Le CPJ retire 22 journalistes de sa liste à Gaza après avoir repéré des combattants du Hamas et du Jihad islamique

Le Committee to Protect Journalists a achevé une révision complète de sa base de données sur les journalistes tués à Gaza : 22 noms ont été définitivement retirés, 12 reclassés et 6 réintégrés. La découverte est partie des nécrologies publiées par le Hamas et le Jihad islamique eux-mêmes, qui célébraient certains de ces « journalistes » comme leurs propres combattants tombés au combat.

3 min de lecture344 vuesPar la rédaction
La BBC reconnaît avoir compté 53 terroristes parmi les « journalistes » tués à Gaza
Photo : Illustration générée par IA

Le Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation new-yorkaise qui fait autorité en matière de liberté de la presse, a revu à la baisse un chiffre largement cité depuis le début de la guerre. Après examen de 229 décès survenus entre octobre 2023 et août 2026, l'organisation a retiré 22 noms de sa catégorie « journalistes tués », en a reclassé 12 sous une autre étiquette, et a réintégré 6 personnes dont le profil a finalement été confirmé.

Une révision déclenchée par les nécrologies du Hamas et du Jihad islamique

Le déclencheur de ce réexamen est inattendu : ce sont le Hamas et le Jihad islamique qui, en publiant leurs propres hommages à leurs combattants tombés, ont cité des noms identiques à ceux que le CPJ répertoriait comme journalistes tués dans l'exercice de leur fonction. Cette contradiction a poussé l'organisation à repasser au crible l'ensemble de son registre concernant Israël et les territoires palestiniens. Les chercheurs ont croisé publications, réseaux sociaux, photographies et vidéos, et sont parvenus à obtenir au moins deux sources indépendantes pour 220 des 229 dossiers étudiés.

Cette correction s'inscrit dans la continuité de l'affaire révélée à l'automne par le Telegraph, qui avait établi que 53 personnes présentées par BBC Arabic comme des « journalistes » tués à Gaza appartenaient en réalité à des groupes terroristes, certaines ayant participé au massacre du 7 octobre. La liste de la chaîne britannique, mise à jour pour la dernière fois en août 2025, comptait plus de 180 noms, dont dix figuraient aussi sur le site anglophone de la BBC. Le CPJ avait alors retiré 12 de ces noms de sa propre base après avoir établi leurs liens avec des groupes armés, notamment Abdallah Darwish, présenté comme cameraman pour la chaîne du Hamas Al-Aqsa TV avant d'être identifié comme membre des brigades Ezzedine al-Qassam. Le nouveau bilan de 22 retraits, issu d'une révision plus large que celle motivée par le seul dossier du Telegraph, confirme et dépasse cette première correction.

La méthode du CPJ mise à l'épreuve

La directrice générale du CPJ, Jodie Ginsberg, a défendu la rigueur de ce travail : « L'exactitude et la crédibilité des recherches du CPJ sont fondamentales pour notre mission », a-t-elle affirmé, précisant que les décisions reposent uniquement sur la définition du statut de journaliste, sans lien avec des pressions extérieures. L'organisation assure n'avoir modifié aucun critère d'évaluation, mais avoir simplement appliqué sa grille habituelle à des éléments nouvellement disponibles.

Un auditeur indépendant a été chargé de vérifier l'ensemble de la démarche. Il a confirmé que la méthodologie établie avait été suivie pour chaque cas retiré ou réintégré, tout en recommandant que le CPJ clarifie ses critères de « participation aux combats », notion centrale dans la distinction entre journaliste et combattant. Le CPJ maintient malgré ces corrections que les forces israéliennes restent, selon son propre décompte, responsables de la majorité des journalistes tués dans le monde depuis 2023.

Côté britannique, l'affaire du Telegraph continue d'alimenter les critiques contre BBC Arabic. La ministre fantôme conservatrice de la Culture, Rebecca Paul, a dénoncé « un problème persistant de manque d'objectivité et de responsabilité », tandis que l'ancien directeur de la télévision de la BBC, Danny Cohen, a jugé que le groupe audiovisuel continuait de manquer à ses obligations d'équilibre dans sa couverture d'Israël. Un porte-parole de la BBC a indiqué que la liste réexaminée s'appuyait sur les informations disponibles au moment de sa publication et couvrait les journalistes tués pendant les guerres à Gaza, au Liban et en Israël, sans lien avec l'orientation politique de leurs médias.

Ce qui reste à trancher

La BBC a précisé réexaminer désormais ses propres inclusions litigieuses à la lumière de la mise à jour du CPJ de juin 2026, sans fournir de calendrier pour la publication de ses conclusions. Le CPJ, de son côté, considère sa révision achevée mais n'exclut pas de nouveaux ajustements si des éléments similaires venaient à émerger d'autres nécrologies publiées par des groupes terroristes.

Questions fréquentes

Pourquoi le CPJ a-t-il retiré ces 22 noms ?
Parce que le Hamas et le Jihad islamique ont publié leurs propres nécrologies de combattants tombés, révélant que certains noms coïncidaient avec des personnes classées comme journalistes par le CPJ.
Combien de dossiers le CPJ a-t-il examinés au total ?
229 décès survenus entre octobre 2023 et août 2026, dont 220 ont pu être vérifiés grâce à au moins deux sources indépendantes.
Cette révision change-t-elle la position générale du CPJ sur Israël ?
Non, l'organisation maintient que les forces israéliennes restent responsables de la majorité des journalistes tués dans le monde depuis 2023, malgré ces corrections.

Dossier Gaza et le Hamas

1 commentaire

  1. JOEY · 29 septembre 2026 à 07:39

    Toute une corporation qui a fauté par paresse et conformisme et intérêt. Une honte absolue. Le journalisme est mort.

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