Vol flydubai FZ1073 : le pilote omanais visait l'aéroport Ben Gourion, confirme Abou Dhabi

Le procureur général des Émirats arabes unis a confirmé que le pilote omanais ayant tenté de détourner le vol flydubai FZ1073 le 30 septembre voulait s'écraser sur un terminal de l'aéroport Ben Gourion. Les premiers récits de passagers israéliens, publiés quelques jours plus tôt, révèlent la panique à bord durant les 90 minutes qu'a duré l'épisode.

3 min de lecturePar la rédaction
Vol flydubai FZ1073 : le pilote omanais visait l'aéroport Ben Gourion, confirme Abou Dhabi
Photo : Illustration générée par IA

Le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi, a confirmé vendredi que la tentative de détournement du vol flydubai FZ1073, reliant Dubaï à Tel-Aviv le 30 septembre, visait un attentat-suicide contre un terminal passagers de l'aéroport Ben Gourion. L'information a été rapportée par l'agence de presse officielle émiratie WAM.

Selon le procureur, l'auteur présumé, Hamam al-Hammami, pilote omanais de 29 ans, avait prémédité son acte. Il se serait inspiré des attentats du 11 septembre 2001 pour maximiser le nombre de victimes. Al Shamsi précise que la radicalisation du jeune homme remonte à 2017, alors qu'il étudiait en Australie, et que l'idée de commettre un tel acte aurait motivé, selon ses propres aveux, son choix de carrière dans l'aviation.

Ce que les passagers ont vécu à bord

Quelques jours avant ces révélations, le Jerusalem Post avait recueilli le témoignage d'Uri Pintov, père de famille israélien rentrant de vacances en Thaïlande avec son épouse et leurs trois enfants. Il raconte que l'appareil a amorcé une plongée brutale et inclinée, le plaquant au sol pendant plus d'une minute. « Nous avons tous compris que nous allions mourir », a-t-il déclaré.

Selon son récit, des passagers ont immobilisé l'assaillant avec des écouteurs de la compagnie, tandis que d'autres apportaient oxygène et eau au commandant de bord, un ressortissant indien grièvement blessé. Des Israéliens ont été chargés de surveiller chaque membre du personnel de cabine, faute de savoir à qui faire confiance. Le cockpit étant verrouillé et les communications quasi inexistantes, les passagers craignaient d'être détournés vers le Yémen ou l'Iran. Ce n'est qu'en reconnaissant l'aéroport de Tabuk, en Arabie saoudite, qu'ils ont repris espoir.

Uri Pintov a salué l'attitude des forces de sécurité saoudiennes, décrites comme « très douces avec les enfants et les femmes ». Il a toutefois indiqué que l'Arabie saoudite avait refusé l'atterrissage d'avions israéliens, prolongeant de deux heures l'incertitude des familles avant qu'un vol de remplacement de flydubai ne soit organisé. Il a regretté l'absence de communication officielle israélienne, en dehors d'un soutien psychologique communautaire, et appelé Israël et la compagnie à confirmer publiquement qu'il s'agissait d'une tentative d'attentat terroriste, afin de couper court aux thèses selon lesquelles l'épisode aurait été mis en scène.

Les répercussions pour flydubai et les vols vers Israël

L'analyste du Jerusalem Post Seth J. Frantzman a souligné que plusieurs éléments présentés comme des « miracles » relevaient en réalité de protocoles standards, notamment la présence de pilotes hors service à bord. Il estime que, l'appareil et ses enregistreurs de vol ayant été préservés, les enquêteurs devraient pouvoir reconstituer précisément le déroulement des faits.

Frantzman met en garde contre une réaction disproportionnée, rappelant les excès de la sécurité aérienne après l'affaire du « shoe bomber ». Il qualifie flydubai de « l'un des joyaux des accords d'Abraham » et avertit qu'un retrait durable de la compagnie des liaisons vers Israël ferait grimper des tarifs aériens déjà élevés en raison d'un manque de capacité. Il juge par ailleurs compréhensible, par fierté nationale, le refus saoudien d'admettre des avions israéliens sur son sol, tout en y voyant une occasion manquée de rapprochement, la normalisation avec Riyad restant selon lui improbable tant que la politique actuelle sur Gaza et l'Autorité palestinienne sera maintenue.

L'enquête se poursuit du côté émirati, où Hamam al-Hammami fait désormais l'objet de poursuites pour tentative d'attentat-suicide. Les autorités israéliennes n'ont, à ce stade, pas publié de déclaration officielle sur la qualification de l'incident comme acte terroriste.

Questions fréquentes

Que visait le pilote de flydubai selon les autorités émiraties ?
Selon le procureur général des Émirats, Hamad Saif Al Shamsi, le pilote omanais Hamam al-Hammami prévoyait de s'écraser délibérément sur un terminal passagers de l'aéroport Ben Gourion.
Où l'avion a-t-il finalement atterri ?
Après la neutralisation du pilote par des passagers, l'appareil a été dérouté vers l'aéroport de Tabuk, en Arabie saoudite, qui a refusé l'atterrissage d'avions israéliens pour rapatrier les passagers.
Depuis quand le pilote s'était-il radicalisé ?
Selon le procureur émirati, sa radicalisation remonterait à 2017, pendant ses études en Australie, et il se serait inspiré des attentats du 11 septembre 2001.

Dossier Accords d'Abraham

Commentaires

    À lire aussi

    Herzog remet le Prix présidentiel du courage civique aux héros du vol flydubai
    Les PRO

    Herzog remet le Prix présidentiel du courage civique aux héros du vol flydubai

    Vol Flydubai : six civils israéliens décorés pour avoir déjoué une tentative de détournement
    Les PRO

    Vol Flydubai : six civils israéliens décorés pour avoir déjoué une tentative de détournement

    Vol Flydubai FZ1073 : le copilote omanais visait l'aéroport Ben Gourion
    Les PRO

    Vol Flydubai FZ1073 : le copilote omanais visait l'aéroport Ben Gourion

    Flydubai : le copilote accusé d'avoir voulu écraser l'avion sur des tours de Tel-Aviv
    Les PRO

    Flydubai : le copilote accusé d'avoir voulu écraser l'avion sur des tours de Tel-Aviv