Metula : les drapeaux du Hezbollah ont disparu, la vie reprend à la frontière nord
À Metula, ville la plus septentrionale d'Israël, les drapeaux du Hezbollah et le gigantesque panneau montrant la mosquée Al-Aqsa ont disparu de l'autre côté de la frontière. Après des mois d'évacuation et de bombardements, les habitants reviennent, les restaurants rouvrent et Tsahal affiche un contrôle ferme sur la zone frontalière.

Sur la rue historique de Metula, bordée de maisons centenaires et de petits restaurants, une fresque est apparue récemment. Elle affiche en grand « 7.10 », en mémoire de l'attaque du Hamas du 7 octobre. L'œuvre retrace l'histoire de la ville, de la beauté des débuts de l'implantation sioniste jusqu'aux roquettes qui s'abattent sur les maisons et aux soldats se mettant à l'abri, selon le reportage du Jerusalem Post.
Une ville vidée, puis repeuplée
Metula, localité la plus septentrionale d'Israël, a été directement exposée aux attaques du Hezbollah tout au long de la guerre. De nombreuses maisons ont été endommagées et plus de 2 000 habitants ont été évacués, ne laissant sur place qu'une poignée de résidents pendant que Tsahal prenait position dans la ville. Pour la fête de Souccot, le Jerusalem Post a constaté le retour de touristes et de visiteurs, ainsi que la réouverture de plusieurs restaurants et petits hôtels.
Le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque du Hamas, le Hezbollah avait choisi de rejoindre la guerre en tirant sur la frontière. Les échanges de tirs se sont poursuivis sans qu'une invasion massive ne se produise, mais Israël, craignant de ne pouvoir l'empêcher, avait évacué Metula, Kiryat Shmona et plusieurs autres localités du nord. Des drones et des roquettes ont continué de frapper la région jusqu'à ce qu'Israël intensifie ses ripostes en septembre 2024, infligeant de lourdes pertes au Hezbollah. Un cessez-le-feu a suivi en novembre 2024, avant que les combats ne reprennent en mars 2026, dans la foulée des frappes israéliennes et américaines contre l'Iran. Tsahal est alors entré plus profondément au Liban et a nettoyé plusieurs localités de la présence du Hezbollah.
Les symboles d'une frontière reprise en main
Depuis Metula, le constat est net : les drapeaux du Hezbollah, le drapeau palestinien et le panneau géant montrant la mosquée Al-Aqsa, installés sur une colline côté libanais, ont disparu. Pendant des années, le Hezbollah pouvait observer Metula depuis cette position et attendre son heure, un message de défi adressé à Israël depuis 2006. Aujourd'hui, en scrutant depuis un bunker accessible par une entrée en béton, on distingue surtout, au loin, un marqueur de l'ONU installé par la FINUL, mais plus aucun véhicule blanc des Nations unies visible, ni drapeau du mouvement chiite.
Le Jerusalem Post souligne que les opérations de renseignement israéliennes, dont l'attaque des bipeurs, ont fortement affaibli le Hezbollah. Le mouvement n'est pas éliminé ni chassé du Liban, mais il n'est plus en position sur la frontière. Ses fortifications et ses installations souterraines ont été localisées et détruites. Sur deux nuits passées en Haute-Galilée, près de Metula, des explosions semblant provenir du Liban ont toutefois été entendues, rappelant que l'infrastructure terroriste du Hezbollah subsiste au Liban, où le groupe n'a pas été désarmé.
Ce qui reste incertain au nord
Ce qui est clair, selon le Jerusalem Post, c'est que des communautés comme Metula ont désormais une chance réelle de se reconstruire : les visiteurs reviennent progressivement, les sentiers de randonnée sont de nouveau fréquentés, et des véhicules blindés et bulldozers de Tsahal donnent le sentiment d'un contrôle ferme de la zone. En revanche, l'avenir de la présence de l'ONU à la frontière, la capacité de l'armée libanaise à désarmer un jour le Hezbollah et à sécuriser durablement le sud du Liban restent des questions ouvertes, alors que l'armée libanaise a longtemps déserté cette zone frontalière.
Questions fréquentes
- Pourquoi Metula avait-elle été évacuée ?
- Plus de 2 000 habitants ont quitté la ville après le début des tirs du Hezbollah en octobre 2023, Israël craignant de ne pouvoir empêcher une invasion massive depuis le Liban.
- Que voit-on aujourd'hui depuis la frontière à Metula ?
- Les drapeaux du Hezbollah, le drapeau palestinien et le panneau montrant la mosquée Al-Aqsa ont disparu du côté libanais, remplacés par la présence visible de véhicules blindés de Tsahal.
- Le Hezbollah représente-t-il encore une menace ?
- Le mouvement n'a pas été désarmé au Liban et des explosions ont encore été entendues près de la frontière, même s'il n'occupe plus de position sur la ligne frontalière.
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