Propos de Macron sur le Hamas en Judée-Samarie : Jérusalem et le CRIF dénoncent une omission grave
À la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron a affirmé que le Hamas n'avait « jamais sévi en Cisjordanie ». Le bureau de Benyamin Netanyahou, plusieurs ministres et le CRIF ont dénoncé une déclaration qui efface, selon eux, des années d'attentats commis en Judée et Samarie, deux jours après le meurtre de Netanel Shekron.

Le président français s'exprimait mardi soir devant l'Assemblée générale des Nations unies. Il y a défendu la reconnaissance d'un État palestinien, dénoncé l'absence de couloirs humanitaires à Gaza, puis affirmé, en évoquant les violations commises selon lui « en Cisjordanie » : « le Hamas n'a jamais sévi » dans ce territoire. Cette phrase a déclenché une vague de réactions inhabituellement unanime en Israël, de la coalition à l'opposition.
Les faits : un attentat deux jours avant le discours
Les propos de Macron sur le Hamas interviennent quelques jours après l'attentat de Binyamin, où Netanel Shekron, citoyen français, père de six enfants, a été abattu dans sa voiture par un terroriste du Hamas près de Neve Tsouf. Selon le bureau du Premier ministre, la victime a eu le temps, dans son dernier souffle, de dire à son fils de s'enfuir. L'auteur présumé, un membre du Hamas de 37 ans ayant agi seul, a été arrêté par la suite dans un hôpital de Ramallah.
Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié la déclaration présidentielle d'« absurdité ridicule », rappelant que des membres du Hamas commettent « presque chaque jour » des attaques contre des Juifs en Judée et Samarie. « L'ignorance n'est pas une excuse pour effacer leur sang », a affirmé le communiqué. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a accusé le président français d'avoir menti, citant à son tour le meurtre de Shekron et appelant au renforcement des implantations.
Les réactions s'accumulent, du terrain au CRIF
Gadi Eisenkot, visé par Smotrich, a jugé les propos de Macron « extrêmement déconnectés de la réalité du terrain », rappelant avoir lui-même commandé la division de Judée-Samarie. Israel Gantz, président du conseil régional de Binyamin et du conseil de Yesha, a qualifié le président français de « négationniste du terrorisme », énumérant plusieurs attentats attribués au Hamas dans la région, dont celui ayant coûté la vie à Lucy Dee et ses filles. Il a exigé un retrait des propos et des excuses aux familles. Davidi Ben Zion, vice-président du conseil régional de Samarie, a tenu des propos personnels très durs à l'égard du président français.
Le CRIF a rejoint ces critiques, dénonçant une phrase qui « nie » la présence du Hamas en Judée-Samarie et les attaques de ses cellules sur ce territoire. L'organisation cite elle aussi l'assassinat de Netanel Shekron et rappelle que la crainte d'une victoire électorale du Hamas figure, selon elle, parmi les raisons du report des élections législatives palestiniennes depuis 2006. Le CRIF reproche également à Emmanuel Macron de faire porter à Israël l'entière responsabilité de la guerre à Gaza, en passant sous silence celle du Hamas, ce qui offrirait selon l'organisation une « victoire symbolique » aux mouvements antisionistes les plus radicaux.
Une relation franco-israélienne déjà tendue
Cette polémique s'ajoute à une série de tensions entre Paris et Jérusalem. Début septembre, la France a rejoint le Royaume-Uni et le Canada pour restreindre les échanges commerciaux avec les implantations, estimant que leur expansion compromet la solution à deux États. Emmanuel Macron avait déjà averti Benyamin Netanyahou, dans un échange de lettres, qu'Israël risquait « un isolement supplémentaire et une augmentation de l'antisémitisme ». Paris envisage par ailleurs l'ouverture d'une ambassade dans les territoires palestiniens.
Aucune réaction officielle de l'Élysée n'a pour l'instant répondu aux critiques du bureau de Netanyahou, du CRIF et des élus des implantations. Le dossier s'inscrit désormais dans le calendrier diplomatique de la rentrée à l'ONU, où le discours de Benyamin Netanyahou est attendu.
Questions fréquentes
- Que reproche-t-on précisément à Emmanuel Macron ?
- D'avoir affirmé à l'ONU que le Hamas n'avait jamais agi en Judée-Samarie, alors que plusieurs attentats, dont celui ayant coûté la vie à Netanel Shekron, sont attribués à l'organisation dans cette région.
- Qui est Netanel Shekron ?
- Un citoyen français, père de six enfants, tué par un terroriste du Hamas près de Neve Tsouf, en Binyamin, deux jours avant le discours de Macron à l'ONU.
- Le CRIF a-t-il réagi séparément du gouvernement israélien ?
- Oui. Le CRIF dénonce une « victoire symbolique » offerte aux antisionistes et critique l'ensemble du discours de Macron sur Gaza, en plus de la phrase sur le Hamas en Judée-Samarie.
Sources : Infos Israël News, IsraelValley



