Trois ans après le 7 octobre, Israël commémore ses morts à l'approche des législatives
Trois ans après le massacre du 7 octobre, Israël a commémoré mercredi ses 1 200 victimes, à l'occasion d'une minute de silence à la Knesset et de cérémonies dans les localités du sud. La journée s'est déroulée à trois semaines des élections législatives du 27 octobre, où la question de la responsabilité de l'attaque s'impose dans la campagne.

Trois ans après le 7 octobre, Israël a marqué mercredi l'anniversaire du massacre perpétré par le Hamas, avec les drapeaux en berne, une minute de silence observée à la Knesset et des cérémonies dans l'ensemble du pays. À Kfar Aza, où 64 habitants ont été tués et 18 enlevés, les sept rescapés de l'équipe de sécurité et les veuves des sept membres tombés se sont réunis à l'armurerie du kibboutz, dont les murs portent désormais les noms et les histoires des défenseurs morts au combat. Une seconde cérémonie s'est tenue au cimetière de la communauté, où des pierres commémoratives ont été posées pour la première fois à la mémoire des résidents tués mais non enterrés sur place.
Les témoignages des rescapés et des familles endeuillées
Parmi les récits recueillis à l'occasion de l'anniversaire figure celui du capitaine Ilay Adany, commandant de section au sein de l'unité Maglan, tué à 21 ans en évacuant des blessés à Kfar Aza après avoir neutralisé plusieurs terroristes à Sdérot puis dans le kibboutz. Selon sa mère Orit Adany, il a maintenu le contact avec elle jusqu'à 7h25 avant de rejoindre ses hommes. Il est mort aux côtés du sergent-chef Amichay Vanino, qui tentait de le soigner sous le feu. La famille Caspi, qu'il a contribué à sauver, est retournée vivre dans sa maison trois ans plus tard, le jour de Simhat Torah.
D'autres témoignages ont été relayés dans la presse internationale : Keith et Aviva Siegel, enlevés de Kfar Aza, Omer Shem Tov, libéré après 505 jours de captivité, et Adi Marciano, mère de Noa Marciano, seule soldate enlevée de la base de Nahal Oz à ne pas être revenue vivante de Gaza. Ces récits illustrent, selon les proches, un traumatisme qui ne s'efface pas avec le temps.
Parallèlement, la Bibliothèque nationale d'Israël poursuit, depuis le 9 octobre 2023, un vaste projet d'archivage numérique du massacre. Selon Maya Gan Zvi, directrice de l'archive du 7 octobre, l'équipe a téléchargé sans filtrage les vidéos circulant sur Telegram dès leur diffusion, de peur qu'elles ne disparaissent, et collecte également conversations WhatsApp, images de vidéosurveillance et témoignages oraux, en partenariat avec les associations Zikaron 710, Edut 710 et Yad Vashem.
La commémoration rattrapée par la campagne électorale
La journée du souvenir s'est tenue à moins de trois semaines du scrutin législatif du 27 octobre, où la question de la responsabilité de l'échec sécuritaire du 7 octobre occupe une place centrale. Plusieurs médias étrangers ont souligné que les adversaires de Benjamin Netanyahou ont durci leurs critiques à l'approche de l'anniversaire, notamment après des informations évoquant des avertissements préalables transmis par les Émirats arabes unis et l'Égypte avant l'attaque, des informations qui restent à confirmer. Selon des médias étrangers, au moins neuf candidats directement touchés par le massacre, ou dont des proches ont été tués ou enlevés, se présentent aux élections.
Des réactions internationales contrastées
Les dirigeants européens ont marqué l'anniversaire. Le chancelier allemand Friedrich Merz a réaffirmé que "l'Allemagne se tient fermement aux côtés d'Israël", qualifiant cet engagement de "leçon de la Shoah". Le président français Emmanuel Macron a rappelé les 51 citoyens français tués dans le massacre, assurant que la France "n'oublie ni les noms ni les visages". La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a qualifié l'attaque du Hamas d'"acte de terreur barbare" et réclamé le désarmement du mouvement islamiste. Le maire de Londres Sadiq Khan a pour sa part associé l'hommage aux victimes à des critiques du gouvernement israélien, une position qui tranche avec celle de ses homologues allemand et français.
La couverture médiatique internationale a elle aussi révélé des écarts marqués : si des titres comme le Bild allemand ont consacré leur une au "massacre du Hamas", des médias comme Al Jazeera ont présenté Israël comme ayant "lancé" la guerre à Gaza, une formulation que les autorités israéliennes rejettent fermement. Des manifestations hostiles à Israël étaient par ailleurs annoncées dans plusieurs capitales européennes dans la soirée.
Questions fréquentes
- Combien de personnes ont été tuées à Kfar Aza le 7 octobre ?
- Soixante-quatre habitants du kibboutz ont été tués et dix-huit ont été enlevés lors de l'attaque du 7 octobre 2023.
- Quand se tiennent les élections législatives évoquées dans l'article ?
- Le scrutin est prévu le 27 octobre, moins de trois semaines après la commémoration du troisième anniversaire du massacre.
- Que fait la Bibliothèque nationale d'Israël avec les archives du 7 octobre ?
- Depuis le 9 octobre 2023, elle collecte vidéos, photos et messages WhatsApp liés au massacre afin de constituer une archive nationale, en partenariat avec Zikaron 710, Edut 710 et Yad Vashem.
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