Stockholm expulse un diplomate iranien accusé de menacer des cibles juives

La Suède a ordonné le départ d'un employé de l'ambassade d'Iran à Stockholm, officiellement pour une activité incompatible avec la Convention de Vienne. Le gouvernement suédois relie cette décision à des activités iraniennes visant depuis longtemps des intérêts juifs et israéliens dans le pays.

2 min de lecturePar la rédaction
Stockholm expulse un diplomate iranien accusé de menacer des cibles juives
Photo : Illustration générée par IA

Le ministère suédois des Affaires étrangères a convoqué mercredi l'ambassadeur d'Iran à Stockholm, Hojatollah Faghani, pour lui notifier qu'un membre du personnel de sa mission diplomatique devait quitter le territoire. Selon la télévision publique SVT et l'agence TT, la décision a été confirmée par le gouvernement suédois lui-même. Ni l'identité de l'employé concerné ni son poste exact au sein de l'ambassade n'ont été rendus publics.

Une expulsion justifiée par la Convention de Vienne

Dans son communiqué, le gouvernement invoque une « activité incompatible avec la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques », le texte qui encadre les privilèges et devoirs des missions étrangères. La ministre des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a précisé que la mesure visait à « protéger nos citoyens et d'autres intérêts suédois ». Aucun détail n'a filtré sur les actes précis reprochés à l'employé, les autorités suédoises se limitant à ce motif formel.

Des activités iraniennes visant aussi des cibles juives et israéliennes

Le ministre de la Justice, Gunnar Strömmer, a replacé cette expulsion dans un contexte plus large. Il affirme que Téhéran mène depuis longtemps des opérations qui menacent la sécurité suédoise, dirigées à la fois contre des opposants au régime iranien et contre « divers intérêts juifs et israéliens » présents dans le pays, notamment via des réseaux criminels locaux utilisés comme relais. Le service de sécurité intérieure, la Säpo, a confirmé la poursuite de ces activités sans vouloir en détailler les ressorts, invoquant le secret du travail de renseignement.

Cette alerte s'inscrit dans une série d'incidents déjà recensés en Suède. En juin 2024, deux conteneurs bourrés d'explosifs plastiques avaient été découverts devant les bureaux de l'entreprise israélienne de défense Elbit Systems, à Göteborg. Quelques mois plus tard, en octobre, un adolescent de 13 ans avait fait feu à l'entrée d'un site du même groupe ; quatre jeunes ont été condamnés en avril 2025 pour l'avoir recruté. En mai 2025, des coups de feu avaient également visé les abords de l'ambassade d'Israël à Stockholm. Selon la Säpo, au moins quatre attaques ou tentatives d'attaque contre la représentation israélienne ont eu lieu en 2023 et 2024, impliquant des suspects mineurs présentés par la police comme manipulés par des gangs au service du renseignement iranien.

Le message adressé à Téhéran

L'ambassade d'Iran n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'agence AFP. Ce dossier suédois s'ajoute à d'autres affaires occidentales impliquant des réseaux liés à Téhéran contre des cibles juives : la justice américaine a par exemple mis en cause en mai un ressortissant irako-iranien accusé d'avoir coordonné une vingtaine d'attaques ou tentatives d'attaque en Europe et aux États-Unis, dont un projet visant une synagogue à Manhattan.

Sans lever le voile sur l'identité de l'employé expulsé, Stockholm envoie un signal politique net : le pays affirme protéger à la fois ses propres ressortissants, les opposants iraniens réfugiés sur son sol et les intérêts juifs et israéliens qui s'y trouvent. La Säpo n'a pas exclu que d'autres mesures suivent si de nouvelles activités de ce type étaient identifiées.

Questions fréquentes

Pourquoi la Suède a-t-elle expulsé cet employé de l'ambassade d'Iran ?
Le gouvernement suédois invoque une activité incompatible avec la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, sans en préciser la nature exacte.
Quels incidents ont visé des cibles juives et israéliennes en Suède ?
Plusieurs faits ont été recensés depuis 2023 : des explosifs déposés près d'un site d'Elbit Systems à Göteborg, un tir contre ce même site par un adolescent recruté, et des coups de feu près de l'ambassade d'Israël à Stockholm en 2025.
L'identité de l'employé expulsé a-t-elle été communiquée ?
Non, ni son nom ni sa fonction précise au sein de l'ambassade n'ont été rendus publics par les autorités suédoises.

Sources : Infos Israël News, JNS, The Jerusalem Post

Commentaires

    À lire aussi