Tsahal annonce la destruction d'un vaste réseau souterrain du Hezbollah au Liban
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir détruit une infrastructure souterraine du Hezbollah sous la crête d'Ali al-Tahar, dans le sud-est du Liban. Construit en deux décennies avec un financement iranien, ce réseau servait de centre de commandement à l'unité Badr. Tsahal affirme avoir désormais consolidé son contrôle opérationnel sur la zone, au-dessus comme en sous-sol.

L'armée israélienne a confirmé jeudi la destruction complète d'un réseau de tunnels du Hezbollah situé sous la crête d'Ali al-Tahar, dans le sud-est du Liban. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont indiqué dans un communiqué conjoint que cette opération achève la prise de contrôle opérationnel de la crête, « au-dessus et en sous-sol ». Le porte-parole de Tsahal, le général de brigade Effi Defrin, s'est exprimé directement depuis l'intérieur du réseau détruit pour détailler le déroulement de la manœuvre.
Une infrastructure construite en deux décennies
Selon Effi Defrin, ce réseau souterrain a été bâti sur vingt ans, financé et dirigé par le régime iranien. Il constituait le centre névralgique de l'unité Badr du Hezbollah dans la région et a servi de poste de commandement lors de plusieurs campagnes, dont les opérations « Flèches du Nord » et « Rugissement du Lion », ainsi que pendant les combats les plus récents. D'après un responsable militaire israélien cité par JNS, le réseau comptait huit galeries pour une longueur cumulée de plus de 5 400 mètres, soit environ 17 700 pieds. Le poste de commandement installé sur la crête offrait au Hezbollah une capacité d'observation et de tir sur les localités israéliennes de Metoula et de Kiryat Shmona.
Une manœuvre terrestre par surprise
La 36e division a pris la crête du Beaufort en franchissant le fleuve Litani depuis une direction jugée inattendue par le Hezbollah, selon le récit du porte-parole de Tsahal. Après la prise de position en surface, la brigade Commando et les forces du génie de l'unité Yahalom ont mené un travail méthodique pour localiser, nettoyer puis neutraliser les galeries souterraines. Les forces israéliennes avaient au préalable encerclé la zone et intensifié la pression sur les combattants retranchés, multipliant embuscades et frappes sur les puits d'accès aux tunnels. Cette opération fait suite à la destruction, dans les mois précédents, des principales galeries du Hezbollah sur la crête du Beaufort et dans les villages voisins d'Arnoun, Yohmor et Kfar Tebnit.
Un arsenal saisi et des combattants éliminés
À l'intérieur des tunnels, les troupes israéliennes ont découvert un arsenal important : des dizaines de drones explosifs et autres appareils sans pilote, des mitrailleuses, des missiles antichars, ainsi que des centaines de mines, roquettes RPG et engins explosifs. Une partie de cet équipement, selon Tsahal, provient directement du régime iranien, ce qui constitue pour l'armée israélienne une preuve supplémentaire du rôle du Hezbollah comme relais armé de Téhéran. Les combattants qui ont tenté de fuir ou de ravitailler ceux restés à l'intérieur des galeries ont été visés par des frappes aériennes et de l'artillerie ; d'autres ont été tués lors d'affrontements rapprochés, notamment dans des embuscades tendues par les troupes israéliennes. Le Hezbollah avait affirmé vouloir défendre cette infrastructure « à tout prix » ; selon Tsahal, l'organisation a finalement abandonné une partie de ses hommes sur place.
Un prix humain élevé pour Tsahal
Effi Defrin a reconnu que ces combats ont coûté un prix lourd aux forces israéliennes, sans donner de bilan chiffré précis. Il a évoqué la mort de combattants qu'il a qualifiés de « meilleur de notre jeunesse » et adressé un message de soutien aux blessés. Le porte-parole a insisté sur le fait que l'ensemble des combattants du Hezbollah présents dans le réseau a été éliminé ou a pris la fuite, et que la mission de neutralisation est désormais accomplie.
Consolidation de la zone de sécurité et suite des opérations
Dans leur communiqué conjoint, Benjamin Netanyahou et Israël Katz ont précisé que les forces de Tsahal se déploient désormais en position défensive dans la zone pour empêcher tout retour de combattants du Hezbollah. Ils ont ajouté que l'armée israélienne restera dans la zone de sécurité au Liban et poursuivra la destruction des infrastructures terroristes, afin d'empêcher toute tentative de reconstitution des capacités du Hezbollah. La crête surplombe également la région de Nabatieh, un centre important de la population chiite libanaise, ce qui confère à cette position une valeur stratégique au-delà du seul enjeu militaire. Selon les autorités israéliennes, cette infrastructure devait servir de base d'appui à un projet du Hezbollah visant la Galilée, une affirmation qui figure dans le communiqué gouvernemental sans être détaillée par une source indépendante.
Tsahal indique se préparer à plusieurs scénarios, y compris un conflit sur plusieurs fronts, tout en poursuivant ses opérations dans la zone de sécurité du sud du Liban. La question de la durée du maintien des forces israéliennes sur place, ainsi que la réaction du Hezbollah à la perte de cette position, restent les prochains points à surveiller.
Questions fréquentes
- Où se trouve la crête d'Ali al-Tahar ?
- Elle est située dans le sud-est du Liban, à proximité de la crête du Beaufort et surplombe la région de Nabatieh ainsi que les localités israéliennes de Metoula et Kiryat Shmona.
- Qui a construit ce réseau souterrain ?
- Selon Tsahal, le réseau a été bâti sur deux décennies par le Hezbollah, avec un financement et une direction du régime iranien, et servait de centre de commandement à l'unité Badr.
- Que va-t-il se passer maintenant dans la zone ?
- Selon Netanyahou et Katz, l'armée israélienne va rester dans la zone de sécurité au Liban, s'y déployer en position défensive et continuer à détruire les infrastructures du Hezbollah.





