper l'Iran ?
Non, selon l'ambassadeur Danny Danon, qui affirme que la décision relevait exclusivement des États-Unis, même si Israël l'a soutenue et considère la frappe comme justifiée.
Le soutien militaire américain à Israël va-t-il changer ?
Donald Trump a annoncé la fin de l'aide militaire annuelle traditionnelle ; Danny Danon évoque en remplacement un modèle d'investissement conjoint dans des systèmes de défense partagés.

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