Participation record dans les villes arabes : un vote qui redessine la carte électorale
La participation électorale a bondi dans de nombreuses villes arabes lors du scrutin de la 26e Knesset, parfois en passant du simple au double. À Sakhnin, Oum el-Fahm ou Baqa al-Gharbiya, les habitants expliquent ce sursaut par la colère contre la criminalité, les démolitions de maisons et les propos tenus par des responsables gouvernementaux.

La hausse de la participation dans la société arabe constitue l'un des faits marquants de ce scrutin. Dans plusieurs localités, des citoyens qui n'avaient jamais voté, ou qui s'étaient détournés des urnes depuis des années, se sont déplacés en nombre. Le phénomène s'observe aussi bien chez les jeunes électeurs que chez les plus âgés.
Des taux de participation qui ont bondi
À Sakhnin, la participation a atteint 86,8 %, contre 68,41 % lors du précédent scrutin, ce qui en fait la ville où l'on a le plus voté en Israël. À Baqa al-Gharbiya, le taux est passé de 47,55 % à 79,3 %, et à Fureidis de 38,73 % à 75,4 %. À Oum el-Fahm, la progression est spectaculaire : 75,7 % des inscrits ont voté, contre 38,29 % au scrutin précédent. La participation a également augmenté à Jérusalem-Est, sur fond de tensions liées à l'urbanisme, au logement et aux démolitions de maisons.
Une colère contre la criminalité et le discours politique
Les habitants interrogés citent plusieurs facteurs derrière cette mobilisation : le sentiment d'insécurité lié à la criminalité, l'opposition à la politique du gouvernement, et la colère provoquée par des propos jugés racistes. Mohammed Sharif, de Kalansawa, résume ainsi l'état d'esprit de nombreux électeurs : il ne s'agissait plus seulement de soutenir un parti, mais d'exprimer une opposition et de réclamer une autre réalité. Anisa Amash, 85 ans, habitante de Jisr az-Zarqa, affirme avoir voté parce qu'on ne peut pas « se plaindre pendant quatre ans du gouvernement, de la criminalité et du racisme, puis renoncer à la possibilité d'influer le jour du scrutin ».
Les déclarations de Benjamin Netanyahou, d'Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich sont régulièrement citées par les électeurs comme un facteur ayant renforcé leur envie de se rendre aux urnes, plutôt que de les dissuader. À Oum el-Fahm, Said Jabareen impute directement la hausse de la participation à la politique menée dans les localités arabes, évoquant les démolitions de maisons et un manque de sécurité. D'autres, comme Ali Masarwa, qui a voté pour la première fois à Taibe, disent simplement rechercher un gouvernement fonctionnel, sans distinction d'appartenance communautaire.
Un rapport de force qui pourrait évoluer à la Knesset
Cette mobilisation intervient alors que les équilibres au sein même du camp religieux ont aussi été bousculés. Chez les partis haredim, Shas a enregistré un recul marqué, limité à sept sièges après le dépouillement d'une large part des voix, tandis que Yahadout HaTorah a progressé, porté notamment par la croissance démographique de son électorat. Entre nouveaux partis contestataires et déceptions internes, le paysage politique haredi a lui aussi connu des recompositions notables.
Dans les localités arabes, plusieurs habitants, comme Mohammed Ghanaim à Sakhnin, parlent d'un réveil politique dont ils attendent désormais des résultats concrets : lutte contre la criminalité, traitement de la question du logement et poids accru dans les décisions budgétaires. La responsabilité, selon plusieurs témoins, incombe maintenant aux élus issus de cette mobilisation, qui devront démontrer qu'ils agissent réellement pour les citoyens qui les ont portés aux urnes.
Questions fréquentes
- Quelle ville a enregistré le plus fort taux de participation ?
- Sakhnin a enregistré le taux de participation le plus élevé d'Israël, avec 86,8 % des électeurs inscrits qui se sont rendus aux urnes, contre 68,41 % lors du scrutin précédent.
- Quelles raisons expliquent la hausse de la participation arabe ?
- Les électeurs citent la criminalité, les démolitions de maisons, la crainte de discrimination et les propos jugés racistes tenus par des responsables du gouvernement.
- Le vote haredi a-t-il aussi évolué ?
- Oui. Shas a connu un net recul, tandis que Yahadout HaTorah a progressé, porté notamment par la croissance démographique de son électorat.



