Ben-Gvir veut réécrire le code d'éthique de Tsahal avant la bataille pour la Défense
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a dévoilé un projet de refonte du code d'éthique de Tsahal, « l'Esprit de Tsahal », qui remplacerait la « pureté des armes » par la « droiture des armes ». Il présente ce texte alors qu'il réclame le portefeuille de la Défense après les élections législatives du 27 octobre, que Benjamin Netanyahou lui refuse pour l'instant.

Itamar Ben-Gvir, chef du parti Otzma Yehudit, a publié jeudi 15 octobre une proposition de refonte du code d'éthique de Tsahal. Le texte, connu sous le nom d'« Esprit de Tsahal », encadre depuis 1994 la conduite des soldats sur le terrain. Le chef de parti présente ce projet comme l'un des piliers de son programme pour le ministère de la Défense, qu'il brigue après les élections législatives du 27 octobre.
Les changements proposés au code d'éthique
La modification la plus visible concerne le principe de « pureté des armes » (tohar haneshek), que Ben-Gvir veut remplacer par la « droiture des armes » (tsedek haneshek). Le code actuel impose aux soldats de n'utiliser la force « que dans la mesure nécessaire » et leur interdit explicitement de porter atteinte à des « non-combattants » et à des prisonniers de guerre. La proposition de Ben-Gvir supprime ces deux formulations, ainsi que toute référence à des « valeurs morales universelles ».
À la place, le texte introduit un principe tiré de la tradition juive : « Si quelqu'un vient pour te tuer, lève-toi tôt et tue-le le premier. » Il redéfinit aussi la mission première de Tsahal comme « la victoire et la défaite décisive des ennemis de l'État d'Israël et du peuple juif », avant même la préservation de la sécurité nationale. L'armée y est décrite comme une « armée juive et étatique », et ses valeurs puiseraient davantage dans la Bible, l'éthique juive et la halakha. « Les citoyens d'Israël veulent un Israël fort, et je mènerai Tsahal à la victoire avec le Premier ministre Netanyahou », a déclaré Ben-Gvir sur Galei Tzahal. Il a présenté cette refonte comme un élément parmi d'autres de son plan pour la Défense, aux côtés d'un démantèlement de l'Autorité palestinienne et d'un plan d'émigration volontaire des habitants de Gaza et des territoires de Judée et Samarie vers un pays tiers.
La bataille pour le portefeuille de la Défense
Cette annonce intervient alors que Ben-Gvir, actuel ministre de la Sécurité nationale, fait campagne pour obtenir la Défense après le scrutin du 27 octobre. Interrogé mercredi sur Galei Tzahal, Benjamin Netanyahou a tranché : « Le portefeuille de la Défense restera au Likoud. C'était ainsi, et c'est ainsi que cela doit être. » Ben-Gvir a répliqué que ce poste « n'est la propriété d'aucun parti » et a affirmé qu'il reviendrait soit à Gadi Eizenkot dans un gouvernement d'union élargi, soit à lui-même dans un gouvernement de droite pleine et entière. Aucun accord n'a toutefois été conclu entre Netanyahou et Eizenkot, ancien chef d'état-major et président du parti Yashar, qui a de son côté réclamé un débat public avec le Premier ministre et remis en cause sa gestion des responsabilités liées au 7 octobre.
Un code contesté depuis sa création
Le code de 1994 a été rédigé sous la direction du philosophe Asa Kasher, seul civil du comité chargé de sa conception. Dès 1997, dans la revue Azure, Tzvi Hauser, futur secrétaire du gouvernement de Netanyahou, avait dénoncé l'absence de tout contenu proprement juif dans ce texte, estimant que n'importe quelle armée démocratique aurait pu l'adopter sans en changer un mot. Il rappelait que les organisations de défense juives antérieures, comme la Haganah ou la Légion juive, affichaient toutes un attachement explicite à l'idée sioniste. La proposition de Ben-Gvir s'inscrit dans la continuité de cette critique, près de trente ans après sa première formulation.
Le sort de cette refonte dépendra directement du résultat des élections du 27 octobre et de la composition du prochain gouvernement. Tant que le portefeuille de la Défense reste disputé entre le Likoud, Otzma Yehudit et une éventuelle entrée de Gadi Eizenkot, le projet de Ben-Gvir demeure une proposition de campagne, sans existence officielle au sein de Tsahal.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que l'« Esprit de Tsahal » ?
- C'est le code d'éthique de l'armée israélienne, distribué pour la première fois en 1994, qui fixe les valeurs et règles de conduite des soldats et commandants.
- Que changerait la proposition de Ben-Gvir ?
- Elle remplacerait la « pureté des armes » par la « droiture des armes », supprimerait l'interdiction explicite de nuire aux non-combattants et aux prisonniers, et ajouterait un principe biblique sur la légitime défense.
- Ben-Gvir obtiendra-t-il le ministère de la Défense ?
- Rien n'est tranché : Netanyahou veut garder ce portefeuille au Likoud, tandis que Ben-Gvir évoque aussi un scénario où il reviendrait à Gadi Eizenkot dans un gouvernement d'union élargi.
Dossier Élections israéliennes 2026



