Le Koweït amorce un rapprochement discret avec Israël face à la menace iranienne

Selon Israel Hayom et JForum, le Koweït a entamé des démarches pour assouplir ses lois anti-israéliennes, dans le sillage de la guerre contre l'Iran. L'ambassadeur d'Israël aux Émirats, Yossi Shelley, évoque une possible adhésion koweïtienne aux Accords d'Abraham dans les prochains mois.

3 min de lecturePar la rédaction
Le Koweït amorce un rapprochement discret avec Israël face à la menace iranienne
Photo : Haim Zach · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Le Koweït, longtemps l'un des États arabes les plus intransigeants envers Israël, engage un mouvement de fond vers Jérusalem. Des sources diplomatiques du Golfe citées par Israel Hayom affirment que des procédures formelles ont été lancées pour abroger ou amender plusieurs lois, dont celle interdisant tout contact avec l'État hébreu, celle bannissant la promotion de la normalisation adoptée après les Accords d'Abraham, et celle qui criminalise l'expression publique de sympathie pour Israël.

Un arsenal juridique longtemps redoutable

Ces lois avaient un coût réel pour ceux qui les enfreignaient. Le journaliste Jasem AlJuraid a été licencié et contraint à l'exil après avoir appelé son pays à rejoindre les Accords d'Abraham. La dramaturge et influenceuse Fajer al-Saeed a été condamnée à trois ans de prison en 2025 pour avoir accordé un entretien à la radiotélévision publique israélienne. Ces affaires illustraient jusqu'ici la rigueur du dispositif légal koweïtien contre toute relation avec Israël.

La guerre contre l'Iran a changé la donne

Selon Israel Hayom, le Koweït a subi de lourds dommages pendant la guerre contre l'Iran, en raison de la présence de bases militaires américaines sur son sol et de sa dépendance exclusive au détroit d'Ormuz pour ses exportations pétrolières. Si les forces américaines ont assuré l'essentiel de la défense des installations et des infrastructures civiles koweïtiennes, Israël a également fourni une aide défensive à plusieurs États du Golfe, notamment une batterie de défense antimissile Iron Dome déployée aux Émirats arabes unis et des informations d'alerte précoce sur les tirs de projectiles. Cette coopération, coordonnée avec le Commandement central américain (CENTCOM) et la Maison Blanche, a dépassé le simple partage de renseignement et concerné des pays signataires des Accords d'Abraham comme d'autres n'ayant aucun lien formel avec Jérusalem.

Dans ce contexte régional, un haut responsable saoudien a confié à Israel Hayom que Ryad et Israël sont de fait « en guerre contre l'Iran, même si elle n'est pas officiellement déclarée », en référence à la pression exercée par les Houthis, soutenus par Téhéran, sur le détroit de Bab el-Mandeb. Ce responsable estime que le renversement du régime de Téhéran est « un intérêt régional et mondial », et souligne qu'Israël demeure le seul acteur ayant démontré son efficacité militaire face aux Houthis, en référence à la frappe israélienne d'août 2025 qui a éliminé plusieurs commandants houthis.

Vers une adhésion du Koweït aux Accords d'Abraham

Interrogé mardi, l'ambassadeur d'Israël aux Émirats arabes unis, Yossi Shelley, a estimé qu'un nouveau pays pourrait rejoindre les Accords d'Abraham « dans un délai de quatre mois à six mois ». Sans le nommer directement, il a laissé entendre qu'il s'agissait du Koweït, précisant que les Koweïtiens « commencent à comprendre que quelque chose s'est produit » dans la région. Selon Israel Hayom, cette déclaration publique aurait toutefois déplu à des responsables koweïtiens, susceptibles d'en retarder le processus.

Cette annonce s'inscrit dans un mouvement plus large évoqué par Donald Trump, qui a mentionné la possibilité d'une signature simultanée des Accords d'Abraham par plusieurs pays, dont l'Arabie saoudite, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l'Égypte, la Jordanie et Bahreïn. Yossi Shelley a par ailleurs démenti, à l'occasion du sixième anniversaire de l'adhésion des Émirats aux Accords d'Abraham, toute rumeur selon laquelle le prince héritier émirati Mohammed bin Zayed Al Nahyan aurait averti Benjamin Netanyahou avant l'attaque du 7 octobre, affirmant n'avoir eu connaissance d'aucune information de ce type.

Pour l'heure, la coopération israélo-koweïtienne reste circonscrite au renseignement et à la sécurité. Les prochains mois diront si l'assouplissement législatif engagé à Koweït City se traduit par une adhésion formelle aux Accords d'Abraham, dans le délai évoqué par l'ambassadeur Shelley.

Questions fréquentes

Le Koweït a-t-il officiellement rejoint les Accords d'Abraham ?
Non. Des démarches ont été engagées pour assouplir ses lois anti-israéliennes, mais aucune adhésion formelle n'a été annoncée à ce stade.
Pourquoi le Koweït se rapproche-t-il d'Israël maintenant ?
Selon Israel Hayom, la guerre contre l'Iran et l'aide défensive israélienne apportée à plusieurs pays du Golfe ont modifié la perception koweïtienne d'Israël.
Quelles lois koweïtiennes sont concernées ?
La loi de boycott, celle interdisant la promotion de la normalisation adoptée après les Accords d'Abraham, et celle criminalisant l'expression de sympathie pour Israël.

Sources : Israel Hayom, JForum

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