Vol Flydubai FZ1073 : le copilote omanais visait l'aéroport Ben Gourion
Le 30 septembre, un copilote omanais a tenté de détourner le vol Flydubai FZ1073 reliant Dubaï à Tel-Aviv pour le précipiter, selon les enquêteurs, sur l'aéroport Ben Gourion. Le commandant indien et des passagers ont maîtrisé l'assaillant, permettant à l'appareil de se poser à Tabouk, en Arabie saoudite. L'affaire révèle de sérieuses failles dans la sécurité aérienne vers Israël.

Le vol Flydubai FZ1073, qui transportait 174 passagers pour la plupart israéliens, a frôlé la catastrophe. Selon les éléments recueillis par les enquêteurs israéliens et émiratis, le copilote Hamam al-Hamami, citoyen omanais né aux Émirats arabes unis, a attaqué le commandant de bord avec une hache de secours avant de couper le pilote automatique, d'arrêter les moteurs et de pousser le manche vers l'avant. L'avion a perdu environ 16 000 pieds d'altitude en moins d'une minute avant d'être repris en main.
Un attentat planifié de longue date
Selon les déclarations attribuées à al-Hamami par la chaîne Channel 13, il aurait choisi Flydubai précisément parce que la compagnie dessert Tel-Aviv, et affirmé avoir conçu son projet avant même d'être recruté. Les enquêteurs israéliens estiment qu'il voulait précipiter l'appareil sur l'aéroport Ben Gourion et, en cas d'échec, le diriger vers une base militaire américaine en Jordanie. Il aurait envisagé de passer à l'acte dès juillet, avant de renoncer en raison d'un lien personnel avec un membre d'équipage, puis se serait rendu en Israël en juin pour se préparer, selon les termes rapportés, à devenir un « martyr ».
Le commandant indien Smith Machachar, grièvement blessé, a résisté et parvenu à ouvrir la porte du cockpit, permettant à des passagers israéliens d'intervenir pour maîtriser l'assaillant. Un pilote de réserve présent à bord a ensuite stabilisé puis posé l'avion à Tabouk, en Arabie saoudite, après que la Jordanie eut refusé un atterrissage d'urgence une fois informée d'une tentative de détournement.
Les failles de la sécurité aérienne israélienne
L'enquête du site Ynet met en cause une succession de défaillances. Oman Air avait détecté des signes de radicalisation chez al-Hamami dès 2024, l'avait retiré du pilotage et envoyé vers un programme de déradicalisation, sans toutefois révoquer sa licence internationale ni alerter les autres compagnies du Golfe. Flydubai, qui l'a embauché en 2025, n'a vérifié que son casier judiciaire, sans contacter Oman Air ni examiner ses antécédents idéologiques.
Côté israélien, le ministère des Transports n'a jamais reçu la liste d'équipage de ce vol, alors que Flydubai s'était engagée à empêcher l'affectation de pilotes originaires de pays sans relations diplomatiques avec Israël, comme Oman. La division sécurité du ministère, chargée en théorie d'évaluer le risque posé par les vols étrangers, souffre d'un manque chronique d'effectifs, avec environ dix employés permanents seulement. Une loi de 2023 donnait pourtant accès à une base de données sur les équipages étrangers, jamais utilisée. Des conflits d'intérêts ont également été révélés, notamment ceux de responsables de la sécurité aérienne entretenant des liens contractuels privés avec Flydubai. Cinq jours après l'attaque, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a reconnu une « faille » et ordonné un examen de la sécurité de l'aviation civile étrangère, mené en interne et sans pouvoir d'enquête indépendant.
Une enquête qui penche vers un acte isolé
Le Shin Bet participe désormais aux interrogatoires d'al-Hamami aux Émirats arabes unis. Celui-ci aurait invoqué la guerre à Gaza comme motivation, selon des informations obtenues par Ynet. Les enquêteurs israéliens privilégient à ce stade la thèse d'un acte isolé, sans lien établi avec une organisation terroriste ou un État, malgré les propos du président américain Donald Trump affirmant croire à une implication iranienne, sans preuve publique à l'appui. Des équipes australiennes et émiraties examinent par ailleurs le passé du suspect, notamment son séjour étudiant en Australie et un voyage en Syrie durant son adolescence. Parallèlement, des théories du complot ont circulé en ligne dès les premières heures, certains comptes qualifiant l'attaque de mise en scène israélienne, un phénomène documenté par des chercheurs spécialisés dans la désinformation.
Questions fréquentes
- Que visait exactement le copilote du vol Flydubai FZ1073 ?
- Selon les enquêteurs israéliens, Hamam al-Hamami voulait précipiter l'avion sur l'aéroport Ben Gourion et, à défaut, le diriger vers une base militaire américaine en Jordanie.
- Qui a permis de déjouer l'attaque ?
- Le commandant indien Smith Machachar, blessé, a résisté et ouvert la porte du cockpit, ce qui a permis à des passagers de maîtriser l'assaillant avant qu'un pilote de réserve ne stabilise l'appareil.
- Pourquoi le ministère des Transports israélien n'a-t-il pas détecté la menace ?
- Il n'avait jamais reçu la liste d'équipage du vol, alors que sa division sécurité souffre d'un manque d'effectifs et que Flydubai s'était engagée, sans le respecter, à écarter les pilotes de pays sans relations diplomatiques avec Israël.




