Le Parti vert britannique vote une motion qualifiant le sionisme de racisme

Réunis en congrès à Brighton, les militants du Parti vert d'Angleterre et du Pays de Galles ont adopté une motion qualifiant le sionisme de racisme et appelant à un État unique sur « toute la Palestine historique ». Le texte, voté par moins de 1 % des adhérents, provoque démissions internes, condamnations d'Israël et des institutions juives britanniques, et une mise à distance du parti par ses homologues européens.

3 min de lecture3 vuesPar la rédaction
Le Parti vert britannique vote une motion qualifiant le sionisme de racisme
Photo : Illustration générée par IA

Le Parti vert d'Angleterre et du Pays de Galles a adopté, lors de son congrès de Brighton, une motion intitulée « Zionism is Racism », par 1 022 voix contre 813. Les délégués ont dans le même temps rejeté un amendement qui aurait protégé les adhérents juifs contre toute pression ou sanction liée à leur fréquentation de synagogues ou d'organisations communautaires se définissant comme sionistes. Selon le Jerusalem Post, le parti devient ainsi la première formation politique représentée au Parlement en Europe à se déclarer ouvertement antisioniste.

Une motion votée par une infime minorité d'adhérents

Le scrutin n'a mobilisé qu'une fraction marginale des 230 000 membres du parti, soit moins de 1 % d'entre eux. Quatre des cinq députés verts — Ellie Chowns, Adrian Ramsay, Siân Berry et Carla Denyer — s'étaient publiquement opposés au texte. L'ancienne cheffe du parti Caroline Lucas, qui dit pourtant juger le gouvernement israélien « raciste » et qualifier son action à Gaza de « génocide », a elle aussi voté contre, estimant que le sionisme est « à la fois raciste ET une réponse au racisme » et que la motion simplifie à l'excès un débat complexe. Le chef du parti, Zack Polanski, n'a pas assisté au vote alors qu'il pouvait voter à distance, ce qui lui a valu des critiques internes ; il s'est ensuite borné à affirmer qu'aucun adhérent ne serait exclu « en raison de sa foi ou de son lieu de culte », sans condamner ni soutenir explicitement le texte.

Israël et les institutions juives dénoncent une motion antisémite

Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié le texte de « texte clairement antisémite », situé hors des « limites du débat politique légitime », et a annoncé l'interdiction d'entrée en Israël visant Zack Polanski. Le grand rabbin britannique Ephraim Mirvis a dénoncé une « forme toxique d'antisémitisme, une menace pour les Juifs britanniques et pour la Grande-Bretagne ». Le Mouvement pour le judaïsme progressiste a estimé que la motion était « antisémite dans sa formulation et son intention » et faisait du parti « un parti raciste ». Une douzaine de députés travaillistes, menés par Mike Tapp, ont saisi la police du Sussex et la Commission pour l'égalité et les droits de l'homme (EHRC), demandant d'examiner si les propos tenus au congrès pouvaient constituer une incitation à la haine raciale ou religieuse. En interne, la présidente des Jewish Greens, Vivien Lichtenstein, envisage de quitter le parti avant les élections internes de novembre, tandis que Sandy Ruthven, présidente du fonds caritatif d'Amnesty International UK, a déjà démissionné, dénonçant un parti qui « a échoué à confronter le préjugé quand il apparaît dans son propre camp ». Le Parti vert européen (EGP), qui fédère 47 formations, s'est « sans équivoque » démarqué de la motion, tout en réaffirmant condamner « le génocide contre les Palestiniens et les violations des droits humains commises par le gouvernement israélien actuel » — une accusation sur laquelle la Cour internationale de justice ne s'est pas encore prononcée définitivement et qu'Israël rejette.

L'auteure du texte liée à un ancien complice d'al-Qaïda

La rédactrice de la motion, Lubna Speitan, artiste et militante britannico-palestinienne, entretient selon des documents judiciaires américains révélés par le Jerusalem Post une amitié revendiquée avec Minh Quang Pham, condamné à 44 ans de prison pour avoir préparé, pour le compte d'al-Qaïda, un attentat-suicide à l'aéroport d'Heathrow visant des passagers en provenance d'Israël ou des États-Unis. Interrogée, elle a confirmé que cette amitié perdurait. Elle a par ailleurs refusé à plusieurs reprises de qualifier le Hamas d'organisation terroriste et a déclaré soutenir « le droit à la lutte armée », allant jusqu'à affirmer que les sionistes seraient « traqués comme l'ont été les oppresseurs nazis ». Le Parti vert a indiqué qu'elle ne détenait aucune fonction officielle et que des « processus internes » permettaient d'examiner ce type d'allégations. Une enquête de l'Institute for Jewish Policy Research, citée par plusieurs sources, situe entre 64 % et 66 % la part des Juifs britanniques se définissant comme sionistes, et jusqu'à 81 % ceux soutenant le droit d'Israël à exister en tant qu'État juif. La décision de Vivien Lichtenstein, les élections internes des Jewish Greens en novembre et les suites données par la police du Sussex à la plainte des députés travaillistes détermineront l'ampleur réelle de la crise au sein du parti.

Questions fréquentes

Que dit exactement la motion adoptée par les Verts britanniques ?
Elle qualifie le sionisme de racisme et appelle à un État palestinien unique sur l'ensemble de la Palestine historique, en lieu et place de l'État d'Israël.
Quelle a été la réaction d'Israël ?
Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé un texte antisémite et interdit l'entrée en Israël au chef du parti, Zack Polanski.
La motion reflète-t-elle l'ensemble des adhérents du parti ?
Non, le vote n'a mobilisé que moins de 1 % des 230 000 membres du Parti vert d'Angleterre et du Pays de Galles.

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