Royaume-Uni : un rapport parlementaire appelle à classer l'antisionisme comme extrémisme
B'nai B'rith UK a présenté à la Chambre des communes un rapport de 108 pages demandant au gouvernement britannique de reconnaître officiellement l'antisionisme comme une idéologie extrémiste. Le texte réclame aussi l'interdiction permanente de la marche al-Quds Day et des restrictions autour des institutions juives.

B'nai B'rith UK a dévoilé le 20 octobre, lors d'un événement coprésidé par le député travailliste Mark Sewards et le conservateur Sir Iain Duncan Smith, un rapport intitulé "Antizionism: The New Face of Anti-Jewish Extremism". Rédigé par le Dr Jeremy Havardi, le document formule onze recommandations destinées, selon lui, à lutter contre un mouvement qui contribue au harcèlement et à l'exclusion des Juifs de la vie publique britannique.
Un rapport qui réclame la classification de l'antisionisme comme extrémisme
Le texte soutient que l'antisionisme est devenu la principale expression de l'antisémitisme contemporain, puisant selon lui dans la propagande nazie, l'idéologie soviétique et l'extrémisme islamiste, tout en se présentant sous le vocabulaire des droits humains. Sa première recommandation demande au gouvernement de qualifier formellement l'antisionisme d'idéologie extrémiste et de condamner les partis politiques, ONG et groupes de la société civile qui le promeuvent.
Des restrictions sur les manifestations et les institutions
Le rapport exige des limites strictes sur les manifestations se tenant près de synagogues, d'écoles ou de lieux sociaux juifs, qu'il qualifie de "provocation raciste manifeste". Il demande l'arrestation des manifestants appelant à l'intifada ou proférant des slogans menaçants envers les Juifs, tout en reconnaissant l'importance de la liberté d'expression. Havardi réclame en outre l'interdiction permanente de la marche annuelle al-Quds Day à Londres, qu'il associe aux efforts de radicalisation menés par l'Iran sur le sol britannique.
Le document vise également les universités et les associations caritatives. Il propose un signalement obligatoire des incidents antisémites dans les institutions publiques, l'adoption de la définition de l'antisémitisme de l'International Holocaust Remembrance Alliance, des formations obligatoires pour les responsables universitaires et des sanctions disciplinaires contre le personnel ou les étudiants qui glorifieraient le terrorisme palestinien ou islamiste. La Charity Commission est appelée à fermer les organisations caritatives jugées promotrices de violence antisioniste.
Iran, Qatar et Frères musulmans dans le viseur
Au-delà du terrain national, le rapport demande l'expulsion de l'ambassadeur iranien et l'interdiction des médias liés aux réseaux d'influence iraniens, dont des membres de l'Islamic Radio and Television Union. Il réclame aussi que le Royaume-Uni proscrive les Frères musulmans comme organisation terroriste ; à défaut, Havardi suggère de les désigner comme organisation extrémiste, à l'image de l'Allemagne fédérale. Le financement qatari d'organisations islamistes britanniques devrait, selon le rapport, être identifié et surveillé, Doha étant accusé d'utiliser son influence médiatique pour diffuser des récits antisionistes.
Le rapport affirme enfin que l'antisionisme nuit aussi aux Palestiniens, en marginalisant ceux qui cherchent le dialogue et en freinant la coopération économique. Il cite le chiffre de plus de 160 000 Palestiniens employés en Israël ou dans les implantations israéliennes avant le 7 octobre 2023, pour illustrer l'importance de cette coopération transfrontalière. Selon Havardi, ces conséquences contredisent l'engagement britannique en faveur d'une solution à deux États et de la normalisation régionale portée par les accords d'Abraham.
Ce rapport, présenté devant des parlementaires des deux principaux partis, ne constitue à ce stade qu'une recommandation. Ses onze propositions n'ont pas été adoptées comme politique du gouvernement britannique, qui devra décider s'il engage une réforme législative sur la base de ce texte.
Questions fréquentes
- Qui a rédigé ce rapport ?
- Le Dr Jeremy Havardi, pour l'organisation B'nai B'rith UK, dans un document de 108 pages intitulé Antizionism: The New Face of Anti-Jewish Extremism.
- Ce rapport a-t-il force de loi ?
- Non. Il a été présenté au Parlement britannique le 20 octobre mais ses recommandations n'ont pas été adoptées comme politique du gouvernement.
- Que demande le rapport sur la marche al-Quds Day ?
- Il réclame son interdiction permanente à Londres, en la liant aux efforts de radicalisation attribués à l'Iran.
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