Reza Pahlavi affirme que des cadres du régime iranien font défection en secret
Le prince héritier iranien en exil Reza Pahlavi a affirmé, samedi à Toronto, que des responsables civils et militaires de la République islamique rompent discrètement avec le régime. Il s'exprimait devant plusieurs milliers de partisans lors du rassemblement « Cyrus the Great II », marqué aussi par la présence du chef conservateur canadien Pierre Poilievre.

Reza Pahlavi a décrit l'Iran comme entré dans une phase de « défection active » au sein de son appareil d'État. Selon lui, des officiers et fonctionnaires restent en apparence à leur poste tout en cessant progressivement d'exécuter les ordres du régime, communiquant avec l'opposition par des canaux sécurisés.
Une stratégie de défections depuis l'intérieur
D'après le prince héritier, ces défections silencieuses affaiblissent ce qu'il appelle les « piliers de la répression ». Il a affirmé que des défections ouvertes, avec des soldats déposant publiquement les armes, marqueraient une étape ultérieure, une fois le rapport de force renversé en faveur de l'opposition. Pahlavi a replacé ce mouvement dans une séquence longue de contestation, depuis les rassemblements pour le Cyrus Day de 2016 jusqu'aux manifestations de 2017-2018, à celles de novembre 2019, puis au soulèvement consécutif à la mort de Mahsa Amini en 2022. Il a présenté le soulèvement de janvier dernier, qu'il évalue à plus de 40 000 morts selon ses propres chiffres, comme l'aboutissement de cette dynamique et non comme un épisode isolé. Ce bilan, avancé par l'opposition, n'a pas été confirmé de façon indépendante.
Face aux accusations du régime selon lesquelles l'opposition serait divisée et dépourvue d'organisation à l'intérieur du pays, Pahlavi a répondu que républicains, monarchistes, gauche et droite pouvaient coopérer autour de quatre principes communs : l'intégrité territoriale de l'Iran, la séparation entre religion et État, les libertés individuelles et l'égalité devant la loi, et le droit des Iraniens à choisir librement leur futur régime par des élections libres.
Poilievre réclame un durcissement canadien envers l'IRGC
Le rassemblement, organisé à Toronto par la Cyrus the Great Cultural & Humanity Organization, a réuni plus de trois mille personnes selon les organisateurs. Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, y a pris la parole pour réclamer un contrôle renforcé des personnes liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) entrant sur le territoire canadien, le maintien de sanctions ciblées et des mesures contre le transfert d'actifs liés au régime vers le Canada. Ottawa a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en 2012 et a désigné l'IRGC comme entité terroriste en 2024. Poilievre a également évoqué l'histoire préislamique de l'Iran, en référence à Cyrus le Grand, exprimant l'espoir d'un retour futur du drapeau au lion et au soleil.
Un processus que Pahlavi juge encore inachevé
Pahlavi a mis en garde ses partisans contre l'idée que la chute de la République islamique serait acquise ou proche. « Nous devons rester réalistes. Le travail n'est pas terminé », a-t-il déclaré, qualifiant le renversement du régime de processus complexe à plusieurs étapes. Le rassemblement de samedi coïncidait par ailleurs avec des marches organisées dans la diaspora iranienne à travers le monde pour marquer les quatre ans de la mort de Mahsa Amini en détention. Aucune réaction officielle de Téhéran n'a été rapportée dans l'immédiat aux propos tenus à Toronto.
Questions fréquentes
- Qui est Reza Pahlavi ?
- Fils du dernier chah d'Iran, Reza Pahlavi est en exil et se présente comme une figure de l'opposition à la République islamique.
- Que reproche-t-il concrètement au régime iranien ?
- Il affirme que des responsables civils et militaires cessent discrètement d'exécuter les ordres du régime tout en restant en apparence à leur poste.
- Quelle est la position du Canada envers l'IRGC ?
- Ottawa a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en 2012 et a classé l'IRGC comme organisation terroriste en 2024.
Sources : The Jerusalem Post





